PHystorique- Les Portes du Temps

12 décembre 2018

Fouras - Île d'Aix départ de Napoléon-Ier pour son exil vers Sainte-Hélène.

Fouras - Île d'Aix départ de Napoléon-Ier pour son exil vers Sainte-Hélène (2)

Samedi 8 Juillet 1815

Embarquement de l'Empereur.

L'Empereur gagne Fourras, vers le soir, aux acclamations de la ville et de la campagne; il couche à bord de la Saal, qu'il atteignit sur les huit heures ; j'y arrivai beaucoup  plus tard, j'avais conduit madame Bertrand  dans un autre canot, parti d'un autre endroit.

Il embrassa tous ses anciens compagnons d'armes, et vint s'embarquer à la rive droite de l'embouchure de la Charente, près d'un fort qui,  je crois, se nomme le château de Fourras.

 L'on avait su son départ; il y eut une affluence de peuplé considérable au moment où il descendit de voiture. Les  visages étaient tristes, et l'on entendait murmurer à demi voix:

 

« Se peut-il qu'un aussi grand homme soit abandonné à ce point ?  

Fouras - Île d'Aix départ de Napoléon-Ier pour son exil vers Sainte-Hélène (1)

L'empereur dit adieu à tous les chasseurs du piquet qui l'avait accompagné, et monta dans le canot de la frégate la Saale, qui était venu l'attendre au château.

Les canots de la Méduse reçurent les officiers, et tout ce l’accompagnait quitta le rivage avec lui le 8 juillet vers quatre heures après midi. Nous fûmes rendus à bord de la Saale un peu tard, parce que le vent était contraire et très violent.

Les frégates, la  Saale et la Méduse étaient celles qui devaient transporter l'empereur en Amérique. Il y avait sur la même rade deux autres bâtiments de guerre dont il était permis à ce prince de disposer; c'étaient un brick et une corvette, la Bayadère, qu’était en rivière de la Gironde.

 Les deux frégates étaient toutes, neuves, la Méduse portait du 18, et avait déjà fait une sortie dans laquelle on lui avait reconnu une marche supérieure.  La Saale, était un peu plus forte; cependant je ne pourrais pas assurer qu'elle portât un calibre au-dessus du 18; elle était à sa première sortie, mais chacun s'accordait à dire qu'elle devait être excellente voilière. L'une et l'autre avaient des équipages composés d'anciens matelots qui étaient rentrés des prisons d'Angleterre depuis la paix de 1814.

 

Pendant les cinq ou six jours que l'empereur avait passés à Rochefort, on avait préparés et approvisionnés un petit bâtiment danois qui se trouvait dans le port; on y avait même pratiqué une cachette en cas que la croisière anglaise le visitât.

On proposa à l'empereur de gagner l’Amérique avec ce bâtiment; il s'y refusa, et ne voulut pas courir une chance qui pouvait devenir fâcheuse. Il fit cependant descendre ce petit vaisseau dans la rade, sauf à aviser plus tard à ce qu'il conviendrait de faire.   

L'EMPEREUR était à bord depuis le 8.

Fouras - Île d'Aix départ de Napoléon-Ier pour son exil vers Sainte-Hélène (3)

 

Dimanche 9

L'Empereur visite les fortifications de l'ile d'Aix.

 J’accompagne l’Empereur, qui débarque à l’île d'Aix d'assez bon matin; il visite toutes les fortifications et revient  déjeuner à bord.

Nous étions au 11, et les passe-ports qu'on nous avait annoncés n'arrivaient point. Fouché nous avait prévenus que le gouvernement anglais nous les ferait probablement tenir par la croisière qui observait Rochefort; nous jugeâmes que l'on ne risquerait rien à aller s'assurer s'ils n'étaient pas à bord. Dans tous les cas, nous ne pouvions que gagner à la reconnaître.

L'empereur fut prévenu que des bâtiments américains, qui avaient mis à la voile, étaient déjà descendus à l'embouchure de la rivière de Bordeaux, et il les envoya visiter; ils étaient effectivement au nombre de quatre et avaient à côté d'eux une corvette française au mouillage.

 

Napoléon madame Bertrand sur l'île d'Aix

Depuis Fouras à bord de la frégate la Saale, il rejoint l'île d'Aix du 12 au 15 juillet 1815. Avec ses proches il s'installe dans la maison du gouverneur durant 4 jours. Ce sera sa dernière résidence en terre française, avant son exil à l’île de Sainte-Hélène

Le 15 juillet 1815 Napoléon se rend aux Britanniques.



Après avoir rejoint Rochefort, Napoléon Ier décide finalement de s'en remettre à l'honneur des Anglais, et ainsi pouvoir se rendre en Angleterre, plutôt que de tenter de rejoindre les États-Unis. Le gouvernement britannique avait déjà décidé de le faire prisonnier et de le déporter sur l'île Sainte-Hélène, au milieu de l'océan Atlantique, pour qu'il ne puisse plus « nuire au repos du monde ».

Trois mois plus tard il est débarqué comme prisonnier de marque dans l'île de Sainte-Hélène, son séjour d'exil.

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Il y mourra le 5 mai 1821.

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Mémorial de Sainte-Hélène De Comte de Las Cases

 

Napoléon de Rochefort à Sainte Hélène (juillet 1815) <==....

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10 décembre 2018

Château du Plessis Bourré, campement du Tournoi de l'Ordre Saint Michel (Visite Virtuelle)

Château du Plessis Bourré, campement du Tournoi de l'Ordre Saint Michel (Visite Virtuelle)

 

 

 

L'ordre de Saint-Michel - Ordre de Chevalerie

L'ordre de Saint-Michel fut fondé par le roi Louis XI, le Ier août 1468. Il eut sous ce monarque un caractère presque exclusivement religieux : c'était l'ordre de l'Archange Saint-Michel, le grand victorieux. L'admission y était des plus difficiles, le nombre des chevaliers ne devait pas dépasser trente-six ; aussi les princes étrangers, les rois eux-mêmes, considéraient-ils comme un grand honneur d'y être admis.

 

Cérémonie et Statuts de l'ordre de Saint-Michel - Château Plessis Bourré (Ecuyers de l'Histoire) -

Château Plessis Bourré ; le lieu-dit Plessis-le-Vent est acheté par Jean Bourré en 1462. Jean Bourré, conseiller et intime de Louis XI, Chevalier de l'Ordre de Saint Michel. Il est fait trésorier de France en 1474. L'ordre de Saint Michel est un ordre de chevalerie créé par le roi Louis XI en la chapelle du château d'Amboise en 1469.Il comptait 36 chevaliers.


==> Ordre de Chevalerie

08 décembre 2018

Levez l'ancre pour Rochefort

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En janvier 2013, des ouvriers déterrent une ancre entre la forme de radoub Napoléon III et la Charente, tandis qu’ils sont chargés de creuser à cet endroit pour installer les réseaux nécessaires à la réception de « L’Hermione » ....https://www.sudouest.fr/2013/01/02/rochefort-l-ancre-mysterieuse-923210-1504.php

Visite Virtuelle Historique - château de Pouzauges - Catherine de Thouars et Gilles de Rais

Visite Virtuelle Historique - château de Pouzauges - Catherine de Thouars et Gilles de Rais

Résumé : Au-dessus de la petite ville de Pouzauges, les ruines du château sont dominées par un donjon roman du XIe siècle, de plus de 25 m de haut. Composant la courtine, avec 12 tours, il est un exemple remarquable de l'architecture civile romane ce qui lui vaut d’avoir été classé monument historique dès 1862.
Son histoire est tout aussi exceptionnelle. Possédé au XIe siècle par une famille de Pouzauges, il entre dans les possessions des vicomtes de Thouars,  dont l’une des représentantes, Catherine de Thouars se marie avec Gilles de Rais et  amène le château de Pouzauges dans le giron grâce à leur mariage. Elle vient y résider après la mort de son époux. Sous l'égide de Catherine, le donjon subit de nombreux aménagements pour le rendre propice à l'habitation. Un nouvel étage est rajouté ainsi qu'un escalier à vis le reliant à tous les autres. Plusieurs fenêtres sont percées en remplacement des anciennes meurtrières afin de faire pénétrer la lumière à l'intérieur et des cheminées sont créées. Ce château fait partie d’un ensemble médiéval remarquable.

Jean-Clément Martin

 

1066. Le sire de Pouzauges est au nombre des seigneurs Poitevins qui accompagnent Guillaume-le-Bâtard dans la conquête de l'Angleterre.

1099. Maurice de Pouzauges (Mauricius Podalgiarum).

1227. Belle-Assez (Bella-Satis), dame de Pouzauges, donne à l'abbaye de l'Absie, en Gastine, tous les droits qu'elle avait sur les biens de Giraud Goscelin , et autorise en même temps les moines de cette abbaye à posséder des propriétés dans la circonscription de sa seigneurie.

André Joussaume, d'une famille qui occupa alors de grandes terres.

Alix de Mauléon, fille du célèbre Savary de Mauléon, porte Pouzauges dans la maison de Thouars par son mariage avec GuyIer le-Brun, vicomte de Thouars.

1295. - 1301. Hugues de Thouars, 3e fils de Guy II, vicomte de Thouars et de Marguerite de Brienne, envoyé avec Jean II, sire d'Harcourt, par le roi de France à la Rochelle et dans le pays d'Aunis, pour garder les côtes et s'opposer aux entreprises d'Édouard 1er, roi d'Angleterre.

Miles Ier, son fils, Renaud, son petit-fils et Miles II , son arrière-petit-fils , lui succèdent dans la baronnie de Pouzauges.

Le sire de Pouzauges, Renaud probablement, tenant pour l'Angleterre, était parmi les défenseurs de Thouars assiégé par Du Guesclin, en 1372. Rentré dans le parti du roi de France, il se joignit à l'armée du duc de Bourbon pour son expédition en Aquitaine contre les Anglais, en I385. Froissard, dans ses chroniques, donne avec détail le récit d'une joute brillante tenue, à Vannes, en 1381, devant le duc de Buckingham, entre trois chevaliers français dont faisait partie Renaud et trois chevaliers anglais.

« Là se mirent sur la place les François tout d'un lez et les Anglois d'autre; et ceux qui dévoient jouter étoient à pied et armés de toutes pièces, de bassinets à visière et de glaives à bon fer de Bordeaux, et d'épées de Bordeaux tout pourvus. Or s'ensuivent les faits d'armes.  Premièrement, le sire de Puisances, de Poitou, et le sire de Vertaing de Hainaut, deux barons de haute emprise et de grand hardiment, s'en vinrent l'un sur  l'autre et tout à pied, tenant leurs glaives assurés, et passèrent le bon pas, et point ne s'épargnèrent, mais s'assirent les glaives l'un sur l'autre en poussant : le sire de Vertaing fut féru sans être blessé en chair, mais il férit par telle manière le sire de Puisances que il transperça les mailles et la poitrine d'acier et tout ce qui étoit dessous, et trait sang de sa chair , et fut grande merveille que il ne le navra plus avant. Après recouvrèrent ils les autres coups et firent toutes leurs armes sans dommage, puis allèrent reposer et laissèrent faire les autres et regardèrent.  

Miles II, fut établi gouverneur du château de Fontenay-le-Comte par lettres du Roi du 30 janvier 1411. Quelques jours après, la ville fut prise par les gens tenant en Poitou le parti des Bourguignons.

La branche de Thouars-Pouzauges finît à Miles II, qui n'eut de son mariage avec Béatrix de Montjean qu'une fille, Catherine de Thouars, dame de Pouzauges, de Tiffauges, princesse de Chabanais, baronne de Confolens, épouse  en premières noces (1420) de Gilles de Retz, maréchal de France, si connu sous le nom de BARBE-BLEUE, et en secondes noces, après l'exécution de Celui-ci, de Jean 1er de Vendôme, vidame de Chartres, auquel elle porta ses grands biens.

plan château Pouzauges visite virtuelle

1439, octobre. Gilles de Retz, accorde à Pierre Chabot, son homme de confiance, le complice et l'agent de ses crimes, qui figura dans le procès de son maître, une rente de trente livres mise sur la halle de la seigneurie de Pouzauges.

Pendant son premier mariage, Catherine de Thouars pour se soustraire aux brutalités de Gilles de Rais, se réfugia au château de Pouzauges. Elle vivait encore en 1460, et Jean de Vendôme en 1470.

1554 4. Louis de Graville, amiral de France, baron de Tiffauges et de Pouzauges.

Pouzauges passa ensuite à l'illustre maison de Gouffier; Claude Gouffier, grand écuyer de France, duc de Roannais, en était baron de 1525 à 1570; puis par acquisition aux Grignon, au commencement du 17e siècle. Ceux-ci la vendirent à Charles Mesnard, marquis de Toucheprès, maréchal de camp des armées du Roi, qui épousa Marie Grignon.

Charles Mesnard n'ayant point eu d'enfants, la terre de Pouzauges, au moyen du don mutuel que Marie Grignon et lui s'étaient fait, rentra dans la maison de Grignon. Elle passa à celle de Frottier de Bagneux, qui en est propriétaire actuellement, par le mariage de Marie-Zénobie Grignon, fille de Gabriel-Salomon Grignon, marquis de Pouzauges, avec Louis Frottier de Bagneux, le 27 avril 1773.

 La baronnie de Pouzauges, son donjon de la famille de Thouars. <==.... ....==>

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07 décembre 2018

Drapeau de l’Armée catholique et royale d'Anjou et du Haut-Poitou, compagnie de La Verrie.

drapeau de l’Armée catholique et royale d'Anjou et du Haut-Poitou, (2)

L'Armée catholique et royale, dite la Grande Armée, est le nom de l'armée insurgée vendéenne pendant la guerre de Vendée. Elle regroupe alors les trois armées vendéennes (Armée catholique et royale du Centre, Armée catholique et royale d'Anjou et du Haut-Poitou, Armée catholique et royale du Bas-Poitou), bien que celle du Bas-Poitou ne s'y joigne qu'occasionnellement.

 

Ses principaux chefs sont Jacques Cathelineau, Charles Melchior Artus de Bonchamps, Maurice Gigost d'Elbée, François Athanase Charette de La Contrie, Henri du Vergier de La Rochejaquelein, Louis de Salgues de Lescure, Jean-Nicolas Stofflet, Jacques Nicolas Fleuriot de La Fleuriais, Charles de Royrand et Charles Sapinaud de La Rairie

drapeau de l’Armée catholique et royale d'Anjou et du Haut-Poitou, (1)

Surnom          « Armée du Bocage »  Devise « Pour Dieu et le Roi »

Charles de Bonchamps et madame - troupe coeurs des Chouans à la Baronnière

Les drapeaux vendéens ont été confectionnés dans des tissus variés qui allaient de la simple toile – pour la majorité de ceux qui avaient spontanément été réalisés dans les premières heures, au taffetas ou soie des étendards distribués à la Grande Armée Catholique et Royale après son organisation. Mme de Bonchamps fabriqua le premier drapeau de son mari avec son linge et ses robes.

Mme De Bonchamps -drapeau de l’Armée catholique et royale d'Anjou et du Haut-Poitou, compagnie de La Verrie

 

Reconstitution d’un passage historique de la guerre de Vendée – JEP château de la Baronnière <==.... ....==>

 


 

Télécharger - Les drapeaux des divisions de l'Armée Vendéenne

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06 décembre 2018

Reconstitution d’un passage historique de la guerre de Vendée – JEP château de la Baronnière

Virtual Tour charles de Bonchamps La Baronnière troupe Coeurs des Chouans

(Virtual Tour 360° - charles de Bonchamps La Baronnière troupe Coeurs des Chouans)

Il chercha donc à démêler jusqu'où pouvait alter l'ardeur qui les animait, l'intrépidité de leur courage, la fermeté de leur résolution, et leur persévérance, si nécessaire dans une entreprise à la fois si hardie et si périlleuse. «Je partage, leur dit-il, l'indignation qui vous transporte contre une poignée de scélérats, de mandataires atroces qui, appelés pour soutenir les droits de la couronne, ont osé substituer leur volonté à celle du Monarque et de la Nation entière, l'impiété à la Religion, la tyrannie aux lois, l'anarchie à l'ordre, le brigandage, l'incendie et le meurtre au frein salutaire de la Religion, des mœurs et des lois sans lesquels périt nécessairement le corps politique le plus robuste et le mieux constitué.

Mais il ne suffit pas, ajouta-t-il, de haïr la tyrannie pour l'extirper, il faut encore une volonté ferme et inébranlable.

Avez-vous réfléchi à tous les obstacles qui vont naître en foule sons vos pas, à tous les dangers presque insurmontables que vous allez avoir à vaincre?

Reconstitution d’un passage historique de la guerre de Vendée – JEP château de la Baronnière (2)

Etes-vous, pour me suivre, bien déterminés à renoncer à vos habitudes les plus chères, à vous arracher du milieu de vos familles, à vous imposer toutes les privations, enfin à vous soumettre à courir toutes tes chances affreuses toujours inséparables d’une guerre civile?

S'il en est ainsi, et si vous me croyez digne d'être votre chef, et de vous conduire à la victoire, jurez avec moi d'être fidèles à notre jeune Roi détenu dans les fers, haine aux ennemis du Dieu de nos pères, soumission aux ordres des princes, et dévouement à la défense de la Religion, de la Royauté, de la Patrie. »

Tous prêtèrent ce serment aux acclamations de vive le Roi ! vivent les Princes!

Mourons s'il le faut pour la défense du trône et de l'autel.

Charles Bonchamps château la Baronnière troupe coeurs des chouans

Bonchamps les exhorta à s'abstenir des cruautés qui malheureusement accompagnent presque toujours les guerres civiles, à ne jamais oublier que même en combattant des républicains ou des patriotes, c'étaient des frères égarés que la même terre avait portés et nourris , et que le guerrier, en se dévouant à toutes sortes de dangers, doit, par ses vertus, l'emporter sur les autres hommes, autant qu'il leur est supérieur par le courage et par les périls qu'il affronte chaque jour.

C'est à ce prix que la gloire les attend, c'est à ces conditions que Bonchamps accepte le commandement. Tous lui jurent de ne point s'écarter de ses ordres, et surtout de ne pas l'abandonner, Jamais serment n'a été plus, religieusement gardé, car ils sont presque tous morts en combattant à ses côtés.

Reconstitution d’un passage historique de la guerre de Vendée – JEP château de la Baronnière

L'ardeur qui transportait Bonchamps ne pouvait point souffrir de retard. Dès le lendemain il s'occupa d'organiser son armée.

Il se vit bientôt deux compagnies de chasseurs qui prirent son nom. Ce fut la seule troupe réglée que vit l'Anjou, et peut-être même la Vendée.  Elles étaient soldées et équipées à ses frais.

Il les dressa lui-même; ne tarda pas à se mettre à la tête de ces braves paysans,  devenus ses compagnons d'armes, et courut chercher ces républicains, si fiers de leur courage, et dont l'orgueil funeste se plaisait à défier les Rois.

Reconstitution d’un passage historique de la guerre de Vendée – JEP château de la Baronnière (3)

Album Photos

Le 13 mars 1793, Au château de La Baronnière, les paysans vendéens sollicitent le marquis Charles de Bonchamps <==.... ....==> Drapeau de l’Armée catholique et royale d'Anjou et du Haut-Poitou, compagnie de La Verrie.

02 décembre 2018

Le 13 mars 1793, Au château de La Baronnière, les paysans vendéens sollicitent le marquis Charles de Bonchamps

Le 13 mars 1793, Au château de La Baronnière, les paysans vendéens sollicitent le marquis Charles de Bonchamps à prendre la tête de l’insurrection

L'insurrection qui venait d'éclater à Saint-Florent, semblable à un vaste incendie qui se propage avec la rapidité du vent, s'étendait comme une flamme électrique dans toutes les parties de la Vendée et de l'Anjou.

Ce fut alors que plusieurs individus de Saint-Florent, du Marillais, de la Chapelle et des paroisses circonvoisines; vinrent en députation lui peindre leur désespoir, le prier de les aider de ses conseils  et de se mettre  leur tête.

 

 

Bonchamps, qui depuis longtemps n'attendait qu'une occasion favorable pour reprendre les armes, était loin de penser sans doute que des gens si simples et aussi timides en apparence se métamorphoseraient tout à coup en guerriers capables d’affronter les plus grands dangers.

Charles Melchior Artus marquis de Bonchamps (la Baronnière) <==.... ....==> Reconstitution d’un passage historique de la guerre de Vendée – JEP château de la Baronnière

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Paysages et monuments du Poitou: Saint André sur Sèvres le château de Saint Mesmin ( Récits Guerre de Vendée)

Paysages et monuments du Poitou Saint Andre sur sevres le chateau de saint mesmin

Les guerres de Vendée

 


1793 : passage des colonnes infernales

En janvier 1794, un détachement des Colonnes Infernales sous les ordres de Brisset, incendia le château. La grosse tour seule et une partie des communs furent brûlées. Les soldats, eux-mêmes, éteignirent le feu, sur le contre-ordre donné de conserver les bâtiments non encore atteints.
1796 : fait d'armes des Guerres de Vendée


Le 20 février, à lieu, au château de Saint-Mesmin, un combat entre les Vendéens et les armées républicaines. Une quarantaine de Vendéens avec à leur tête Louis Péault, sergent, garde-chasse du marquisat de Saint-Mesmin, attaquent un détachement républicain comprenant 250 hommes commandés par l'adjudant général Cortez. À la suite d'une contre-attaque, Cortez tente d'encercler les Vendéens qui se replient vers le château de Saint-Mesmin où ils s'enferment pour résister.


Du 21 au 24 février, les assauts des troupes républicaines sont sans résultats probants. Mais par manque de vivres, les Vendéens acceptent de se rendre. On leur promet la vie sauve. La quarantaine de Vendéens est emmenée à La Châtaigneraie où le chef d'état-major ordonne à Bonnaire, de réunir un conseil militaire pour les juger et les fusiller, malgré la promesse de vie sauve qui leur avait été faite.
Heureusement, le général Hoche, commandant en chef des troupes de l'Ouest, prévenu de l'incident, exigea et obtint de ses subordonnés le respect des clauses de la capitulation. Les Vendéens furent alors dirigés vers Fontenay-le-Comte, puis vers Noirmoutier où ils restèrent jusqu'à la fin de la guerre.



Récit du premier combat de Saint-Mesmin écrit sous la dictée de l’un des acteurs.


A l'époque où il réunissait les documents nécessaires pour terminer son histoire des communes du canton de Pouzauges par la notice de Montournais, qu'il n'a malheureusement ni publiée ni même rédigée, feu M. Léon Audé s'adressa aux personnes capables de lui fournir des renseignements détaillés et exacts. Les plus intéressants lui furent transmis par M. le curé de Montournais, dans une lettre en date du 8 août 1860. Reçus lorsqu'on imprimait les notices de la Pommeraie et de Saint-Mesmin, ils ne purent être utilisés pour leur rédaction. Nous pouvons nous en féliciter, parce que les limites du cadre dans lequel devait se renfermer notre très-regretté confrère ne lui auraient probablement pas permis de reproduire, dans son entier, le passage suivant de la lettre de M. l'abbé L. Augereau.

Dans la guerre vendéenne, il y eut à Saint-Mesmin deux combats qui furent à peu près le commencement et la fin de ce drame émouvant, où tant d'héroïsme fut dépensé.
Le second de ces faits d'armes a été raconté (1), mais le premier est resté inconnu aux historiens de la Vendée, du moins je ne l'ai vu mentionné dans aucun. J'en donne le récit tel que je l'ai appris de l'un des acteurs, avec les détails pittoresques qu'il était incapable d'inventer.

L'insurrection éclata dans le département de la Vendée par l'effet d'un complot qui ne manquait ni de hardiesse ni d'habileté. MM. de Baudry d'Asson (2), de Vertueil (3) et de Béjarry (4) en étaient les chefs du moins ce sont eux que j'ai entendu citer. Ce complot éclata à l'Oie (5), un jour de foire.
Le lendemain de l'explosion, les Vendéens battirent, au Pont-Charron (6), les Républicains, accourus de Luçon pour les écraser. Un autre corps d'observation, non moins menaçant, était cantonné à Bressuire et l'on devait penser qu'au premier bruit du mouvement il se mettrait en marche pour le comprimer. M. de Baudry d'Asson se chargea d'en débarrasser le pays, et c'était une entreprise fort téméraire, eu égard aux ressources dont il disposait.

Il passa par les Herbiers, où il dispersa la garde nationale, qui fit mine de résister, et où il châtia assez rudement une sorte d'administration républicaine qui cherchait à dominer, le pays voisin. De la, il se rendit sans retard à la Pommeraie-sur-Sèvre, recueillant, comme en courant, tous les hommes de bonne volonté qui venaient se joindre à sa troupe. A la Pommeraie, il fit halte pour mettre un peu d'ordre dans son rassemblement et requérir des provisions.


(1)    Voir même Annuaire, p.263.
(2) Gabriel de B. d'Asson. seigneur de Brachain, ancien militaire. Il fut tué à la bataille de Luçon, le 14 août 1793.
(3) Ancien sous-lieutenant au régiment de Languedoc. Il périt à la déroute du Mans.
(4) Auguste de B., mort en 1824.
(5) Commune de Sainte-Florence, canton des Essarts. La foire dont il s'agit est celle du 13 mars 1793.
(6) Près Chantonnay. Il parait y avoir eu un second combat, le 15 mars, Chantonnay même, où fut tué le lieutenant des volontaires (républicains) de Saint-Germain-de-Prinçay et du Puybelliard.

plan chateau saint mesmin



L'organisation ne fut jamais le beau coté des armées vendéennes, et aux premiers jours surtout elle était loin d'être complète. Il y eut cependant dès lors des capitaines de paroisses choisis par élection, et quelques autres dignitaires dont les attributions n'étaient guère définies. La paroisse de la Pommeraie élut pour son chef Jean Coutant, connu aussi sous le nom de Père Abraham.


C'était un homme d'une conduite irréprochable, d'une simplicité antique et d'une inépuisable bonté. Il jouissait d'une certaine influence, et s'en servait pour prêcher la paix à tout prix et apaiser les différends. Ce n'était pas précisément un titre pour obtenir un commandement militaire; mais dans une armée où tout le monde était conscrit, la probité était une recommandation que le courage inconnu ne pouvait balancer.

Baudry d'Asson n'eut pas le temps d'examiner si l'ordre était parfait autour de lui. L'ennemi était signalé; il ordonna le départ, et tout se mit en marche comme un troupeau de moutons. Comme il ne connaissait ni la force des Républicains ni la valeur de sa troupe, il eut la précaution de placer deux cavaliers en observation sur une hauteur, avec ordre, en cas de revers, de prendre les devants et de donner l'alarme. Par malheur, il oublia de leur faire part des évolutions qu'il comptait ordonner, ce qui causa une singulière méprise, comme nous le verrons bientôt. Les deux corps d'armée se trouvèrent en présence près du bourg de Saint-Mesmin, du côté de la Pommeraie.
 Le nombre était à peu près égal deux mille hommes environ de chaque côté. Je regarde cette supputation comme un peu hasardée.

M. de Baudry d'Asson dit à ses hommes de se jeter à terre à chaque décharge de l'ennemi, et d'attendre le signal pour foncer en avant. Le Père Abraham donna aussi ses ordres et voulut haranguer ses soldats à la manière des anciens « Mes amis, leur dit-il, tâchons de vaincre, mais ne faisons pas de mal. Faites du tapage, criez bien fort, épouvantez l'ennemi mais ne tuez pas votre ressemblance » Ces singulières recommandations n'émurent personne, mais comme les fusils étaient rares, le combat commença d'une façon fort peu meurtrière.


 Les Vendéens se jetaient à plat ventre, pour éviter les feux de peloton, et ne se relevaient que pour tirer quelques coups presque tous inoffensifs, de sorte que le combat présenta pendant un certain temps le spectacle de prostrations périodiques et d'une fusillade tout-à-fait innocente. A la fin pourtant, un soldat du Père Abraham, trop lent à s'incliner, fut atteint par une balle qui lui laboura le bras, depuis le poignet jusqu'au coude. La douleur lui arracha un cri perçant et le sang coula en abondance.

Le débonnaire Jean Coutant fut ému jusqu'au fond de l'âme, et changeant tout-à-fait de langage, il s'écria « Ah mes  amis, ces gens-là frappent en traîtres faisons de même  aussi nous Visez bien et tirez de votre mieux. Ils nous  tueraient tous il faut les tuer les premiers » Il en aurait peut-être dit plus long, mais Baudry d'Asson venait de donner un ordre plus décisif. Il avait du militaire dans le sang et dans la tête.
Quand la fusillade eut duré quelque temps, il jugea, à la mine de ses hommes, que le baptême du feu était donné et que désormais il avait des soldats. Montrant donc l'ennemi d'un geste énergique, il s'écrie « Mes amis, en avant, et faites comme moi » Puis il s'élance au pas de course. Pas un de ses hommes ne reste en arrière, et le Père Abraham lui-même suit d'assez près. Un combat corps à corps s'engage. Les Vendéens se jettent sur les Bleus, arrachent leurs fusils, les assomment à coups de crosse ou les transpercent avec leurs longues fourches tout, jusqu'aux pieux arrachés dans les buissons, devient entre leurs mains une arme terrible. Les Républicains, effrayés de tant d'audace, ne tiennent pas longtemps. Ils se débandent et sont poursuivis jusqu'à la Forêt-sur-Sèvre.

Le Château de Saint Mesmin (Histoire de Vendée)


 Les Vendéens avaient pris assez d'armes pour avoir chacun un fusil. Ils se dirigent de nouveau vers la Pommeraie, se croyant déjà maitres de la République une étrange réception les y attendait. Les deux cavaliers placés en observation~ voyant les leurs tomber par terre, s'étaient imaginé que la première décharge les avait tous tués, et, sans autre examen, ils avaient détalé au plus vite. Arrivés à la Pommeraie, ils annoncent que tout est perdu et que l'ennemi vient derrière eux. Cette nouvelle causa une consternation facile à comprendre. La douleur et la confusion n'eurent point de bornes, et en un instant le bourg devint désert. Quelques -uns des fuyards, passant la Sèvre, allèrent se réfugier dans les bois du Deffand, mais le plus grand nombre courut se cacher dans ceux de Touche près et de Brie. Un seul homme garda son sang-froid et son courage au milieu de la désolation commune c'était Robreau, le sonneur (ou sacristain) de la paroisse. « Je resterai à garder l'église,  dit-il, et si les Républicains viennent pour la piller, ils me tueront avant d'y entrer »

Les vainqueurs en arrivant le trouvèrent seul, et apprirent de lui ce qui s'était passé; mais il fallait rappeler les fugitifs, et Robreau fut chargé de porter l'heureux message. La joie inattendue qui le transportait lui suggéra, chemin faisant, une idée passablement bizarre. L'habitude de lire dans le gros livre du lutrin lui avait mis quelques mots latins dans la tête. Il jugea l'occasion favorable pour montrer sa science, et il résolut de s'acquitter de son ambassade avec toute la dignité d'un héraut d'armes. Arrivé à la lisière du bois, il monte sur le talus d'un fossé, et se plantant les deux mains sur les hanches, il cria de toute la force de ses poumons « Aristocrati victoria ! » Il répéta trois fois la même formule et se tût. On connut bien dans le bois la voix retentissante de Robreau, mais nul ne put comprendre le sens de ses mystérieuses paroles.
Plusieurs dames, qui se trouvaient parmi les réfugiés, furent consultées, mais l'Académie improvisée se déclara incompétente et comme on était sous le poids de sinistres prévisions, personne n'osait bouger ni élever la voix. Une femme s'approcha tout doucement du sonneur, et le pria de traduire son avertissement en termes intelligibles. Robreau ne fit pas le difficile; et quelques minutes après, la troupe joyeuse reprenait le chemin du bourg.
 

- Annuaire départemental de la Société d'émulation de la Vendée

- https://fr.wikipedia.org/wiki/Ch%C3%A2teau_de_Saint-Mesmin


https://www.chateau-saintmesmin.com/histoire

Patrimoine, à visiter en Vendée- Carte des Châteaux <==

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26 novembre 2018

Charles Melchior Artus marquis de Bonchamps (la Baronnière)

Charles_de_Bonchamps

 

Bonchamps (Charles Melchior Artus de), généralissime des Vendéens.

Né en 1759, dans l'Anjou, d'une famille noble de cette province ; il servit d'abord dans le régiment d'Aquitaine, et était en 1791, Capitaine des grenadiers de ce régiment, alors en garnison à Landau.

Il quitta bientôt le service, et se retira dans son château de la Baronnière, près de Saint-Florent, où, dès le I 5 mars 1793, les insurgés des environs le proclamèrent leur chef. Il se réunit alors à Cathelineau, devenu maître de la ville de Beaupréau, et forma au camp de Gesté et à Montfaucon, l'armée royaliste à laquelle il donna son nom.

Dans le courant de mai il se porta sur Bressuire, Thouars et Fontenay; fut blessé & la prise de cette ville ; se retira dans le château de Lan­debaudière, et ne rejoignit son armée qu'après la prise de Saumur. Il forma alors un corps auxiliaire de cinq à six cents hommes, qui lui était particu­lièrement dévoué, et était en grande partie composé de Bretons, qui s'étant insurgés, sans succès, sur la rive droite, étaient venus se réunir aux Vendéens.

Ce fut aussi lui qui proposa dans le conseil le passage de la Loire, pour donner la main aux Bretons; mais son avis fut adopté trop tard, et il éprouva des échecs considérables.

 

Blessé mortellement, le 17 octobre, à la sanglante bataille de Cholet; il expira en profiter pour aplanir aux Bourbons le chemin qui pouvait, les ramener au trône, sur les marches duquel; une faction sanguinaire venait de

sacrifier l'héritier de cent rois, nous devons donner quelques détails sur les premières années de notre héros.

Charles-Melchior-Artus, marquis de Bonchamps, naquit au château du Crucifix, en -Anjou, le 10 mai 1760, d'une ancienne famille noble et considérée de cette province.

 Il commença ses études très-jeune et les fit avec succès sous un précepteur distingué, Il joignait à une taille avantageuse, une constitution mâle et vigoureuse, une figure agréable, sur laquelle se peignaient la bonté, la douceur et la grandeur de son âme, qui lui gagnait tous les cœurs.

 Dès sa plus tendre jeunesse, emporté par la force de son génie, il montra le goût le plus décidé pour l'art de la guerre.

A peine eut-il atteint l'âge de quinze ans, qu'à force de supplications, il obtint de son père la permission d'aller s'exercer dans les camps.

 

En 1782, pendant la guerre pour l'indépendance des colonies américaines, Bonchamps fit toutes les campagnes de 1'Inde, d'abord en qualité de lieutenant, bientôt il devint capitaine de grenadiers au régiment d'Aquitaine, sous les ordres de M. le comte maintenant duc de Damas, premier gentilhomme de S. A. R. Monseigneur duc d'Angoulême, Il y acquit: la réputation d'un très-bon officier. « Il était, dit M.- le duc de

 Damas, chéri de ses camarades, estimé de ses chefs: on pouvait dès-lors juger, par son application au travail et son exactitude au service, qu’il deviendrait un officier distingué. »

Le Nouveau-Monde est libre: il le doit aux Français, La carrière des exploits s'est fermée; on va revoir cette France, qui doit être pour Bonchamps un nouveau théâtre de gloire et de vertus.

 Déjà le vaisseau qui transporte nos guerriers, sous les ordres de M. le comte de Damas, a franchi une partie  de l’espace qui sépare l'Amérique de notre continent. Bientôt ils auront découvert le rivage  français ; mais tous peut-être ne-toucheront point le sol sacré de la patrie!

Bonchamps est frappé  d’une maladie violente, elle fait des progrès rapides.

 Jeune héros, était-ce pour périr ainsi, que le fer de l'ennemi avait respecté tes jours! Les ravages du mal, deviennent de plus en plus effrayants; les sources de la Vie sont près de s'éteindre : peut-être dans quelques instants le héros ne sera plus….. C'en est fait…. Un voile funèbre couvre ses yeux.

Le conseil arrête, qu'il faut jeter  son corps à la mer. Villefranche, un de ses sergents, ne peut croire à cette perte. Il communique ses doutes; il-demande avec instances; il obtient, à force de supplications,  que cette horrible sépulture sera différée de quelque temps. Ses pressentiments sont bientôt une heureuse réalité. Il retrouve un principe de vie qui se ranime peu-à-peu: ses vœux ont été exaucés : Bonchamps est rendu à la lumière, à la santé. Ainsi  la Providence nous  rappelle  des portes de 1'eternel avenir, et sa  main puissante nous rend à la vie, quand nous étions déjà dans les bras de la mort.

Mais une catastrophe plus cruelle que le trépas l'attend dans cette funeste traversée. Une longue navigation a épuisé toutes les subsistances. Bientôt la faim se fait sentir ; bientôt sur tout le bâtiment s'est étendu l’affreux désespoir, La plume se refuse à tracer les détails d'une position aussi horrible. La faim pousse l'homme aux dernières extrémités. Cruel par besoin, peut-être par devoir, il ne frémit que de l'idée de périr dans les déchirements de ce supplice.  Que résoudre ? Qu’espérer encore? que devenir ? Tel était l'état de  l'équipage.

Le courageux Bonchamps, à peine rétabli, n'en est pas effrayé.

Toujours grand dans l'adversité, il ose ne pas désespérer du salut de ses compagnons d'armes. Il les rassure. L'exemple; de sa résignation les touche, sa voix les console, ses exhortations les raniment: par  son éloquence il les persuade, gagne du temps, et la terre, que l'on croyait éloignée, les rend à l’espérance et à la vie

 Charles Melchior Artus marquis de Bonchamps (la baronniere)

 (Ruines du château de La Baronnière)

Quelque temps après son retour en France, il épousa mademoiselle de Scépeaux, d’une des plus anciennes familles du royaume. Il ne tarda point à joindre son régiment qui était alors à Landau. Parvenu  au moment fatal où la révolution désorganisait toute l'armée, lorsque, pour renverser le trône déjà  si ébranlé  par l’Assemblée Constituante, celle qui lui succéda exigeait des officiers un serment contraire à la dignité royale et aux, vrais intérêts de la France, Bonchamps n'hésita point à donner sa démission. Il revint dans sa terre de la Baronnière,  peu éloignée des bords de la Loire, déplorer les malheurs qu’il prévoyait. Effrayé de la marche rapide que prenait la révolution, et de la guerre civile qu'elle appelait à grand cris, il conduisit sa famille dans cette capitale, déjà témoin de tant de bouleversements, et bientôt destinée à l'être des forfaits les plus épouvantables.

Dans ce nombre des journées à la fois si criminelles et si funestes qui ont rempli, le calendrier révolutionnaire, il faut comprendre celle du 20 juin, qui fut l'horrible prélude de la chute du trône,  de la captivité de la famille royale et des massacres  de septembre; Parmi, cette confusion de tant de crimes et de calamités, de quels regrets Bonchamps ne fut-il pas pénétré de n'avoir pas fait émigrer son épouse ! Par quel prodige et par quel chemin la soustraire au danger ? Les passeports qu'il avait demandés le lendemain du jour où avaient commencé les massacres lui furent refusés. Il existait à la vérité une loi qui laissait la circulation libre. Mais cette loi n'était plus qu'un piège artificieusement tendu pour se saisir avec plus de sûreté, hors de l'enceinte de Paris et des grandes villes; des victimes innocentes qui oseraient tenter de les franchir; car c'était alors un crime digne de mort, que de chercher à se dérober au supplice. Insensible au danger pour lui-même, et ne tremblant que pour sa famine,  il hasarde  de parcourir cette longue route  semée d'écueils, le jour, évitant les villes, ou néanmoins le crime tenait encore, pendant la nuit, des yeux ouverts sur sa proie. Il Se trouva trop heureux  de pouvoir ramener sain et sauf dans ses foyers le précieux dépôt dont il s'était chargé.

De retour en Anjou, il était difficile qu'il ne fut pas en butte à tous ces hommes pervers pour qui ses vertus étaient un reproche continuel. Aussi ces êtres vils pour qui le trouble est l'état de nature, pour qui la confusion est la plus douce jouissance, n'apprirent qu'avec horreur l'arrivée de Bonchamps, et, jurèrent dès- lors de saisir toutes les occasions de nuire à celui qui, malgré eux, leur inspirait ce respect pénible, que le vice ne peut refuser à l'homme vertueux qu'il déteste. Ils eussent voulu l'anéantir,  puis qu'ils ne pouvaient ni s'élever à sa hauteur, ni le rabaisser à leur niveau, Bientôt accusé de sédition, il fut obligé de paraitre au département de Maine-et-Loire; et ce ne fut qu'à force d'adresse qu'il se tira de ce pas. Alors il suffisait d'avoir de 1a fortune et de l'honneur, pour paraître criminel; cependant les traits lancés contre le bouclier de l'innocence retombèrent émoussés. Mais un de ces traits fut relevé par une main plus perfide, et lancé avec tant  de malignité, que le succès en paraissait infaillible. Des journaliers, qui travaillaient dans sa terre, s'avisèrent d'attacher au sommet d'un arbre, un bonnet de la liberté, et de s'écrier en même temps : à bas !  à bas ! Ce bruit  scandaleux aussitôt se répandit, et faillit à le faire emprisonner. Alors, il fallut redoubler de prudence, non pas dans sa conduite, elle fut toujours simple, pure et modeste, mais s'astreindre  l'une sorte de circonspection, qui était pour lui un état d'autant plus pénible à supporter, qu'il est toujours une espèce de mensonge pour la franchise et la candeur. Enfin, la mort du vertueux Louis XVI vint déconcerter toutes les mesures que lui avait imposées la plus stricte sagesse. II vit dès -lors clairement les calamités d'une guerre étrangère, réunies aux horreurs d'une guerre civile, et sa grande âme connut pour la première fois la consternation, non qu'il fût assuré que son pays n'oublierait point dans une, pareille conjoncture ce qu'il devait à son Dieu, à son Roi ; mais parce qu'il prévoyait que cette belle contrée, si heureuse et si digne de l'être, serait bientôt entraînée dans un gouffre de malheurs.

 

Lorsqu'un orage affreux s'élève et menace quelque contrée, des signes avant - coureurs  annoncent au cultivateur tremblant ce qu'il peut craindre, ce qu'il peut espérer.

La réquisition ou l'ordre de faire tirer les jeunes gens à la milice fut pour les Vendéens le signe terrible et certain des maux qui allaient inonder cette belle partie de la France.

La Convention, en ordonnant une levée de trois cent mille hommes, jeta l'épouvante dans toute cette partie de la Vendée connue sous le nom du Bocage. Le soulèvement y fut presque général, et ce mouvement s'y fit sentir simultanément sur deux points assez éloignés l'un de l'autre, à Challans en Bas-Poitou, et â Saint-Florent sur les bords de la Loire; preuve certaine que tous les esprits y avaient été préparés : par qui et comment? Sur ce point, les historiens ne sont pas d'accord.

    

(la Baronnière, château de Bonchamps, troupe des Cœurs de Chouans)

Mais il nous importe de faire connaître les événements qui ont conduit le peuple le plus paisible, le plus doux, au désespoir, et du désespoir à cette- guerre d'extermination. C'est de ce nom  exécrable que la Convention baptisa la défense  la plus  légitime; qu’un peuple puisse opposer à 1'oppresion  la plus tyrannique ; ne pouvant plier sous ses lois de sang un peupla guidé dans ses devoirs et sa conduite par son attachement au culte religieux de ses ancêtres, et par son  dévouement à la race antique de ses Rois, elle ordonne, pour assouvir la plus-atroce des vengeances, d'exterminer hommes, femmes, enfants, jusqu’au animaux, jusqu'à la végétation même, et s’il eût été possible, jusqu’au sol qui les avait alimentés et portés. Telle fut la rage que lui inspira la désobéissance des Vendéens à son décret sur la milice.

Le tirage avait été indiqué pour le dix mars à Saint-Florent. Toute la jeunesse s’y rendit,  mais bien décidée à ne pas se soumettre. Pour vaincre une résolution qu’on aurait pu calmer avec un peu d’adresse et de douceur, on les harangua durement ; des discours on passa aux menaces ; on fit plus, une pièce de canon fut braquée contre eux. L’indignation dès ce moment se mêla à la résistance ; le feu part, et les jeunes gens furieux s’élancent sur la pièce et l’enlèvent. Alors, tout fuit, tout se disperse devant eux. Le district est dévalisé, les papiers brûlés, et la caisse que la jeunesse se distribue fournit aux réjouissances de cette première victoire pour le reste du jour. Mais sur le point de rentrer dans ses foyers, comment échapper aux gendarmes et à la vengeance des républicains ? Ce sont des réflexions et des images, qui dans les ombres de la nuit se retracent vivement à leur esprit et à leur imagination. Attaqués, réunis et furieux, ils avaient triomphé de la gendarmerie, ils s'étaient emparés de deux coulevrines; de quelques fusils; et plusieurs patriotes avaient payé de leur vie l'imprudence d'avoir attisé le feu, de la guerre civile.

Rien de plus effrayant dans les grandes commotions que le calme rapide qui succède à une fougue effrénée. Isolés, éperdus, sans autres liens entre eux qu'une  effervescence désordonnée, ces jeunes Vendéens, se représentant dans la solitude de leur campagne, les républicains qu'ils avaient forcés de se rembarquer si vite; remplissant à leur arrivée la ville d'Angers de leurs alarmes, appelant la vengeance des officiers municipaux de cette ville, ils attendaient pour la plupart, dans la plus cruelle incertitude, le châtiment de leur désobéissance. Mais ces officiers municipaux, persuadés que ce mouvement révolutionnaire n'aurait pas de suite, et craignant d'ailleurs d'être accusés d'imprévoyance et de lâcheté, n'osèrent dans la crainte de se compromettre en informer la Convention. Cette négligence laissa aux paysans temps de se rassurer, de se rassembler, d'augmenter leurs forces, de recourir aux conseils des gens éclairés, et dans ce nombre les habitants de Saint-Florent, où s'était passée cette scène tragique, ne pouvaient manquer comprendre le marquis de Bonchamps, qui de son côté saisit avec autant d'empressement que de prudence cette heureuse occasion de donner un point d'appui au trône qu'il fallait relever. Ces sentiments, profondément gravés dans son cœur, n'attendaient pour éclater qu'une circonstance favorable; mais c'eût été desservir la cause qu'il brûlait de défendre que de devancer l'instant où a moindre imprudence aurait compromis, bien moins sa vie, qu'il fut toujours prêt à sacrifier pour la cause de son Dieu, que les intérêts de la Couronne et du jeune Monarque enseveli dans les prisons du Temple.

Plusieurs écrivains recommandables s'accordent à dire que MM. de Bonchamps, d'Elbée et de Larochejaquelein, furent arrachés de leurs châteaux et portés au commandement suprême. Si l'on juge des dispositions de, ces célèbres généraux, d'après leur dévouement inviolable à la cause qu'ils ont si glorieusement défendue, on sera bien persuadé qu'il ne fut point nécessaire de les contraindre à prendre les armes pour la défense de leur Dieu et de leur Roi, qu'ils brûlaient de servir, et pour lesquels ils ont versé jusqu'à la dernière goutte de leur sang. Il nous suffira, pour rétablir le fait relativement à notre héros, d'exposer la manière dont il fut porté au commandement qu'il était loin d'ambitionner.

Bonchamps, après avoir sacrifié le plus cher de ses goûts , en quittant le service, dans la seule crainte de se voir obligé à prêter un serment qui tendait à compromettre la majesté du trône, vivait retiré, comme nous l'avons vu, dans sa terre de la Baronnière, qui bientôt devait être le patrimoine des soldats de son Roi.

Il gémissait sur les calamités qui déjà couvraient notre belle et malheureuse France; il déplorait le sort du meilleur et du plus infortuné des Rois, pour lequel dès sa plus tendre jeunesse il avait juré de sacrifier sa vie, Pour vivre plus ignoré ou plutôt pour faire diversion à sa douleur, il occupait aux travaux rustiques des bras qu'il devait bientôt exercer aux combats.

 

==> Le 13 mars 1793, Au château de La Baronnière, les paysans vendéens sollicitent le marquis Charles de Bonchamps

 


 

 

A saint Florent le VIEIL le 12 mars 1793 commença l'épopée vendéenne, la guerre de géants

" En 1793, la France faisait front à l'Europe, la Vendée tenait tête à la France. La France était plus grande que l'Europe ; la Vendée était plus grande que la France. " Victor Hugo Le 21 septembre 1792, la Convention nationale décrète l'abolition de la royauté.

 

25 novembre 2018

Archéologie sur le vieux port de La Rochelle, vestiges du moyen âge

Diagnostic archéologique sur le vieux port de La Rochelle

Les vestiges concernent plusieurs périodes distinctes et permettent de compléter considérablement les connaissances sur l'histoire des remparts successifs du Vieux Port de La Rochelle.

 

 

[PHOTOS] La Rochelle : sous le Vieux Port, les vestiges du passé

Avant les travaux de réhabilitation du Vieux Port de La Rochelle, un diagnostic archéologique est actuellement mené, jusqu'à la fin du mois de septembre pour savoir ce qui se cache sous nos pieds : des vestiges qui expliquent l'histoire de La Rochelle
Les rez-de-chaussée de maisons à étages bordant l'ancien Pont Saint-Sauveur détruit en 1740 ont été mis au jour Quai Durand. Les maisons médiévales sont occupées jusqu'au 18ème siècle.

https://www.francebleu.fr

Au Gabut, elles ont mis à jour les vestiges des anciens remparts de la ville, construits au XIVème siècle à partir de 1372.

 

 

La Rochelle : un pan d'histoire resurgit au pied de la Tour Saint-Nicolas

Les fouilles archéologiques menées au pied de la tour Saint-Nicolas ont révélé de bien jolies surprises. Le chantier a mis à jour un ancien rempart dans un état de conservation remarquable. Il sera utilisé en protection pour éviter de nouveaux risques de submersion. Reportage.

https://france3-regions.francetvinfo.fr



 

La Rochelle, le port d'Aliénor d'Aquitaine <==

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