Aliénor d’Aquitaine - Origine et le dernier des Plantagenêts (2)

Vous savez tous que Geoffroy, fils de Foulques d'Anjou et père de Henri Il, était surnommé le Bel. Geoffroy le Bel était bel homme en effet. Pourquoi l'appela-t-on Plantagenêt ? Parce qu'un jour qu'il guerroyait aux environs de Durtal, il mit une branche de genêt fleuri à sa coiffure. Par coquetterie peut-être ? A moins que — prédécesseur du bon Roi Henri — il mit cette branche de genêt sur sa coiffure pour qu'on le reconnût parmi ses chevaliers. Une chose est certaine. C'est qu'à partir de ce moment on l'appela le PLANTAGENET. D'abord en deux mots : PLANTE-GENET. Puis en un mot : PLANTAGENET.

Pourquoi ce mot de « Plantagenêt » devint-il un patronyme ? Tout simplement parce qu'il n'y avait pas d'état civil à l'époque. On n'avait que des prénoms comme noms. Il fallut les Croisades pour que le « Service de Recrutement », si j'ose dire, voulût connaître le nombre et les noms des hommes qui partaient vers la Terre Sainte.

C'est de cette époque que datent tous nos patronymes. Où allait-on les chercher ?

Le plus simplement du monde. On ajoutait au prénom le nom d'un lieudit, le nom d'une profession, d'un oiseau, d'une tare physique.

A partir de ce temps l'état civil était venu au monde. On devenait en quelque sorte mobilisable.

Ainsi à dater de Geoffroy le Bel, tous les comtes d'Anjou s'appelèrent Plantagenêts : Geoffroy Plantagenêt, Henri Plantagenêt, etc.

Rappelons pour mémoire que Geoffroy Plantagenêt avait épousé la reine Mathilde, veuve de Henri V et héritière, en 1127, de Henri ler Roi d'Angleterre.

De ce mariage devaient naître, au cours des siècles, bien des soucis et des malheurs pour le royaume de France.

Notre Geoffroy — qui aimait les genêts en fleurs — eut un fils : Henri II, toujours Plantagenêt.

Aliénor d’Aquitaine - Origine et le dernier des Plantagenêts (3)

Il épousa une fille de Nieul-sur-l'Autize, en Vendée (qui faisait une partie du Poitou d'alors). Cette fille s'appelait

Aliénor ou Eléonor. Comme le Poitou était une région de l'Aquitaine, elle était devenue Eléonore d'Aquitaine.

Pour avoir l'Aquitaine, le Roi de France Louis VII le Jeune l'avait épousée à 15 ans. Il avait dû ensuite la répudier. Avec l'accord de l'Eglise qui n'avait pas un penchant très tendre pour les Aquitains. Mais surtout parce qu'à 25 ans, ayant accompagné son mari Louis VII à la IIe Croisade, en 1147, elle mena en Terre Sainte, une vie de bâton de chaise.

La tente royale était très accueillante à tous les chevaliers de France. A l'heure où son mari combattait contre les Infidèles pour leur ravir le Saint-Sépulcre, Eléonore apportait la preuve qu'il n'y avait pas que les Sarrazins chez les infidèles! Elle fut donc répudiée à 30 ans, en 1152, par le roi de France, son mari. Le Concile de Beaugency lui donna raison. En trois semaines le divorce fut prononcé (quelle célérité). Six semaines plus tard — Eléonore était une bouillante poitevine — elle se remariait avec Henri Il Plantagenêt, roi d'Angleterre.

Elle lui apportait en dot, l'Aquitaine naturellement, sans compter la Guyenne, la Gascogne, la Saintonge, le Poitou, l'Aunis, le Limousin.

Henri Il devint roi d'Angleterre en 1154. Les époux eurent une vie houleuse, Eléonore fit assassiner par jalousie une de ses dames d'honneur. Tellement houleuse que Henri dut faire enfermer son épouse dans un monastère.

Le célèbre Thomas Becket, archevêque de Cantorbery, s'était mis du côté de la Reine en révolte contre le Roi.

Henri Il fit assassiner « involontairement » Thomas Becket dans sa cathédrale.

Eléonore, en sortant du monastère où son mari Henri Il l'avait cloîtrée, partit en France, à l'abbaye de Nieul-sur-l'Autize, son pays de naissance. Henri, heureux d'avoir pu se débarrasser à si bon compte de sa femme, fit faire un cercueil en or massif pour qu'elle soit — au moins — richement enterrée. Il envoya le cercueil à l'abbaye de Nieul.

Aliénor d’Aquitaine - Origine et le dernier des Plantagenêts (1)

Les moines cachèrent le cercueil, estimant qu'on pouvait en faire un meilleur usage que d'y mettre le corps d'Eléonore quand elle mourrait.

Ce jour près d'arriver, en 1203 (Eléonore avait 81 ans), les moines la firent transporter à l'abbaye de Fontevrault, où elle est encore.

Quant au cercueil en or massif, on n'en a plus jamais entendu parler !

Avant d'être mise au couvent, Eléonore avait eu le temps de donner plusieurs fils à son Roi (sans compter les filles) :

- Henri le Jeune, qui mourut en 1183 ;

- Geoffroy, mort en 1185 ;

- Richard Cœur de Lion, mort au siège de Chalus dans le Limousin, en 1199 ;

- Jean sans Terre, mort en 1216

- Stephen, mort en 1220.

Tous ces Plantagenêts ne vécurent pas vieux. Ce qui n'empêcha pas les Plantagenêts angevins de régner pendant 331 ans sur l'Angleterre (de 1154 à 1485).

Il fallut l'arrivée des Tudors avec Henri VII d'Angleterre pour que les Plantagenêts fussent détrônés.

René MARNOT