La forêt de Mélusine Mervent-Vouvant (6)

 

La forêt de Mervent-Vouvant est la plus grande de Vendée. Elle est composée de hêtres, de châtaigniers et est traversée par deux rivières : la Mère et la Vendée

Pour certains, Mervent serait l'abréviation des cours d'eau qui l'entourent : la Mère et le Vent. Le massif forestier s’étend sur plus de 5 000 hectares

La forêt de Mélusine Mervent-Vouvant (7)

==> (Plus vieux chêne de la forêt de Mervent, il aurait au moins 300 ans.
Epargné de la construction navale (ce qui explique son nom), cet arbre est classé à l'inventaire national forestier.

==> Vieux chêne de 5 mètres de circonférence qui aurait dû être, comme ses frères abbatu en 1870 pour la construction navale sur l'Arsenal de Rochefort. Epargné, il se nomme depuis "Le Marinier" et aurait au moins 300 ans (ce serait un chêne dit "Chêne Colbert")

Les traces anciennes d'occupation du territoire de Mervent

Les origines de l'installation de groupes humains sur l'éperon occupé aujourd'hui par le bourg de Mervent restent inconnues. Un article publié par M. Baudouin précise qu'on y a retrouvé sur les hauteurs, la plus ancienne station paléolithique du Bas-Poitou (8). Une industrie lithique particulière, datée du début du Chelléen y aurait été mise au jour. L'auteur localise le site au lieu-dit des Perrures. C'est le seul à mentionner ce site, le plus ancien décrit pour Mervent.

Plusieurs découvertes concernent la période Néolithique. La plus ancienne mention, faite par l'abbé Baudry, fait état d'un mégalithe au lieu-dit La Nesde du Diable (9) Il n'est déjà plus évoqué dans le court inventaire réalisé par M. Baudouin quelques décennies plus tard. Le site aurait-il été détruit entre temps? Quant à L. Brochet, il signale la découverte des «habitations lacustres de Gourdin » (10).

Plus tard, M. Baudouin décrit un poignard en silex d'une vingtaine de centimètres de longueur qui « doit provenir d'un camp Néolithique qui parait avoir existé en cette région »Il. Il aurait retrouvé sur le site des fragments de céramique non tournés et des outils en silex datant du Néolithique (12)

L'ensemble de ces artefacts est cité, parfois très rapidement, dans des sources qui aujourd'hui ont démontré que les datations proposées n'étaient pas toujours correctes. Aucun site Néolithique n'a été identifié à ce jour lors d'opération archéologique récente. Malgré tout, du mobilier lithique de cette même période, voire à certaines plus anciennes, a été retrouvé hors contexte lors de la fouille de la Chalanderie. L'ensemble de ces données laisse à penser que l'installation de sociétés préhistoriques aux alentours du bourg actuel de Mervent a très probablement eut lieu.

La forêt de Mélusine Mervent-Vouvant (8)

Mervent et la protohistoire

Peu d'éléments sont mentionnés dans les textes pour le début de cette période. Quelques haches caractéristiques de l'âge du Bronze semblent avoir été mises au jour aux alentours de Mervent (13)

Pour l'âge du Fer, les sources offrent plus d'éléments tout en restant très évasives. B. Pillon, le premier, émet l'hypothèse selon laquelle Mervent aurait été l'oppidum principal de la forêt (14).

Lors de la conquête romaine, Mervent aurait été une des places fortifiées principales de la région avec celles de Mareuil, Cheffois, La Châtaigneraie, Bessay, Tiffauges, Saint Cyr en Talmondais, Moutiers les Mauxfaits, Pissotte, Saint Michel le Cloucq, Saint Hilaire des Loges et l'Herinenault (15)

L'oppidum aurait ensuite été occupé par les Romains alors que d'autres du massif forestier, Chantoizeau, Sauvaget, Breneveau ou Chatelard étaient abandonnés". Mervent est donc cité comme étant un oppidum gaulois sans que plus de précision ne soit donnée sur cette caractérisation. M. Baudouin va plus loin en proposant une continuité de l'occupation du site : « Il n'est pas douteux qu'à l'époque préromaine il y eut une enceinte fortifiée dont on retrouve la trace en 1216 sous la forme Castrum de Mairevent (17) »,

8 BAUDOUIN M., "La Préhistoire des villes de Vendée", Le Phare, Publié entre 1925 et 1935.

9 Congrès archéologique de France, XXXIème session, séances tenues à Fontenay-le-Comte, à Evreux, à Falaise et à Troyes en 1864, Paris, 1865, p.46.

10 BROCHET L.,

11 BAUDOUIN M.,« Les silex taillés du Grand-Pressigny en Vendée», Neuvième Congrès préhistorique de France, Paris, 1914.

12 BROCHET L., 1893, p.14.

14 FILLON B., ROCHEBRUNE de O., tome 2, 1887, p.2. 15 BROCHET L., tome 1, 1902, p.72.

16 BROCHET L., tome 1, 1902, p.74.

17 BAUDOUIN M., 1925-1935.

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Un second site fortifié est localisé au XIXe siècle dans le massif forestier de Mervent-Vouvant: le roc Saint-Luc. Situé sur un plateau enserré par la Vendée et par le ruisseau de l'Ugron, cet espace était fermé, au nord, par un retranchement en terre associé à un fossé. Les traces de cet aménagement étaient encore visibles au XJXe siècle (18)• Elles sont bien plus difficilement repérables aujourd'hui. Selon l'auteur, la toponymie environnante appuie cette hypothèse d'un lieu de défense utilisé à la fin de la Protohistoire.

Un autre site fortifié, de moindre importance, est mentionné par L. Brochet dans le massif forestier. Localisé à Sauvaget, sur la commune de Pissotte, ce site a depuis fait l'objet de relevés archéologiques". Aucune investigation du sous-sol n'a été menée jusqu'à aujourd'hui mais des objets découverts sur place au XIXe siècle permettent à L. Brochet de considérer ce site comme un camp romain". Des anomalies topographiques encore visibles aujourd'hui démontrent qu'un fossé bordé d'un talus fermaient l'éperon formé par un des méandres de la Vendée. Cependant, on sait que ce talus était régulièrement relevé à la pelle, dans le milieu du XXe siècle, pour marquer les limites de parcelle". Aussi, la topographie actuelle du site est-elle à considérer avec prudence.

Ce même érudit relate la découverte d'un ensemble d'objets« celtiques» retrouvés proche de Mervent : « Des haches et des bracelets de bronze, une dolabre, des armes et des fers de chevaux de l'époque celtique et de l'époque gallo-romaine, des monnaies Haut et Bas Empire, des débris de tuiles à rebords, trouvés soit à Mervent soit dans les alentours »  (22)• Il s'appuie fortement sur la toponymie pour attester de l'occupation « celtique» dans le massif forestier. Pour lui, les lieux-dits des Lucs, de la Pierre Levée, de la Pierre qui Vire, de la Pierre-Folle, de la Pierre-Brune sont à mettre en relation avec cette période. Le promontoire de Saint-Luc aurait constitué un sanctuaire druidique (23)

 

Pour cette période, B. Fillon fait une remarque qu'il est intéressant de citer ici ;« Toute la population disséminée dans l'espace limité par la Vendée, la Longèves, la vallée de Sérigné et le Bocage qui commence à Pissotte, formait à cette époque reculée une petite agrégation dont Fontenay était le point central possédant ses lieux de réunion religieux et civils, qui se rattachaient à un autre d'un ordre supérieur ayant Mervent pour chef-lieu » (24)

18 FILLON B., 1864, p. Référence à retrouver (médiathèque Fontenay ou SRA)

19 NILLESSE O., ...

20 BROCHET L., 1893, p.23-24. L'auteur relate la découverte de statères gaulois datés de « la dernière période de l'indépendance», de fragments de tuiles à rebords et de moulins à bras. Des monnaies datées des Aurélien, des Flavien et du Majorien auraient également été trouvées sur le site de Sauvaget.

21 VINCENT M, Le Merventais, Bulletin de la commune de Mervent, n°7, 1987, p.55.

22 BROCHET L., 1893, p.41.

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Mervent et l' Antiquité

Comme évoqué plus haut, Mervent aurait été occupé par les Romains après la conquête de la Gaule. Peu d'éléments sont évoqués sur cette période. Notons simplement que quelques tessons de céramique se rapprochant de la production augustéenne (fin Ier av JC-début Ier ap JC) ont été découverts lors du sondage mené dans le bourg de Mervent en 1996 (25)• Des monnaies romaines sont mentionnées par M. Baudouin mais sans que le lieu de leur découverte ne soit précisé ... (26)

Malgré tout, plusieurs sites de l'époque romaine ont été identifiés dans les environs de Mervent par E. Bernard. C'est une villa qui est connue à la Coudraie sur la commune de Foussais-Payré. Deux sites romains, non caractérisés, ont été repérés sur la commune de l'Orbrie.

Bien que ces occupations ne soient pas sur le territoire de Mervent, ils montrent que cet espace autour de Mervent était occupé par des populations dans les premiers siècles de notre ère.

A la fin de l 'Antiquité, les industries du fer et du verre semblent prospérer en Vendée : « l'industrie gallo-romaine était en progrès, et sur beaucoup de points de la Vendée des découvertes établissent d'une façon certaine que dès les premiers siècles de l'ère chrétienne, l'industrie du fer était prospère à la Ferrière, à la Vergne de Saint Hilaire des Loges, à Mervent, et que celle du verre y était en grand honneur sur plusieurs points, notamment dans la forêt de Vouvent » (27)•

Lors des grandes invasions des IVe-Ve siècles, la place-forte de Mervent, appelée « châtellier », sert de lieu de refuge pour les populations des alentours. On retrouve cette même situation à Mareuil, Châtelliers-Châteaumur, Bessay, Pouzauges et Saint-Vincent-de-Craon (28).

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Mervent au haut Moyen Age (Ve-Xe)

C'est pour cette période qu'un des sites du bourg est attesté dès 1987 dans le recensement effectué par E. Bernard. Il était alors en partie détruit donc il faut supposer qu'aujourd'hui son état de conservation ne s'est pas amélioré. Il s'agit d'une nécropole, localisée sur les parcelles du Petit Cimetière et du Grand Cimetière sur le cadastre de 1844.

La découverte du site est datée de 1888. Des découvertes de sarcophages à Mervent ont été mentionnées par les auteurs dès la fin du XIXe siècle : «Les ouvriers terrassiers chargés d'élargir et de remblayer l'ancien chemin qui conduit de Mervent à la Vallée, ont mis à jour, dans le talus avoisinant, une quantité assez considérable de sarcophages en pierre calcaire de l'époque mérovingienne. Des sépultures analogues avaient déjà été rencontrées, à d'autres époques, dans les pièces de terre alentour [ ... ] Les fouilles opérées dans ces sarcophages, antérieurement privés de leurs couvercles, n'ont amené jusqu'ici la découverte d'aucun mobilier funéraire. Deux petites bagues, sans grand intérêt, ont seules été relevées parmi les nombreux ossements » (29)• Une seconde mention d'une découverte d'un sarcophage apporte une datation du IXe siècle (30).

 Toutes ces mentions permettent clairement de localiser et de dater cette nécropole encore en partie présente sous le bourg actuel de Mervent. Elle démontre bien la présence d'une population installée sur l'éperon au haut Moyen Age. La zone d'habitat n'est pour le moment pas localisée.

B BROCHET L., 1893, p.18-19.

24 FILLON B., Poitou-Vendée, article sur Fontenay-le-Comte, p.11 (cité dans BROCHET L., 1893, p.41). 25 BERNARDE., 1996, p.5.

26 BAUDOUIN M.,« La Préhistoire des villes de Vendée», Le Phare entre 1925 et 1935, NON CONSULTE 27

BROCHET L., 1902, p.96. 28

BROCHET L., tome l, 1902, p.110-11 I.

29 VALLETTE R., «Chroniques», Revue du Bas-Poitou, 1889, p.99-100. NON CONSULTE 30 FILLON B., ROCHEBRUNE de O., tome 1, 1887, p.197.

La forêt de Mélusine Mervent-Vouvant (2)

A côté de cet espace funéraire, il y aurait eu, dès les IXe-Xe siècles, la mise en place d'un lieu d'expression du pouvoir seigneurial à Mervent. Pour L. Brochet, lequel considère le territoire de Mervent occupé sans interruption de la période gauloise à nos jours, le Poitou se voit doter d'importantes fortifications, castrale et urbaine, pendant ces deux siècles. C'est alors que celles du château de Mervent seraient reconstruites au même titre que celles d'autres grands châteaux vendéens tel Tiffauges, Moricq, Noirmoutier, Apremont, Palluau, Fontenay-le-Comte (31). Si cette datation correspond bien à l'édifice qui était encore en partie en élévation au XIXe siècle, seul L. Brochet lui attribue une construction si avancée. Les autres auteurs s'accordent pour le dater du Moyen Age classique.170820111882

Le logis de la Citardière trouverait ses origines à la période carolingienne si l'on en croit les recherches de M. Baudouirr (32).  L'auteur ne cite aucune source et une étude architecturale menée depuis donne une datation bien postérieure (fin XVIe-début XVIIe siècle)". Elle remet donc logiquement en question la première datation.                  .

Sur la façade de l'église de Mervent, un bloc gravé d'entrelacs attire l'attention. Ces motifs ne sont pas sans rappeler la sculpture carolingienne. Il s'agit probablement d'un bloc de réemploi qui a pu être récupéré dans les environs. Si une nécropole de cette période est identifiée à Mervent, ce bloc peut très bien caractériser cette même occupation du territoire de Mervent.170820111884

En 976, lors du démembrement du pays d'Herbauges, sa partie méridionale devient le pagus de Maire-Vent, qui aurait regroupé les plaines de Luçon et de Fontenay. En 1018, Hugues II, comte du Poitou et duc d'Aquitaine, donne à l'abbaye de Cluny un grand domaine situé dans la viguerie de Mervent". Le 9 avril 1074, lors de la restitution du lieu de Santum à l'abbaye de Maillezais par Guillaume, comte du Poitou et duc d'Aquitaine, le « castrum Martaventi » est mentionné. Malheureusement, ces informations nous sont livrées, sans document à l'appui, par un seul auteur, Louis Brochet, dont certains de ses écrits laissent peu de place à l'objectivité. Elles n'ont pas été mentionnées par la suite par un auteur s'intéressant à l'histoire de Mervent.

Même s'il faut rester prudent quant à ces données, on sait aujourd'hui que le territoire de Mervent est occupé à l'époque carolingienne. S'il constitué un pagus, puis une viguerie, il est certain qu'un lieu de représentation du pouvoir seigneurial devait avoir été mis en place. L'érection d'une motte castrale est à prendre en compte bien qu'aucun vestige de cet espace administratif et politique ne nous soit parvenu. N'étant pas mentionnée dans les écrits du XIXe siècle, il est probable qu'elle avait déjà disparue à cette époque.       

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Mervent au Moyen Age classique et bas Moyen Age (XI-XVe)

Le château, témoin majeur du passé médiéval de Mervent

La grande majorité des auteurs s'accordent pour placer la construction du château en pierre de Mervent, partiellement rasé au début du XXe siècle et victime d'importants «travaux dévastateurs» au début des années 1980 (35), à la fin du XIIe ou au début du Xllle siècle.

Selon la légende, Les forteresses de Vouvant et Mervent auraient été construites par la légendaire Mélusine. Certains auteurs rattachent l'identité de cette femme à Eustache Chabot, fille de Thibaut II de Chabot et épouse de Geoffroy 1 de Lusignan (36). Elle meurt à la toute fin du XIIe siècle. Peu d'éléments nous sont parvenus sur le château de Mervent, forteresse nichée sur le plateau escarpée que nous connaissons aujourd'hui. Il semble être occupé de façon intermittente de sa construction à la fin du XVe siècle. Après la mort du comte Jean de Dunois, personnage qui aurait effectué de nombreux travaux au château pour y résider (37), le lieu est délaissé. On sait qu'en 1908, il est acheté par un privé.

31 BROCHET L., tome l, 1902, p.212.

32 BEAUDOUIN M., 1925-1935.

33 LEVESQUE R., « La Citardière de Mervent», Congrès Archéologique de France, Paris, 1996, p.227-235.

34 BROCHET L., 1893, p.42.

35 BERNARDE., 1987, p.27.

36 BEAUCHET-FILLEAU J., Dictionnaire historique et généalogique des familles du Poitou, seconde édition, Fontenay-le-Comte, 1972, p.299.

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En 1911, le comité départemental des sites et des monuments demande le classement par l'état des vestiges du château, mais rien ne sera fait. En 1972, la municipalité achète la propriété et apporte un coup fatal au château en détruisant une grande partie de ses vestiges pour permettre la construction de l'actuel hôtel de ville (38). Aujourd'hui, seuls quelques pans de mur ensevelis sous la végétation témoignent de la présence de cet édifice dans le parc de l'hôtel de ville.

Les sources anciennes

Les plus anciennes mentions du château de Mervent remontent au premier quart du XIe siècle.

Deux chartes, datées de 1018 et 1022, évoquant des dons faits à l'abbaye de Maillezais, mentionnent la présence d'un château à Mervent, de sa chapelle et de ses moulins (39)• A une date aussi reculée, il ne peut s'agir de la forteresse que nous connaissons par les lithographies du XIXe siècle. La présence d'une motte castrale à Mervent est à privilégier pour cette période. Quant aux origines du château de pierre, dont le plan est connu par le cadastre du XIXe siècle, la tradition fait remonter sa fondation à la fin du XIIe ou au début du XIIIe siècle. Cet important programme défensif nécessitait la mise en place de moyens importants, que ce soit sur un plan financier ou sur un plan matériel.

La puissante famille des Lusignan, au moment où elle prend possession de la seigneurie de Mervent, est tout à fait capable de supporter le poids de cette construction. Sa traditionnelle attribution à Eustache Chabot s'avère donc tout à fait plausible, mais seulement si l'on considère que son mari, Geoffroy Ier de Lusignan, participe à ce projet. Après tout, quel meilleur outil politique utilisé pour marquer son territoire nouvellement acquis que l'érection d'une forteresse, symbole premier du pouvoir seigneurial, illustrant la puissance de la nouvelle famille maître des lieux ?

Aucun document d'époque ne nous livre d'informations sur l'aspect du château. Il faut attendre le 25 avril 1694 pour avoir une brève description de l'édifice lors d'un état de lieux. La seigneurie de Mervent passe alors dans le domaine royal:« A Mervent, où il n'y a d'autres bâtiments dépendants de la seigneurie [ ... ] qu'un vieux château ruiné, les murs et la clôture étant renversés par terre et ne restant que cinq tours qui sont en partie ruinées, et n'y a au château aucun appartement logeable qui soit habité et qui le puisse être, sans être auparavant rétabli » (40)

La forêt de Mélusine Mervent-Vouvant (5)

Plus tard, les quelques descriptions qui nous sont parvenues nous renseignent malgré tout sur l'aspect que devait avoir le château de Mervent. En 1864, le congrès archéologique de France se déplace à Mervent et se rend sur le site de l'ancienne fortification. La grosse tour polygonale est alors la partie la plus importante des vestiges : «elle présente, à l'intérieur, un octogone à côtés inégaux surmonté d'une coupole avec une ouverture circulaire au milieu. Une fenêtre très étroite placée à une certaine élévation, terminée par un plein-cintre qui dépasse les piédroits, est, avec la porte, le seul endroit permettant au jour de pénétrer dans ce donjon. Il reste encore quelques traces de l'escalier conduisant au somment de la tour. Il est beaucoup plus grand que ceux qu'on trouve ordinairement dans les forteresses. On remarque dans l'intérieur de la maçonnerie un conduit carré, de 20cm de diamètre, dont la destination ne peut être déterminée d'une manière précise.

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Quelques autres pans de murailles sont encore debout; mais ils ne sont pas assez complets pour offrir un grand intérêt » (41)• Un peu plus tard, L. Brochet nous offre une nouvelle description du lieu : «De cette demeure féodale, véritable nid d'aigle construit au somment d'un énorme rocher dont la Mère baigne le pied, il ne reste plus aujourd'hui que quelques débris du donjon, un octogone à côtés inégaux surmontés d'une coupole avec ouverture circulaire au milieu et des grottes taillées dans le roc.[ ... ] En 1864, lors de la visite au château par les membres du Congrès archéologique de France, siégeant à Fontenay, il restait encore quelques traces de l'escalier conduisant au sommet de la tour. En 1838, le château possédait encore les restes d'une chapelle ogivale » (42)• Cette chapelle est-elle le sanctuaire dédié à Saint-Joseph évoqué par ce même auteur à la fin du XIXe siècle ? Ce-dernier nous informe simplement que le château possédait une chapelle voué à ce saint et quelle n'existait plus depuis longtemps en 1893 (43)• Si l'on en croit ce même auteur, une campagne de travaux aurait été réalisée au château dans la seconde moitié du XVe siècle. Jean de Dunois aurait réalisé ces travaux pour venir s'installer à Mervent.

 

37 BROCHET L., 1893, p.57.

38 VINCENT M, le Merventais, Bulletin de la commune de Mervent, n°5, 1986, p.26.

39 VINCENT M, le Merventais, n°5, 1986, p.22. Les sources sont citées sans qu'aucune indication ne soit donnée.

40 VINCENT M, Le Merventais, n°5, 1986, p.25.

41 Congrès archéologique de France, Paris, 1865, p.161. 42 BROCHET L., 1909, p.44-45.

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Ces témoignages précieux permettent d'apporter des informations supplémentaires par rapport à celles tirées des gravures anciennes. Ils permettent aussi de se rendre compte de l'état de délabrement du château et surtout de la vitesse à laquelle il se dégrade. Seulement une vingtaine d'années séparent les deux descriptions et pourtant l'escalier abrité à l'intérieur de la tour polygonale a disparu ... Cet élément architectural remarquable n'est surement pas le seul à avoir subi ce sort à la fin du XIXe siècle.

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