Panorama donjon Pouzauges (dir Puy du Fou)

La petite ville de Pouzauges est située dans une heureuse position au sommet du versant méridional de la montagne. De ce point élevé, la vue embrasse d'un seul coup-d ‘œil presque toute la Vendée, du cours sinueux de la Sèvre du midi et des tours de St-Pierre de Nantes aux grèves de l’Océan : immense perspective, panorama émouvant qu'il faut voir, mais qui ne peut se décrire.

Patrimoine : Visite du Château de Pouzauges (Vendée)

La construction du donjon date du XII° siècle, à l’initiative du Vicomte de Thouars, une des familles les plus puissantes du Poitou.
Au début du XV, Catherine de Thouars épouse Gille de Rais et fait du château sa résidence. Elle transforme le donjon austère et froid en une tour résidentielle. Elle y ajoute  fenêtres, escaliers et cheminées sculptées.
En 1440, à la mort de Gilles de Rais, Catherine de Thouars épouse Jean II de Vendôme et quitte Pouzauges.
Il est confisqué à la Révolution et devient bien national avant d’être racheté et rendu à ses propriétaires en 1801.
Le Donjon est construit sur un type niortais, à savoir carré avec des contreforts d’angle arrondis. En cela, il ressemble au Donjon de Tiffauges, autre demeure de Gilles de Rais.
Il mesure 26 mètres de haut et ses murs sont d’une épaisseur de 1.5 m.

Il a conservé des meurtrières, des fenêtres à coussièges, les vestiges des hourds de bois, des latrines.
Le donjon était protégé par des fortifications.

La courtine principale, sur les 3 existantes à l’époque, faisait 355m de long et comprenait 12 tours, notamment la Tour de Bretagne, tour défensive au même titre que le donjon.
Les autres enceintes n’existent plus mais peuvent se deviner dans le schéma actuel des rues de la ville de Pouzauges.

http://www.pouzauges.com/culture-et-patrimoine/le-vieux-chateau/

La baronnie de Pouzauges, son donjon de la famille de Thouars (19)

Le château attire le premier notre attention. C'est une vaste forteresse en ruines, de la fin du 12e siècle ou du commencement du 13e, composée d'un donjon el d'une forte enceinte d'épaisses murailles (1 ), renforcées de tours dont dix sont encore reconnaissables, défendues par des fossés d'une largeur et d'une profondeur immenses.

Une autre enceinte, complètement détruite, couvrait toute la partie de la seconde enceinte que ne baignait point l'eau des fossés.

Le donjon, sorte de bastion en forme de carré régulier, très-élevé, dont les côtés ont 18 m. 40 c. de largeur, est flanqué aux angles et au milieu de tourelles pleines, aplaties sur les faces.

La baronnie de Pouzauges, son donjon de la famille de Thouars (29)

On y pénètre par une porte étroite, fort élevée au-dessus du sol, donnant dans la grande salle du second étage. Un escalier en colimaçon conduisait au troisième étage et sur la plate-forme qui régnait sur l'édifice (2). Des machicoulis (3) supportant un parapet le couronnaient et protégeaient un chemin de ronde, en arrière duquel un mur est appuyé à la plate-forme.

(1)    Leur épaisseur est de 1m 80. Celles du nord sont le mieux conservées. Le ciment très dur est composé de chaux et de gros sable.

(2)    On y montait encore il y a quelques années. Depuis, les marches ont été brisées et la plate-forme s'est affaissée.

(3)    L'usage n'en étant devenu général qu'au 14e siècle, c'en est un des plus anciens exemples.

 

Chaque étage, construit sur le même plan, renferme une grande salle et une pièce plus étroite, fort hautes, voûtées en berceau.

Le premier étage, en partie au-dessous des terres, n'a point de cheminée et n'est éclairé par aucune ouverture: il devait servir de magasins. Le second renfermait la grande salle du château, éclairée seulement par la porte dont nous avons parlé et par une étroite fenêtre carrée, chauffée par une haute cheminée.

A côté, était une autre salle complétement obscure. Au troisième, étaient deux grandes chambres à coucher, recevant l’air par des ouvertures carrées, devenues un peu plus larges parce qu’elles étaient suffisamment protégées par leur élévation.

 

Ces ouvertures sont garnies de bancs de pierre. L’escalier reçoit le jour par des meurtrières longues et étroites. Les murs, ainsi qu’on peut juger par les plans, ont une épaisseur prodigieuse ; l’appareil en est grossier et sans indications d’assises bien régulières.

 

La grosse tour qui défend l'angle le plus aigu de l'enceinte principale s'appelle encore Tour de Bretagne.

Nous la croyons du 15° siècle; peut-être est-elle I' œuvre de Gille-de-Retz. Une de ses meurtrières, fut évidemment construite pour l'emploi de l'artillerie: la pénétration indiquée de chaque côté était destinée à recevoir la traverse sur laquelle s'appuyait la coulevrine et plus tard l'arquebuse.

Un porte-voix portait les commandements autour des courtines dans toute la circonférence de l'enceinte et autour de la salle du troisième étage du donjon (1).

 

Aucun dessin ne peut rendre l'aspect saisissant de cette sombre et puissante forteresse (2), de ces murs noircis et déchirés par le temps où l'œil découvre à peine les jours ménagés avec parcimonie aux habitants ; véritable nid d'aigles, triste demeure où tout a été combiné pour la défense , rien pour l'agrément, rien pour la lumière, dans le plus beau site pourtant qu'il soit donné à l'homme de choisir.

Aucune description ne saurait nous en apprendre plus sur la vie privée au moyen-âge qu'une visite à cette résidence féodale, curieuse encore pour sa conservation.

Des bouquets de bois, des broussailles, avec le lierre, recouvrent l'aire de l'enceinte, les ruines de ses murailles, et leur impriment l'aspect le plus pittoresque.

              

(1) Dans les parties où nous en avons constaté l'existence il est enduit en mortier de chaux; son diamètre est de 0,20 cent.

(2) Pas même le bel ouvrage de M. de Wismes, la Vendée. M. de Monbail aussi l'avait dessinée, voy. Notes et croquis sur la Vendée.

 

La baronnie de Pouzauges avait droit de haute justice; elle relevait féodalement de Thouars ( 4).

Le château eut sans nul doute une grande importance au moyen-âge; cependant nous interrogerions en vain nos annales : l'histoire est muette. La crédulité populaire, amie du merveilleux, l'a seule animé de scènes dramatiques où les esprits surnaturels et les bêtes fantastiques remplissent le premier rôle, comme ces songes à l'entrée de l'enfer de Virgile.

 

Foliisque sub omnibus haerent.

L'imagination des écrivains s'est mise aussi très à l'aise. Massé-Isidore (2) le fait construire par les Romains, ou peut-être par les Teyphaliens et y place une station romaine. D'autres le font dériver de Podium Augusti et y voient l'architecture sarrasine. Enfin une chronique, admise dans les avant Recueil des historiens de France (3), le Fragmentum comitum Pictavice, œuvre anonyme d'un moine de Saint-Maixent, a fabriqué toute une généalogie d'une entière fausseté pour ce qui regarde les vicomtes de Thouars et plusieurs familles seigneuriales du Bas-Poitou.

Elle fait sortir de Trulle, vicomte de Thouars, existant vers l'an 1000 et de Radegonde d'Aunay, sa femme, Guillaume Taillefer, chef de la maison de Pouzauges et, de cette maison, celles du Puy du Fou et de la Flocellière (1).

L’exemplaire de cette chronique, trouvé par Dom Fonteneau à l’Etenduère (2), donne même dans son préambule la description des armoiries des prétendues familles issues de cadets de celle de Thouars : « les seigneur de Pouzauges porta de gueules au léopard d’or, à huit fleurs de lys d’or mises en orle. » on sait que les armoiries n’étaient pas encore inventées et que ce n’est qu’aux 14 e et 15 siècles que la science du blason fut fixée.

La baronnie de Pouzauges, son donjon de la famille de Thouars (24)

Guillaume 1er fut enterré, toujours suivant la chronique, à Saint-Michel-en l’Herm, et eut pour successeur Trulle, puis Guillaume III, sénéchal de Poitou. La fille unique de ce dernier, Adélie, par son mariage, vers 1200, avec Guy II, vicomte de Thouars, fit retourner la terre de Pouzauges à la maison de Thouars.

 

(1) Elle rapportait à l'entier à la duché-pairie de Thouars sous un seul hommage lige et à rachat à toute mutation de vénal suivant la coutume du Poitou. On y a anciennement réuni les châtellenies de la Ramée, de la Morvient et quelques autres petits fiefs. Elle avait dans sa directe plusieurs belles terres, telles que la Rambaudière et Chantemerle, la vieille tour de Saint-Marsault., la Pellissonnière, le Bois-Ménard, la chatellenie de Saint-Paul-en-Pareds et autres. Le baron était seigneur aussi de la ville de Pouzauges; du vieux-Pouzauges, du Boupère, de Rochetrejoux et de Saint-Prouant.

(2) Vendèe poétique et pittoresque.

(3) Par les Bénédictins.

 

 

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==> Il était une fois, le Puy du Fou, l 'Histoire d'une région ( le Commencement)