Organisation de la Société de Secours aux blessés militaires (Croix-Rouge et Service de Santé de l'Armée)

La convention de Genève, par la protection qu’elle étendait sur le personnel et le matériel hospitaliers, provoqua dans toute l’Europe la création de sociétés de secours auxiliaires du service de santé des armées nationales.

 

La société française, créée en mai 1864, reconnue, le 25 de ce même mois, comme Comité national français de la Croix-Rouge, fut constituée définitivement le 11 mars 1865, sous la présidence d’honneur du maréchal comte Randon, ministre de la guerre, et sous la présidence effective du général de division duc de Fezensac.

Reconnue l’année suivante comme établissement d’utilité publique, elle reçut la mission, formulée par l’article 1 er de ses statuts, de concourir, par tous les moyens en son pouvoir, au soulagement des blessés et des malades, sur les champs de bataille, dans les ambulances et dans les hôpitaux.

Un décret, en date du 19 octobre 1892, confirmant plusieurs décrets antérieurs et portant règlement pour le fonctionnement de la Société en campagne, l’a constituée auxiliaire permanente du Service de santé des armées, dispensatrice, à l’égard des blessés, des ressources de l’assistance volontaire.

 

Placée sous le Haut Patronage du Président de la République et sous la Présidence d’honneur des Ministres de la Guerre et de la Marine.

La Société est présidée par M. Marquis de Vogüé.

La Société se compose indistinctement d’hommes et de femmes ; ses membres reçoivent le titre de membre fondateur ou de membre souscripteur.

Elle est administrée par un Conseil de 50 membres, élus par les fondateurs et choisis parmi eux. Elle institue dans les chefs-lieux de département, d’arrondissement et de canton, des comités d’homme et des comités de dames. Pour les autres localités, elle s’attache des membres correspondants.

Considérée dans ses rapports avec l’ Etat, la Société est représentée :

Auprès du Ministre de la guerre : par le Président de la Société ; par un membre délégué de son Conseil supérieur, et agréé par le Ministre, sui, de son côté, désigne pour le représenter auprès d’elle un médecin militaire ;

Dans chaque région de corps d’armée, par un délégué régional, officiellement service de santé, ainsi qu’auprès du vice-amiral commandant en chef et du directeur du service de santé de la marine, pour chacun des arrondissements maritimes.

 

Les services de santé militaires ont été institués par Louis XIV par l'édit du 17 janvier 1708 établissant les offices de médecins et chirurgiens royaux.

 

Les premières écoles de chirurgien de marine sont créées à Rochefort (1722), Toulon (1725) et Brest (1731). Les médecins et chirurgiens de marine reçoivent un uniforme en 17671.

 

Durant la Révolution française et l'ère napoléonienne (1799-1815), des changements ont été opérés pour s'adapter aux guerres incessantes caractéristiques de cette période. Ainsi, un hôpital militaire fut implanté dans l'ancienne abbaye du Val-de-Grâce à Paris.

 

Louis-Napoléon, président, crée une école d'application pour les médecins et pharmaciens de l'armée à l'hôpital du Val-de-Grâce à Paris en 1850. Devenu Napoléon III, il crée une école préparatoire à Strasbourg en 1856.

 

En 1882, le Parlement français, par la loi du 11 mars, crée une direction du Service de Santé de l'Armée de Terre, ayant une indépendance technique par rapport au ministre de la Guerre. L'autonomie est rendue complète par la loi du 11 juillet 1889.

À la suite de cela, huit hôpitaux ainsi que des agences de recherches et de ravitaillement sanitaire furent progressivement acquis.

 

En 1888, le décret du 26 décembre crée l'école du service de santé militaire de Lyon, en remplacement de celle de Strasbourg (pour l'Armée de terre), elle sera aussi celle de l'Armée de l'air à sa création en 1934.

 

En 1890, l'école de santé navale et des colonies de Bordeaux est créée, les autres écoles (Rochefort, Toulon, et Brest) deviennent « Écoles annexes » et seront supprimées en 1963.

En 1900, les Troupes de Marine deviennent Troupes Coloniales.

Le ministère de la Guerre les met à disposition du ministère des Colonies durant leur présence Outre-Mer