Chinon chapelle sainte Radegonde Jean sans Terre chassant en compagnie de sa femme Isabelle et de sa mère Aliénor d’Aquitaine

 La scène représentée, une chevauchée royale représentant Jean sans Terre chassant en compagnie de sa femme Isabelle et de sa mère Aliénor d’Aquitaine.

Au mois d'août 1964, on découvrait à Chinon dans la chapelle rupestre de Sainte-Radegonde les restes importants d'une peinture de qualité exceptionnelle, à la suite de quoi M. Héron qui en était l'inventeur publia dans le numéro de janvier-février 1965 de la revue Archeologia un important article qui fut suivi de plusieurs commentaires dans le Bulletin de la Société des Amis du Vieux-Chinon, VI, 9, 1965, l'un dû à M. Héron, l'autre au professeur anglais M. Oscar Tapper, un troisième à M. Olivier Beigbeder, le quatrième à moi-même. Mlle Suzanne Troemé, qui avait été appelée à donner son avis lors de la découverte, vient de présenter à son tour quelques observations fort judicieuses sur ces peintures. L'étude des couronnes que portent sur la tête deux des cavaliers lui permet d'affirmer que ce sont deux rois à l'exclusion de tout autre personnage noble et que la forme des couronnes aux courbures accusées attestent la fin du XIIe siècle ou le début du XIIIe. La femme, deuxième personnage de la chevauchée, est une jeune fille, car jusqu'à leur mariage seules les jeunes filles laissaient flotter leurs cheveux sur leurs épaules. D'autre part, les différents gestes faits par les cavaliers doivent être interprétés de la façon suivante : geste de commandement pour le roi qui est en tête, geste de surprise pour la jeune fille, geste de simple indication aux fauconniers pour le second personnage royal. Enfin, Mlle Troemé apporte quelques rectifications concernant les armes reproduites sur les troussequins des selles.

Différentes hypothèses ont été présentées quant à l'iconographie de cette scène incomplète (rapt par Jean sans Terre, au cours d'une chasse, d'Isabelle d'Angoulême, épisode de la chasse de Charlemagne dans la légende de saint Gilles), mais très sagement Mlle Troemé ne conclut pas, elle se contente d'établir des données certaines dont il n'est pas possible de s'écarter pour formuler quelque suggestion que ce soit et par là même ses observations demeureront précieuses. — Suzanne Troemé, Remarques sur la facture des peintures murales de la chapelle Sainte- Radegonde à Chinon, extrait du Bulletin de la Société des Amis du Vieux-Chinon, VI, 10, 1966, p. 542-549.

par Marc Thibout

Les chapelles Sainte Radegonde Plantagenêt et l'ermite Jean Le Reclus <==