PHystorique- Les Portes du Temps

23 avril 2019

Campo Vogladise 507 : Clovis, Alaric, la Bataille de Vouillé – la vallée aux morts (Voyage virtuel dans le temps)

Clodoveus rex cum Alarico rege gothorum in campo Vogladise super fluvium Clinno, milliaro decimo ab urbe Pictavâ convenit

Voici comment la grande bataille a pu se dérouler :

Le roi des Francs part de ses Etats avec son armée pour faire la guerre de religion qu'il déclare aux Wisigoths.

Clovis peut attaquer Alaric ; par l'Episcopat il est sûr des populations gallo-romaines qu'il va traverser au-delà de la Loire. « Il me déplaît dit-il de voir ces ariens occuper une partie des Gaules. Marchons avec l'aide de Dieu et après les avoir vaincus réduisons leur pays en notre pouvoir. Ces paroles ayant plû à tous, il met son armée en mouvement et se dirigea sur Poitiers. Alaric était depuis longtemps établi dans cette ville ». (Gregoire de Tours, II, 37).

L'armée de Clovis était considérable et ne se composait pas uniquement de Francs ; il avait obtenu le secours de Sigebert roi des Francs ripuaires, que lui avait envoyé son fils Clodéric, (Grégoire de Tours).

Clovis était prévenu depuis longtemps par l'Eglise du concours assuré d'une partie des populations soumises au milieu desquelles il allait pénétrer ! « Beaucoup de gaulois dit encore Grégoire désiraient alors avec ardeur avoir les Francs pour maîtres ».

Il faut bien préciser en passant que les Francs étaient des chrétiens orthodoxes ou nicéens et les Wisigoths des chrétiens ariens.

Je ne commenterais pas si Clovis ramassait sur sa route de nombreux chrétiens orthodoxes ; je ne rechercherais pas non plus quel fut le point de départ de Clovis avec son armée : Paris, Chartres, ou Orléans ; ni s'il a passé par Tours ou par Loches pour arriver à toucher l'armée d'Alaric. Je n'occuperais les lecteurs que de son arrivée sur les bords de la Vienne à Senones (Cenon) puisque les historiens sont d'accord pour cet endroit.

A Cenon, la voie romaine traversait la Vienne au gué et se dirigeant sur Poitiers. Clovis ne put franchir la rivière car elle se trouva accidentellement grossie par les pluies. Voulant aller vite et apprenant sans aucun doute par ses espions chrétiens qu'Alaric était prévenu de l'envahissement de son royaume par les Francs et sentant le roi des Goths lui échapper par un départ précipité de Poitiers pour venir s'établir et se fortifier dans le camp de Bonneuil, Clovis empruntant le vieux chemin gaulois de la rive droite de la vallée de la Vienne, se dirigea vers le sud par Bonneuil-Matours, Chauvigny, Cubord afin de lui barrer la route de l'Auvergne.

Clovis dut apercevoir des coteaux du Montauban, le campement des troupes wisigothes installées sur la rive gauche dans le camp de Bonneuil, mais la Vienne étant toujours débordée, ses émissaires pour plus de sûreté lui conseillèrent de marcher jusqu'aux vieux camps romains de la Duguerie et de Canoin, de s'y arrêter jusqu'à la décrue et de là surveiller la vallée.

LE CAMP DE CANOIN.

Clovis décida de séjourner à Canoin tant que la Vienne ne serait pas baissée. (La marque de son séjour disent les gens du pays est connue par la fontaine du camp à laquelle on a donné le nom de la Font-Chrétien, que le cheval du roi fit jaillir des « rochers de Clovis » et son siège de pierre, « le siège du roi ».

De son côté Alaric, prévenu également et ne pouvant pour la même cause franchir la Vienne au gué de Cubord, dût attendre le secours des Arvernes par la petite voie romaine qui va du Plateau Central à Poitiers par la Chapelle-Viviers. Il dut donc se fortifier dans son camp permanent de la cote 123.

LE CAMP DE BONNEUIL.

Alaric, connaissant les éléments autochtones de la vallée était plutôt bien reçu ; il pouvait y séjourner sur des renseignements apportés par les étrangers et le collège des bateliers venant du nord et du sud et qui fréquentaient l'emporium (marché) de Civaux.

D'un autre côté, l'ancienne bourgade romaine de Toulon, petite villégiature des riches wisigoths poitevins, lui était un endroit favorable et de connaissance. On le prétend né là ?

Ne recherchons pas si Alaric n'ayant que très peu de soldats à sa suite et prévenu de la grande armée de Clovis, ait voulu fuir chez ses partisans sans livrer bataille et tenté de prendre le chemin de l'Auvergne, courir au-devant des renforts des Ostrogoths ; mais continuons en nous servant de l'histoire du pays qui veut que Clovis vit de grand matin près de son camp une biche traverser la Vienne en face de Loubressac ; l'endroit fut appelé depuis « le gué de la biche ».

La rivière ayant baissé et le roi devinant là un passage, il y traversa la Vienne avec toute son armée » composée de plus de 60.000 combattants » dit Bouchet dans les Annales d'Aquitaine ; il tourna ensuite sur sa droite en remontant vers Civaux le chemin gaulois de la vallée qui mène vers Bonneuil.

L'EMPORIUM DE CIVAUX.

A ce moment, les soldats de Clovis pillèrent-ils l'emporium de la vieille cité gallo-romaine pour vivre ; la tradition populaire veut que devant les dépradations et les viols commis par les guerriers francs, l'administration de la cité vient se plaindre à Clovis.

Des émissaires furent donc envoyés chercher Alaric pour repousser les envahisseurs. Celui-ci se rend à Civaux. Des pourparlers ne purent avoir lieu. Clovis pressé d'en finir lui présenta la bataille par le vieux diton : « Ci vaut, tant qu'ailleurs ! »

Aussitôt la lutte s'engage, mais les soldats d'Alaric peu nombreux et surpris, tournent bride devant l'audace du roi et les forces franques.

Le roi des Wisigoths à peine a-t-il rejoint Bonneuil que les soldats du camp pris à l'improviste par les Francs s'enfuirent éperdus au nord-ouest de la vallée, les uns Vers Pouillé (et non Vouillé), et le plus grand nombre jusqu'à la grande voie romaine de Chauvigny au lieu-dit : les Chirets, laissant dans cette fuite désordonnée de nombreux morts et blessés.

LES DEUX GUÉS : DE LA CHAUSSÉE ET DES GOTHS.

C'est alors que, traversant la Vienne en deux endroits, au gué de la Chaussée romaine (des Chirets) et au gué des Goths près du pont du chemin de fer actuel (sud de Chauvigny) en direction du Berry et de l'Auvergne, les Wisigoths ne purent résister à l'avalanche des Francs.

Campo Vogladise 507 Clovis, Alaric, la Bataille de Vouillé – la vallée aux morts (Voyage virtuel dans le temps)

(La vallée aux morts Belvédère "Camp retranché de Clovis" Clodoveus rex cum Alarico rege gothorum in campo Vogladise super fluvium Clinno, milliaro decimo ab urbe Pictavâ convenit )

 

 

LA VALLÉE DES GOTHS.

La « vallée des Saules » dit la « Chronique de Martial Hubert » est appelée « vallée des Goths » du nom des vaincus.

Alaric y fut tué par Clovis ; la bataille terminée, la vallée est jonchée de cadavres. « Les cadavres étaient si nombreux dans la plaine, dit Fortunat, que leur masse simulait des collines ».

LE CHAMP DES AUVERGNATS.

Le petit nombre de survivants wisigoths réussit à s'enfuir par le chemin des romains vers Villa-Vivarius (La Chapelle-Viviers) avec Amalaric, le jeune fils d'Alaric. Une poursuite des Francs avec Théodoric, le fils de Clovis, réduisit encore leur nombre près de Vaux, au « champ des Auvergnats », au lieu-dit : la Courance.

LA CROIX DE LA « VICHOUNE ».

Les vieux habitants de Chauvigny montrent encore l'endroit où le roi des Wisigoths fut tué. C'est à l'intersection du ruisseau le Boglodio, du chemin des Eglises, du petit pont qui traverse la route de Chauvigny à Lussac, et de la ligne du tramway Chauvigny-Bouresse.

Un calvaire appelé « la croix de la Vichoune » occupe aujourd'hui l'emplacement où, autrefois, s'élevait une chapelle qui disparue sous l'invasion des Normands.

On dit encore que la « vigne de la Bouclière » est le lieu où Clovis après avoir tué Alaric et poursuivi par deux Wisigoths armés de hache ne dut son salut qu'à la protection de son bouclier ; de là le mot « bouclière ».

En 1885, de nombreux fers de lance, bronzes, armes diverses ont été trouvés dans un champ à proximité et appartenant à M. Bernier ; malheureusement des fouilles ne furent pas poursuivies.

LA VALLÉE DES EGLISES.

La « Chronique de Chauvigny » veut que la vallée des Goths fut appelée après la bataille « vallée des Eglises et que le ruisseau le Boglodio qui suit cette vallée cesserait de couler à partir de l'endroit où les cadavres amoncelés arrêtèrent son cours.

Nous nous sommes rendus compte de tous ces vieux récits populaires. Les vieilles chroniques portent bien qu'aux temps les plus reculés, l'endroit de la bataille était occupé par une partie de Chauvigny et qu'on appela « les Eglises », en reconnaissance dit-on au « dieu de Clotilde qui fit gagner la victoire. »

Que la vallée des Goths se trouve changée de nom par moitié sur le plan cadastral de 1833 et que l'autre partie s'appelle « vallée des Eglises » à partir de l'endroit où se trouve la grotte préhistorique de Jioux?

Quand au petit ruisseau « qui cessa son cours » « le Boglodio », son embouchure est à sec en été; il faut pour cela le suivre jusqu'au cul de sac du vallon. En effet, presqu'en face la grotte, le ruisseau disparaît pour se perdre dans un gouffre, ce qui est tout naturel, mais ce qui ne l'empêche pas l'hiver de suivre son cours pour venir se jeter dans la Vienne.

L'écrivain Maxime de Sarragosse qui au Moyen-Age cite dans son ouvrage le nom de Boglodoreta, ne serait-il pas le Boglodio dont le mot a pu être déformé par l'usage des siècles et qui serait le lieu de la bataille ?

De même Alaric aurait été enterré dans une île de la Vienne. La légende du pays veut qu'il soit enterré dans le lit de la rivière comme le fit son aïeul Alaric Ier enterré en Italie dans le fleuve Busento en 410. Les vieux de la Vallée rappellent que l'endroit désigné dans la Vienne serait l'ile Aric (abréviation d'Alaric) située près de l'entrée de la vallée des Goths. Cette ile aujourd'hui disparue par une déviation du cours de la rivière, est rattachée à la rive droite sous le nom plus connu de ile Abeuion, presqu'à l'embouchure du Boglodio. La grande ile située en face, près du Viaduc, est de formation plus récente.

Tout cela donne à penser, que malgré tout, les légendes de nos ancêtres, en arrivant jusqu'à nous, finissent parfois par s'accorder avec les réalités historiques.

PILLAGE DE CHAUVIGNY PAR CLOVIS.

Après la bataille, Clovis qui avait parlé en maître et offensé les habitants à son passage dans la ville de Chauvigny, ses soldats qui avaient dévasté la contrée, firent que les Chauvinois jaloux de leur indépendance ravie, ne voulurent pas se soumettent aux nouveaux vainqueurs. La légende veut que pour se venger, Clovis fit brûler la ville et les temples, « disparaître le campus » et selon la Chronique », il laissa dans le pays un chef franc nommé Cherroë qui appliqua des ordres barbares.

Clovis voulut que l'endroit où il gagna la victoire fût consacré aux Eglises orthodoxes. En effet, dans ce malheureux pays déjà tant de fois mutilé, de nombreuses églises furent mises en construction en remerciement au dieu des chrétiens. Elles seront plus tard rivales et vivront dans un fleuve de sang sur la contrée.

Ainsi donc le sort de la Gaule et du territoire chauvinois furent réglés en l'an 507 par la funeste bataille, qui fut la victoire de la religion nicéenne et de la défaite de la religion arienne.

Chauvigny et les Chauvinois / Pol Jouteau

 

Carte des Gaules lorsque Clovis vint y jetter les Fondements de la Monarchie Française <==.... ....==>

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Carte des Gaules lorsque Clovis vint y jetter les Fondements de la Monarchie Française

Carte des Gaules où l'on voit les Dominations ausquelles elles étoient soumises, lorsque Clovis vint y jetter les Fondements de la Monarchie Française

Carte des Gaules où l'on voit les Dominations ausquelles elles étoient soumises, lorsque Clovis vint y jetter les Fondements de la Monarchie Française

LE ROLE DU POITOU PENDANT LE HAUT MOYEN AGE SOUS LES DOMINATIONS WISIGOTHIQUE ET FRANQUE (Ve-IXe SIÈCLE).

C'est dans le Poitou qu'allaient se décider, pendant les longs siècles du haut Moyen Age, le sort de toute la Gaule et les destinées elles-mêmes du monde occidental. C'est dans cette région qu'allait se conserver le principal foyer de la civilisation chrétienne et romaine.

 C'est de cet asile de la foi chrétienne que de nouveaux apôtres devaient partir, pour convertir et civiliser les peuples barbares, devenus les maîtres de l'Empire romain. Le rôle du Poitou grandit au moment où s'écroule la domination qui lui avait assuré cinq cents ans d'une paix presque ininterrompue, auxquels vont succéder cinq cents ans de troubles presque continuels.

Quand l'Empire affaibli devient incapable de défendre ses sujets, commence une ère nouvelle où les Germains parviennent à détruire peu à peu le vieil édifice romain. Dans leur première invasion en Gaule au Ve siècle, celle de 406, où Vandales, Alains, Suèves « saccagèrent à l'envi l'Aquitaine, à l'exception de quelques villes », au dire de saint Jérôme, le torrent dévastateur traversa le territoire des Pictons, sans atteindre, semble-t-il, Poitiers.

Puis, tandis que les Wisigoths, venus d'Italie, s'établissaient avec l'assentiment des Empereurs, à titre de fédérés (soldats auxiliaires), au sud de la Garonne, alors que les Francs et les Burgondes, avec les mêmes prérogatives, s'installaient au nord de la Somme et à l'est de la Gaule, le centre et l'ouest, le Poitou en particulier, retombaient encore pour cinquante ans sous le gouvernement des préfets, des comtes et des ducs, délégués directs de l'Empire (407-456).

C'est seulement après le milieu du Ve siècle, vers 462, que les Wisigoths, dont la puissance grandissait démesurément, sous les rois Théodoric et Euric, se saisirent du Poitou, comme ils le firent de la Touraine, du Limousin et des 26 autres cités d'Aquitaine, revendiquant ainsi hardiment l'héritage de Rome en Espagne et dans la Gaul e jusqu'à la Loire et aux Alpes. Mais bientôt après surgissait au nord un autre héritier de l'Empire.

L'Etat franc se fondait avec l'appui du clergé catholique (486), presque au moment où mourait le grand prince wisigoth Euric (484), et aussitôt il se posait en rival des autres royaumes barbares. Le Poitou prend dès lors la physionomie qu'il gardera pendant mille ans. Il va devenir le champ clos où se heurtent les puissances formées au nord et au midi, avides de reconstituer l'unité romaine à leur profit.

Il est la marche où se règle le sort des grands Etats.

Le premier choc se produit au début du VIe siècle. Bien qu'ils fussent les plus civilisés des Barbares d'origine germanique, les Wisigoths n'étaient point parvenus à créer une puissance stable. Ils avaient perdu en Aquitaine la majeure part de leurs aptitudes guerrières. Ils avaient traité les Gallo-Romains en vaincus. Ils venaient de confisquer à leur profit, non seulement les deux tiers des terres de l'Etat, mais encore parfois les deux tiers des domaines de la vieille aristocratie gallo-romaine. Dans une région où le christianisme orthodoxe avait jeté les plus profondes racines et où le clergé exerçait la principale autorité, ils avaient commis la grave faute de s'attacher obstinément à l'arianisme et de persécuter l'épiscopat.

 Ils avaient forcé l'évêque de Poitiers à s'enfuir au fond de son diocèse, à Rais. Aussi, lorsque l'Etat wisigothique et l'Etat franc entrèrent en conflit, Dieu lui-même, d'après les légendes poitevines qu'a recueillies Grégoire de Tours, manifesta-t-il hautement sa protection en faveur de Clovis, le champion de l'orthodoxie et le soldat de l'Eglise.

Quand l'armée franque arriva sur les confins du Poitou pour combattre l'armée des Wisigoths, concentrée à Poitiers, sous les ordres d'Alaric II, le pacte divin apparut clairement, suivant le récit de l'historien des Francs.

On y installa le campement sur la rive, entre les ajoncs, les vases et les saules. Le sol est mouvant et les sables voltigent dans les vents en perpétuelle dispute.

Au petit matin, c’est la surprise. Dans les nappes de brumes qui s’élèvent des eaux boueuses, Clovis aperçoit qui court à perdre haleine, une biche merveilleuse. Effarouchée par le mouvement et les bruits du campement, elle a fui ses retraites d’herbes ivres de prospérité. Elle aussi cherche un gué. Mais, à la faveur d’une longue mémoire de cervidé, elle connaît tous les hauts-fonds de la rivière. Elle choisit son courant et, sans une hésitation, elle traverse la Vienne à gué. (Le Mystère Clovis De Philippe de Villiers)

La biche venait d’indiquer miraculeusement aux troupes de Clovis un gué qui leur permit de traverser la Vienne grossie par les pluies, sans doute près de Chitré, à 4 kilomètres de Cenon.

La nuit, un globe de feu, brillant au-dessus de la basilique Saint-Hilaire, éclaira la marche des envahisseurs. Le roi franc avait interdit tout acte de rapine sur les terres de l'évêché de Poitiers, comme sur celles de Saint-Martin de Tours.

Enfin, une grande bataille se livra à 10 milles (15 k.) de la capitale du Poitou, probablement un peu en dehors de la grande voie romaine de Paris à Bordeaux, sur un affluent du Clain, l'Auzance, dans la plaine de Vouillé (campus Vocladensis). La bataille de 507 qui mit aux prises deux grandes forces religieuses en Occident entre francs et wisigoths, entre Clovis 1er et Alaric II.

Elle fut très sanglante : les contingents arvernes en particulier, qui servaient parmi les Wisigoths, y furent décimés. Clovis faillit être tué dans la mêlée par deux cavaliers ennemis. Il leur échappa et abattit de sa propre main son rival, le roi Alaric.

Bien des historiens de tous les âges n'ont pu trouver l'endroit exact du Campus Vocladensis de Grégoire de Tours et ils ne firent que supposer des noms comme Voulon, Mougon, Vouillé, Dissay, Saint-Cyr, etc...

 

 ==> Campo Vogladise 507 : Clovis, Alaric, la Bataille de Vouillé – la vallée aux morts (Voyage virtuel dans le temps)

 Carte Celte Gaule Peuples Gaulois <==.... ....==> Carte France Féodale


 

==> CLOVIS Ier (Chlodovechus) 481/482 – 27 novembre 511

En 486, il quitta Tournai et vint dans les terres de Syagrius pour y faire du butin. Il vainquit ce « roi des Romains », comme l'appelle Grégoire de Tours, et prit son royaume. Il eut bientôt Paris pour capitale.

==> Le 25 décembre 498 Clovis roi des Francs est baptisé avec 3000 guerriers à Reims par l'évêque Saint-Remi.

Les Francs étant alors partagés en divers royaumes, celui dont Clovis héritait; ne s'étendait guère au- delà du territoire de Tournay, et la domination que nous avons vu Childéric exercer à Paris, où il régnait après s'en être emparé par un long siège, au temps où il rendait de si grands honneurs à sainte Geneviève, semble n'avoir été que la conséquence d'une incursion dans le territoire encore au pouvoir des Romains.

Cependant, dès l'avènement de Clovis, et quoique les Francs fussent encore païens, il semble que saint Remy et d'autres évêques des Gaules aient témoigné une faveur marquée à ce prince, comme s'ils prévoyaient qu'il devait être un jour le soutien de l'Église.

 

==> La France du Moyen Âge, le blason fleurs de lys des Rois de France (origine)

Après la défaite de Syagrius, et quand Clovis eut poussé ses conquêtes jusqu'à Paris, tout le pays renfermé entre la Seine, la Marne, l'Oise et l'Aisne, prit le nom de France, et ce nom s'étendit un peu plus tard à une assez grande partie du territoire situé entre la Seine et la Loire.

 

==> Pèlerinages et Culte populaire de Saint Martin de Tours, apôtre des Gaules.

C'est ici que se révèle toute la portée politique de la conversion de Clovis. En abjurant l'idolâtrie, il avait abaissé la principale barrière morale qui séparait les vainqueurs des vaincus, et préparé la fusion des deux races en un seul peuple ; au lieu d'un oppresseur et d'un conquérant, les Gaulois ne voyaient plus en lui que le protecteur armé de leurs croyances.

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19 avril 2019

Les Chevaliers de Saint-Michel de la province du Poitou, depuis la fondation de l'ordre en 1468 jusqu'à l'ordonnance de 1665

Les Chevaliers de Saint-Michel de la province du Poitou, depuis la fondation de l'ordre en 1468 jusqu'à l'ordonnance de 1665

Puy-du-Fou (François du),

seigneur du Puy-du-Fou ; écuyer tranchant ordinaire du Roi et gouverneur de Nantes, est qualifié par le roi Louis XIII du titre de chevalier de son ordre, dans les lettres d'érection de la terre de Combronde en marquisat, du mois de mai 1637, postérieures à sa mort, où il est rappelé. Mais, sur cela, l'on observe que dans les titres de cette maison, du règne de François Ier, temps auquel vivait ce seigneur du Puy-du-Fou, on n'en trouve aucun qui prouve qu'il fut décoré de Saint-Michel et qu'ils apprennent seulement ici qu'il jouissait, dès l'an 1539, d'une pension de la cour de 1000 l. et qu'il obtint du Roi deux gratifications, la première de 225 I. le 16 janvier 1542 (1543), pour une commission de confiance dont Sa Majesté l'avait honoré en Saintonge et dans le Rochelois, et la deuxième de 266 l. 10 s., le 31 mars de cette année, pour avoir été à la Rochelle, avec ordre de conduire à Fontainebleau plusieurs prisonniers qu'il était chargé d'arrêter .

1Bibl. Nat., Cab.,des Titres, 1047, p. 467.

 

 

Puy-du-Fou (René du),

seigneur du Puy-du-Fou, de Mallièvre, de Faymoreau, de Rablais, de la Touche, de la Jallotière, de la Supplicière, de Saint-Malo, des Epesses, etc., baron de Combronde, gentilhomme ordinaire de la chambre du Roi, capitaine de cinquante hommes d'armes de ses ordonnances, gouverneur de la Rochelle et du pays d'Aunis, fut nommé chevalier de l'ordre du Roi, le 12 janvier 1562 (1563), d'après un manuscrit de M. de Gaignières, conservé à la Bibliothèque du Roi, son admission dans cet ordre est fixée au 20 janvier. Il reçut le collier de cet ordre des mains du maréchal de Brissac, chevalier du même ordre. (Manuscrit de M. de Gaignières, Bibliothèque du Roi). Il fut nommé maréchal de France, par un brevet du Roi Charles IX, du 4 août 1564, portant promesse du premier baton qui viendrait à vaquer. Il avait obtenu du roi Henri II, au mois de septembre 1553, une gratification de 460 l., en considération des services qu'il lui avait rendus depuis quatre ans, au fait de la guerre en Piémont, et Charles IX érigea en marquisat, sa terre et baronnie de Combrande, par lettres motivées sur les recommandables services qu'il lui avait rendus, indépendamment de ceux qui l'avaient distingué en Piémont, sous le règne précédent, où il avait donné des preuves de sa prudence et de sa valeur ; ce qu'il avait continué de faire pareillement sous le roi François II, son frère, mais, ces lettres d'érection ne furent point enregistrées ; il ne vivait plus en 1568.

Il était fils de François du Puy-du-Fou, seigneur du Puy-du-Fou et de Catherine de Laval. Ses armes : De gueules, à 3 losanges d'argent posés 2 et 1 (1 Bibl. Nat., Cab. des Titres, 1040, p. 191. )

 

Puy-du-Fou (Eusèbe du),

seigneur de la Severie et de la Mortesguière, capitaine de cinquante hommes d'armes des ordonnances du Roi, conseiller en son conseil privé, gentilhomme ordinaire de sa chambre, lieutenant de sa Vénerie et gouverneur de la Garnache, avait d'abord été attaché au parti du duc de Mercoeur. Il est qualifié chevalier de l'ordre du Roi, dans un acte du 11 septembre 1579. (Original, Bibliothèque du juge d'armes de France). Il vivait encore en 1602. On ignore sa filiation. Ses armes, comme ci-devant. (2Bibl. Nat., Cab. des Titres, 1042, p. 225.)

Puy-du-Fou (Gilbert du), seigneur du Puy-du-Fou, comte de Grassay, baron de Combronde, gentilhomme ordinaire de la chambre du Roi et capitaine de cinquante hommes d'armes de ses ordonnances. Il paraît être le même que le seigneur du Puy-du-Fou, dont le régiment joignit l'amiral de Joyeuse qui assiégeait Marennes, le 14 août 1586. Il est qualifié chevalier de l'ordre du Roi, dans un acte du 28 mars 1588 et mourut avant l'an 1601.

 Il était fils de René du Puy-du-Fou, seigneur du Puy-du-Fou, chevalier de l'ordre du Roi, et de Catherine de la Rochefoucauld. (3 Bibl. Nat., Cab. des Titres, 1042, p. 405.).

 

Puy-du-Fou (René),

marquis de Combronde, comte de Grassay, seigneur du Puy-du-Fou, de Gurzon, de la Jalletière, de Bougre, de Rablais, de Champagne, de Mallièvre, de Saint-Malo, des Epesses, de la Supplicière et de la Touche, gentilhomme ordinaire de la chambre du Roi, vivait encore en 1628. Il est qualifié chevalier de l'ordre du Roi, dans un acte du 15 mars 1612(Original, Titres de la maison de Tarpin-Crissé.

Il était fils de Gilbert du Puy-du-Fou, chevalier de l'ordre du Roi et de Philippe de Champagne de Châteaubriant. Ses armes, comme ci-dessus.  (1Bibl. Nat., Cab. des Titres, 1044, p. 24.)

 

 


 

Herbiers (Charles des),

baron de l'Estanduère, fut nommé chevalier de l'ordre du Roi, le 18 avril 16652, et reçu par. le marquis de Sourdis, chevalier des Ordres du roi.

 Il était fils de Louis des Herbiers, écuyer, seigneur de l'Estenduère, de Beaufou, et du Tréhan et de Diane du Plantis. Il fut décoré du collier de l'ordre de Saint-Michel, le 25 avril 1658, fut du nombre des nobles du Poitou qui se réunirent à Poitiers, les 3 et 4 juillet 1651, pour nommer des députés aux États de Tours, et fut maintenu dans sa noblesse, par ordonnance du 9 septembre 1667 de M. Barentin. Il avait épousé : le 22 juillet 1664, demoiselle Marie d'Escoubleau. fille de Jacques-René, marquis de Saint-Marcellin, et de dame Gabrielle d'Olé. Ses armes : de gueules, à trois fasces d'or. (Beauchet-Filleau). Dictionnaire des familles du Poitou, 1e éd. t. II, p. 227).

 


 

Estissac (Louis d'),

sgr de Cahuzac, de Montelar, de Montaud, de la Brosse, de Benet, de Coulonges les Royaux (Sur l’Autize), etc., gouverneur de la Rochelle, du Poitou, du pays d'Aunis et de Saintonge, en l'absence du roi de Navarre, capitaine de cinquante hommes d'armes des ordonnances du roi, conseiller en son conseil privé et gentilhomme ordinaire de sa chambre, d'après les états de la maison de François Ier, d'Henri II, de François II et de Charles IX, depuis 1527 jusqu'à sa mort, arrivée le 15 mai 1565, s'était trouvé à la bataille de Ver en 1562, commandant alors une compagnie de gendarmes. Il fut nommé chevalier de l'ordre du Roi, le 31 mai 1552, à Vincennes, et avait été désigné, apparemment depuis quelque temps, pour être admis dans cette promotion, étant déjà qualifié chevalier de l'ordre du Roi dans un titre du 8 du même mois (Chambre des Comptes de Paris).

Il était fils de Bertrand d'Estissac, conseiller chambellan ordinaire du roi, son lieutenant général au gouvernement de Guyenne, gouverneur et maire de Bordeaux, et de Catherine Chabot de Jarnac. Ses armes : Pallé d'argent et d'azur de 6 pièces 1.

 


 

La maison du Plessis - Richelieu, l'une des plus nobles et des plus anciennes familles du Poitou. -
Des généalogistes complaisants, tels que André du Chesne et le père Anselme, et après eux Mézeray, la font remonter par les femmes à Louis le Gros, et par les hommes aux rois de Léon, de Castille et de Jérusalem (1).....

 

 

Plessis (Antoine du),

seigneur de Richelieu, gentilhomme ordinaire de la chambre du Roi, gouverneur de Tours et capitaine de cent arquebusiers de la garde du roi François II, fut appelé le Moine. Il fut appelé le Moine, parce qu'il avait porté l'habit religieux. Il fut gouverneur de Tours, en 1562, fut blessé au siège de Bourges, défendit Blois en 1568, s'enferma dans Poitiers, en 1569, servit en Poitou, en 1564 et 1575 et mourut à Paris, le 19 janvier 1576. Beauchet-Filleau, Dict. des fam. du Poitou, 1re éd., t. II, p. 536.

Il servit d'abord, avec distinction sous le règne de Henri II, en Piémont et ce fut le motif d'une gratification de 1053., que lui accorda le roi François II, au mois de novembre 1559. (Bibl. Nat., Cab. des Titres, 1042, p. 118.)

Au mois d'août 1560, François II lui accorda une gratification de 4000 l., motivée sur les services qu'il lui avait rendus ainsi qu'au feu roi Henri II, au fait des guerres en Piémont, où il avait été continuellement employé, et même touchant les émeutes qui étaient depuis peu arrivées à Amboise, où il commandait près de sa personne ladite compagnie de cent arquebusiers ; et même au mois de septembre suivant, ce monarque lui en accorda une autre de 1600 l., aussi en considération de ses services et pour lui faciliter les moyens d'aller en Anjou, où ce monarque l'envoyait, pour lever deux cents hommes de cavalerie, pour son service.

Il se trouva, en 1562, au siège et à la prise de Poitiers, puis au siège de Bourges, où il fut blessé. Ce fut là que, servant en qualité de mestre de camp du Triumvirat, il appela en duel le capitaine de Saint-Martin, (il était de la maison de Brichanteau) huguenot, qui le perça d'un coup d'épée et emporta son casque pour marque de sa victoire. Depuis, en 1568, il défendit la ville de Blois, attaquée par les rebelles, et, s'étant enfermé l'année suivante dans Poitiers, il en soutint le siège avec beaucoup de valeur. Un compte de l'Épargne, de 1568, lui donne la qualité de chevalier de l'Ordre et on lui trouve encore celle de chevalier de l'ordre du Roi, dans deux quittances, qu'il donna au trésorier de ladite Épargne, les 24 décembre 1571 et 12 février 1572. (original, Chambre des Comptes de Paris). Au mois de décembre 1571, Charles IX lui accorda une gratification de 2000 l. et, le 31 de ce mois, une autre de 4000 l., tant à raison de ses services dans les guerres, que pour demeurer quitte envers lui de ce qui pouvait lui être dû de son état de gentilhomme de la Chambre, de capitaine de quatre compagnies de gens de pied et d'une corvette d'arquebusiers à cheval, dont il avait charge, pour son service dans les dites guerres. Il jouissait dès l'an 1568, et encore en 1573, d'une pension de la cour de 1200 l., et elle était déjà portée à 3000 l., en 1575, il accompagna le duc de Montpensier à la réduction de plusieurs places du Poitou, en 1575, et il obtint du roi Henri III, au mois de juin 1575, une gratification de 750 l., motivée sur les services qu'il lui avait rendus dans ses guerres, particulièrement, au dernier siège de Lusignan. Il fut tué à Paris, le 19 janvier 1576, dans la rue des Lavandières, par des gens de mauvaise vie qu'il avait voulu chasser d'une maison qui avoisinait la sienne. « C'étoit, dit le Père Daniel, un des plus braves hommes de son temps et un élève du maréchal de Brissac, dont les armées en Piémont furent une école où se formèrent plusieurs grands capitaines, mais ce qui fit donner à Richelieu l'emploi de capitaine de la compagnie de deux cents arquebusiers à cheval de la garde du roi François II, ce ne fut pas tant son mérite, que son dévouement à la maison de Guise. » (Bibl. Nat., Cab. des Titres, 1040, p. 915.)

Il était fils de François du Plessis, seigneur de Richelieu, et d'Anne Le Roy. Ses armes : d'argent, à trois chevrons de gueules.

 

 


 

Plessis (François du),

seigneur de Richelieu, mestre de camp d'un régiment, lieutenant de cinquante hommes d'armes des ordonnances du Roi et gouverneur de Courtemille, en Piémont, dont il s'empara, en 1553, fut surnommé : Le Sage, ainsi que le remarque M. de Thou ; il était lieutenant de la compagnie des gendarmes du seigneur de Bonnivet, au mois de mai 1547, qu'il obtint du Roi une gratification de 450 l., en considération des services qu'il lui avait rendus, au fait de ses guerres ainsi qu'au feu roi François Ier. Il fut nommé chevalier de l'ordre du Roi, tout au commencement du règne de Charles IX. Le Père Daniel, dans son Histoire de France, imprimée à Paris, en 1713, tome III, p. 835, dit qu'il était chevalier de l'Ordre, à sa mort, en 1563. Il se signala par sa valeur, dans les guerres de Piémont, et ayant été blessé d'une arquebusade à l'épaule, au siège du Hâvre-de-Grâce, en 1563, il mourut quelques jours après, fort regretté du Roi, par la réputation qu'il s'était acquise d'un des plus braves officiers de l'armée. (Bibl, Nat., Cab. des Titres, 1041, p. 1463.)

Il était fils de François du Plessis, sgr de Richelieu, et d'Anne Le Roy.

 

 

Plessis (François du),

seigneur de Richelieu, de Beçay, de Chillou et de la Vervalière, Il avait épousé, en 1580, Suzanne de la Porte, fille de François de la Porte, sgr de la Lunardière, et de Claude Bochard, dame de la reine Louise de Lorraine. (Beauchet-Filleau, Dict. des fam. du Poitou, 1re éd., t. II, p. 536). Grand prévôt de France, gentilhomme ordinaire de la chambre du Roi, capitaine de ses gardes du corps, conseiller en son conseil privé, lieutenant de la compagnie des gendarmes d'Henri de Bourbon, prince de Dombes, est qualifié chevalier de l'ordre du Roi, dans des quittances du 1er février et du 2 juin 1576, qu'il donna au trésorier de l'épargne. (Original, Chambre des Comptes de Paris). Il fut nommé chevalier de l'ordre du Saint-Esprit, le 31 décembre 1585 et se rendit célèbre dans les guerres de son temps. Il fut élevé page du roi Charles IX, et s'acquit l'estime et l'affection du duc d'Anjou, aux batailles de Jarnac et de Montcontour, en 1569. On lui attribua même d'avoir généreusement exposé sa vie pour sauver celle du prince en le remontant précipitamment sur son cheval qui l'avait jeté par terre, dans cette seconde affaire, Richelieu n'avait encore alors que 18 ans. Ce même prince, au siège de la Rochelle, en 1573, le voyant revenir de l'assaut au bastion de l'Evangile, lui dit : Mon cher Richelieu, vous donniez bon exemple, mais il y a bien des mal intentionnés dans l'armée. Il fut envoyé en Pologne, en la même année, avec le sgr de Chémerault pour recevoir le serment des seigneurs de ce royaume, à l'occasion de l'élection de leur nouveau Roi, et, de retour en France, ce monarque lui donna la charge de grand prévost de l'hôtel. Il était, en 1574, lieutenant de la compagnie d'ordonnances du prince Dauphin qui le chargea, en la même année, d'une commission de confiance auprès de la Reine, fut employé, en 1575, dans la négociation du traité de paix, fait, avec le prince Casimir et les Reitres, et le Roi lui donna en la même année, une commission relative à son service. En 1576, les ducs d'Alençon et de Montpensier le députèrent vers ce monarque, et, au mois de juin de la même année, il se rendit à Tours, à Angers et dans d'autres villes et châteaux des duchés de Touraine et d'Anjou, pour les établir d'après le traité de paix, sous l'obéissance du duc d'Anjou. En 1577, le Roi le députa vers le prince de Condé, à Saint-Jean d'Angély, puis dans plusieurs villes de Saintonge, à Talmond, à Marans et à Ruffec, pour affaires relatives à son service. Le 3 octobre de cette année, il lui fut adjugé une somme de 2000 livres, sur les fonds de l'Epargne, pour les dépenses qu'il avait faites tant auprès du duc de Montpensier que pour plusieurs autres voyages faits par un ordre du Roi, durant six mois qu'il avait séjourné près de ce duc, pour négocier le traité de paix, tant avec le roi de Navarre, qu'avec plusieurs autres princes qu'il avait été trouver pendant cette négociation. Le 21 mai 1578, le Roi lui accorda, en considération de ses services, une gratification de 10000 l. En la même année, Sa Majesté lui donna encore une commission de confiance auprès du prince de Condé et du duc de Montpensier. Il jouissait à cette époque, de 3000 l. de pension de la cour, qui fut portée, depuis, à mille écus. Le 27 octobre 1579, le Roi lui accorda une gratification de 3000 écus, pour récompense des voyages qu'il avait faits en Guyenne, pour les traités de paix de 1577, et le 2 mars 1580, une autre de 1200 écus. Il reçut encore, les années 1580, 1584 et 1586, la somme de 1750 écus, en différentes fois, pour plusieurs voyages qu'il avait faits, relatifs au service du Roi, dans diverses parties du Royaume. L'on peut dire, enfin, qu'il fut comblé des bienfaits du roi Henri III, qu'il servit toujours avec la plus constante fidélité, principalement dans la périlleuse persécution des barricades de Paris. Il conserva aussi la ville de Tours, sous l'obéissance de ce monarque. Richelieu, fut des premiers à reconnaître Henri IV pour le successeur légitime de la couronne et, dans le récit du combat d'Arques, il est dit que : « l'âge ancien de M. de Richelieu n'empêcha pas qu'il ne revint l'épée toute sanglante de cette rude mêlée. » (L'auteur des Grands officiers de la couronne prétend cependant qu'il n'avait que quarante-deux ans, quand il mourut.) Il se trouva encore à la bataille d'Yvry, en 1590, ainsi qu'aux sièges de Vendôme, du Mans, d'Alençon, de Falaise et autres places. Il obtint, le 22 mars 1590, une gratification de 20.000 écus, et étant tombé malade, au siège de Paris, des extrêmes fatigues qu'il eut à y endurer, il mourut à Gonnesse, le 10 juillet de la même année.

Il était fils de Louis du Plessis, seigneur de Richelieu, lieutenant de cinquante hommes d'armes des ordonnances du Roi et de Françoise de Rochechouart.

 

 


 

Famille de Beauvau : Généalogie, son origine au service des Rois de France

Beauvau, maison illustre et ancienne, originaire d'Anjou, dit La Chesnaye-Desbois qui fait partie du marquisat de Jarzé. La haute baronnie de BEAUVAU, anciennement Beauval, était située au pays et duché d'Anjou, à six lieues d'Angers et à trois de Baugé.....

 

Beauvau (Gabriel de),

chevalier, seigneur du Rivau, de la Beschère, de la Bessière, et baron de St-Gatien, gentilhomme ordinaire de la chambre du roi, l'un des écuyers de son écurie et capitaine de la Forêt de Chinon, reçut l'accolade de chevalier à la bataille de Saint-Denis, en 1567, des mains du connétable de Montmorency mourant, en récompense des belles actions qu'il y avait faites, et fut reçu en 1568 chevalier de l'ordre du Roi par Monseigneur le prince dauphin, chevalier dudit ordre. Il s'était signalé précédemment dans les guerres du règne d'Henri II. On lit dans un compte de l'Épargne que le duc de Montpensier le députa à Vincennes vers le roi Charles IX au mois de mai 1574.

Il avait épousé : 1° le 8 février 1588 Marguerite Foucauld, fille de Pierre seigneur de la Salle, et d'Antoinette Gourjault ; 2° Françoise du Fresne, fille de René, baron du Vaux, et de Marguerite de la Mothe ; et 3° Françoise de la Jaille. Il mourut avant 1588 (Beauchet-Filleau, Dict. des fam. du Poitou, 2e éd., t. I, p. 393).

Il était fils d'Antoine de Beauvau, chevalier, seigneur du Rivau, baron de Saint-Gatien, et de Jacqueline de la Motte des Aulnais. (La Mothe-Baracé ; Beauchet-Filleau). 

Ses armes : l'écu en bannière, d'argent à 4 lions de gueules cantonnés, couronnés, langues et onglés d'or. (Bibl. Nat., Cab. des Titres, 1040, p. 622.)

 

 

Beauvau (Jacques de),

seigneur de Tigny et de Ternay, servit dès l'an 1562 et commandait un corps de troupes dans le parti du prince de Condé. Il est rappelé avec la qualité de chevalier de l'ordre du Roi dans un acte du 15 janvier 1583, postérieur à sa mort 5 (Titres de la maison de Juppilles de Moulins). 5 Il avait épousé : 1° Anne de Plessis, fille de Charles, seigneur de la Bourgonnière, et de Louise Montfaucon, et 2° Marguerite Bigot, fille de Charles, seigneur d'Islay (Beauchet-Filleau, Dict. des fam. du Poitou, 2e éd., t. I, p. 392).

 

Il avait épousé Marguerite de Monteux de Miribel (Beauchet-Filleau, Dict. des fam. du Poitou, 2e éd. t, I, p. 365).

Il était fils de Jacques de Beauvau, seigneur de Tigny, et d'Anne d'Espinay. ( Bibl. Nat., Cab. des Titres, 1041, p. 1574. )

 

Beauvau (André de),

seigneur de Pimpéan, fut condamné à mort en 1579, lors de la tenue des Grands Jours à Poitiers, d'après M. de Thou, qui en parle comme d'un homme dérangé qui avait été un des principaux ministres dont Bussy s'était servi pour piller la province. On le trouve qualifié chevalier de l'ordre du Roi, dans un acte du 30 septembre 1579 (Original, titres de la maison Le Clerc de Juigné).

Il était fils de René de Beauvau, seigneur de Pimpéan, et d'Olive Le Masson. (2 Bibl. Nat., Cab. des Titres, 1842, p. 226. )

 

Beauvau (Claude de),

seigneur de Tigny et de Ternay qualifié chevalier de l'ordre du Roi dans un ordre du 15 avril 1596 (Original, titres de la maison de Jupilles de Moulins).

Ayant assassiné Jacques d'Arsac, chev. seigneur du Chesne, il fut poursuivi à, la requête de Mathurine Le Riche, épouse de sa victime, et condamné à mort par contumace par le prévôt des maréchaux de Thouars, le 16 septembre 1578, sentence qui fut confirmée par un arrêt des Grands Jours de Poitiers du 30 octobre 1579. Mais Claude n'ayant pu être arrêté, la terre de Ternay, confisquée sur lui et les siens, passa aux descendants de Jacques d'Arsac, qui la possèdent encore aujourd'hui. Il avait épousé Anne de Chézelle, fille de Charles, seigneur de Nueil-sous-Faye, et de Philomène de Cussé (Beauchet-Filleau, Dict. des fam. du Poitou, 2e éd., t. I, p. 392).

Il était fils de Jacques de Beauvau, sgr de Tigny, chevalier de l'ordre du Roi, et d'Anne du Plessis de Bourgonnière.

 

Beauvau (René de),

baron de Roltay ou de Rorté, seigneur de Mérigny, capitaine de cent chevau-légers au service du roi, était page d'honneur du marquis de Pont-à-Mousson dès l'an 1573. On le trouve qualifié chevalier de l'ordre du Roi sur l'épitaphe de Guillemette des Salles, son épouse, morte en 1607. Cette épitaphe est dans l'église paroissiale d'Ugny.

Il était fils d'Adolphe de Beauvau, baron de Roltay, et de Madeleine d'Espence (1 Bibl. Nat, Cab. des Titres, 1043, p. 426. )

 

 Beauvau (Jacques de),

marquis du Rivau, baron de Saint-Gatien, seigneur de la Bessière et de la Gaudrée, conseiller d'État d'épée, gentilhomme ordinaire de la chambre du roi capitaine de la compagnie d'hommes d'armes de ses ordonnances sous le titre de la Reine-Mère, lieutenant général au gouvernement du Haut-Poitou et gouverneur de Châtellerault charge dont il se démit en faveur du vicomte de Paulmy, avait été élevé à la cour d'Henry IV. On le trouve cité avec la qualité de Chevalier de l'ordre du Roi dans un acte du 18 février 1612 (Original bibliothèque du juge d'armes de France.

Il avait épousé 1° Renée d'Apchon, fille de Charles et de Louise de Chàtillon d'Argenton ; 2° Isabeau de Clermont, fille de Charles-Henri, comte de Tonnerre, et de Catherine-Marie d'Escoubleau (Beauchet-Filleau, Dict. des fam. du Poitou, 2e éd., t. I, p. 393).

Il était fils de Jacques de Beauvau, baron du Rivau et de Françoise Le Picart (Bibl. Nat., Cab. des Titres, 1044, p. 20.)

 

Beauvau (Jacques de),

baron de Saint-Gatien, marquis de Beauvau du Rivau par lettres patentes du 14 juillet 1664, maréchal de camp, capitaine colonel des gardes suisses du corps de S. A. S. Monseigneur le duc d'Orléans, oncle de S.M., fut reçu chevalier de l'ordre du Roi, le 25 janvier 1665, dans l'église des Cordeliers à Paris, par le marquis de Sourdis, chevalier des ordres du Roi.

Il avait épousé Marie ou Diane de Campet, fille de Samuel-Eusèbe, baron de Saujon, et de Marthe Viau de Chanlivau il mourut en 1702 (Beauchet-Filleau, Dict. des fam. du Poitou, 2e éd., t. I, p. 393).

Il était fils de Jacques de Beauvau, marquis du Rivau, baron de Saint-Gatien, chevalier de l'ordre du Roi, et de dame Isabeau de Clermont (Beauchet-Filleau, Dict. des fam. du Poitou, 2e éd. t I, p. 393) — Bibl. Nat.,Cab. des Titres, 1044 p , 523.

 

 


 

La Trémoïlle (Georges de),

seigneur de Craon, de Jonvelle, de Rochefort et de l'Isle-Bouchard, comte de Ligny, premier chambellan héréditaire et gouverneur de Bourgogne, lieutenant général pour le Roi, au gouvernement de Champagne et de Brie, se rendit célèbre dans l'histoire, sous le nom de sgr de Craon ; homme fier, disent les historiens, et qui avait une grande autorité sur les troupes. Il assista à l'assemblée des Etats-Généraux, tenus à Tours, en 1467, et se trouva l'année suivante, à la prise de Liège. Il fut nommé chevalier de l'Ordre du Roi, le 1er août 1469. Louis XI l'établit en 1473 son lieutenant général au gouvernement de Champagne et de Brie, lui fit don du comté de Ligny, au mois de janvier 1475 et le donna, en 1477, pour lieutenant et surveillant au prince d'Orange dont la cour avait à se méfier ; depuis, il obtint le gouvernement de Bourgogne, assiégea Dijon et s'en empara; mais, ayant été obligé de lever le siège de Dôle, il y fut battu. Cet échec lui fit perdre les bonnes grâces du Roi, qui lui ôta le gouvernement de Bourgogne, et, s'étant retiré dans l'une de ses terres, il y mourut en 1491.

Il avait épousé Marie de Montauban, veuve de Louis de Rohan, sgr de Guémené, baron de Guié, fille de Jean, baron de Montauban, maréchal de Bretagne et amiral de France, et de Jeanne de Kerenrais (Beauchet-Filleau, Dict. des Fam. du Poitou, 1re éd. t. II, p. 751). 2 Bibl. Nat,, Cab. des Titres, 1038, p. 26.

Il était fils de Georges, sire de la Trémoïlle, grand chambellan et grand maistre des eaux et forêts de France, premier ministre du roi Charles VII, lieutenant général des duché de Bourgogne et comté d'Auxerre, et de Catherine de l'Isle-Bouchard 2.

Ses armes : Ecartelé au 1 et au 4 : d'or, au chevron de gueules, accompagné de trois aiglettes d'azur, becquées et membrées de gueules ; au 2 et au 3 ; d'argent, à un aigle de gueules à deux têtes, membre d'or.

 

La Trémoïlle (Louis de),

sire de la Trémoïlle, vicomte de Thouars, prince de Talmond, comte de Guines et de Bénon, baron de Sully, de Craon et de Montaigu, de Mauléon et de l'Isle-Bouchard, des Iles de Ré, de Rochefort et de Marans, premier chambellan du Roi, son lieutenant-général en Poitou, en Angoumois, en Saintonge, dans le pays d'Aunis, en Anjou et en Bretagne, amiral de Guyenne et de Bretagne, ambassadeur à Rome et vers le Roi des Romains, gouverneur de Bourgogne et capitaine du Château de Nantes, né, le 20 septembre 1460, fut élevé enfant d'honneur du roi Louis XI, et se rendit digne par une suite continuelle d'actions éclatantes du glorieux titre de chevalier sans reproche.

Guichardin, en parle comme du premier capitaine du monde et Paul Sove, dit qu'il fut la gloire de son siècle et l'ornement de la Monarchie Française. Il assista, en 1484, aux Etats-Généraux de Tours, et fut nommé, en la même année, général de l'armée du Roi contre François, duc de Bretagne qui avait donné retraite, dans ses États, à Louis, duc d'Orléans. Ce seigneur, qui n'était encore âgé que de vingt-quatre ans, et s'était déjà acquis une grande réputation dans les armes, fit un traité, avec ce dernier prince, à condition qu'il congédierait ses troupes. La dame de Beaujeu qui avait su apprécier son mérite, dans le dessein de l'engager à rester constamment attaché aux intérêts du Roi, l'avait marié, depuis peu, avec Gabrielle de Bourbon, fille du comte de Montpensier, en lui faisant de très grands avantages.

Le sire de la Trémoïlle, encouragé de plus en plus par les bienfaits de son maître et animé d'ailleurs du plus grand zèle pour son service continua de se signaler en plusieurs rencontres. Il gagna la bataille de Saint-Aubin-du-Cormier, en 1488, et fit prisonnier le prince d'Orange et le duc d'Orléans qui avaient pris encore depuis peu, les armes contre le Roi. Il en usa envers ces deux princes avec sa politesse ordinaire ; mais, il ne laissa pas de leur causer une grande frayeur. Comme ils étaient le soir tous trois à table, deux cordeliers entrèrent dans la salle et dirent à ce général qu'ils venaient d'après ses ordres confesser les prisonniers. Ces deux princes s'imaginèrent que leur arrêt était prononcé et qu'on allait leur couper la tête. Le sire de la Trémoïlle, ayant jugé de leur embarras par leur contenance, les prévint aussitôt que cela ne les regardait pas, mais qu'il ferait seulement un exemple sur quelques particuliers qui avaient été pris les armes à la main contre leur prince. Il leur fit en effet trancher la tête. M. de la Trémoïlle, continuant ses exploits, s'empara en la même année de Dinan et de Saint-Malo, il fut envoyé ensuite comme ambassadeur vers Maximilien, roi des Romains et près le pape Alexandre VI, pour les disposer à favoriser le passage du Roi en Italie. Il, contribua beaucoup à la réunion de la Bretagne à la couronne, par le mariage qu'il négocia, de la duchesse Anne de Bretagne avec ce Monarque ; souscrivit à la ratification du traité de paix, fait à Nantes, entre les rois de France et d'Angleterre, en 1493, se trouva à l'expédition de Naples, en 1494, et à la bataille de Fornoue, en 1495 et fut pourvu quelque temps après de la charge de lieutenant-général des provinces de Poitou, de Saintonge, d'Angoumois, d'Aunis, d'Anjou et des Marches de Bretagne.

Il fut nommé chevalier de l'Ordre de Saint-Michel par le roi Charles VIII, qui, en conséquence, le qualifie chevalier de son Ordre et son cher et féal cousin, dans une lettre du 21 août 1498. (Histoire de Bretagne, par dom Taillandier, Paris, 1756). On conserve aussi, à la bibliothèque du Roi, son portrait, où il est représenté avec le collier de l'Ordre de Saint-Michel au cou, et ses armes en sont également entourées. A la mort de Charles VIII, il exerça la charge de Grand-Chambellan, aux obsèques de ce prince. Louis XII étant monté sur le trône, on chercha à l'aigrir contre le sire de la Trémoïlle (1) qui l'avait fait prisonnier à la bataille de Saint-Aubin, mais ce monarque répondit : « qu'il ne convenait pas au roi de France de venger les querelles du duc d'Orléans » (2.) La Trémoille eut l'honneur de l'accompagner, à son entrée solennelle à Paris, et ce prince, l'ayant fait général de son armée d'Italie, en 1500, il se rendit maître de tout le Milanais et obligea les Vénitiens de lui remettre entre les mains le duc de Milan et le cardinal son frère qui s'étaient réfugiés chez eux.

(1)    Il avait épousé : 1°, le 9 juillet 1486, Gabrielle de Bourbon, fille de Louis comte de Montpensier et de Clermont, dauphine d'Auvergne, et de Gabrielle de la Tour. 2°, le 7 août 1517, Louise Borgia, fille de César, duc d'Urbin, de Valentinois etc., et de Coarlotte d'Albret. (Beauchet-Filleau, Dre des Fam. du Poitou, 1re éd. I. II p. 753).

(2)    Ces paroles sont rapportées ici d'une manière inexacte. Le Roi manda la Trémoïlle, le confirma dans toutes ses dignités et pensions et le pria d'être aussi loyal envers lui qu'il avait été envers son prédécesseur ; et comme la Trémoïlle voulut s'excuser de ce qui s'était passé, le roi lui dit : « qu'il n'était mémoratif des jeunesses du duc d'Orléans. » (Note communiquée par M, le duc de la Trémoïlle.)

A son retour, il fut pourvu du gouvernement de Bourgogne, de la charge d'amiral de Guyenne, en 1502, et peu après celle de Bretagne, et, le Roi lui donna à commander le corps de bataille, où il était à la journée d'Agnadel, en 1509, il fut défait et blessé au combat de Navarre, en 1513, mais il soutint pendant environ six semaines contre les Suisses le siège de Dijon qu'il les força de lever. Il se trouva, en 1515, à la bataille de Marignan, défendit ensuite la Picardie contre les forces espagnoles et anglaises, et, étant passé en Provence, il fit lever le siège de Marseille, au connétable de Bourbon, en 1523. Il accompagna François Ier, à son voyage d'Italie, et fut tué, à la bataille de Pavie, en 1525. (Bibl. Nat., Cab. des Titres, 1038, p. 95, )

Il était fils de Louis, sire de la Trémoïlle, vicomte de Thouars, prince de Talmond, et de Marguerite d'Amboise.

Ses armes : Ecartelé au 1 et au 4 : d'or, au chevron de gueules accompagné de trois aiglettes d'azur, becquées et membrées de gueules ; au 2 : d'or, semé de fleurs de lys d'azur, au franc quartier de gueules ; au 3 : lozangé d'or et de sable ; et sur le tout de gueules à 2 léopards d'or.

 

La Trémoïlle (François de),

vicomte de Thouars, prince de Talmond, comte de Guines, de Taillebourg et de Benon, baron de Craon et de Sully, de Royan, de l'Isle-Bouchard et de Mauléon, sgr des îles de Ré, de Marans, de Rochefort, de Brandois, de Mareuil, de Saint-Hermine et de Doué, lieutenant général au gouvernement de Saintonge, de Poitou et de La Rochelle, est qualifié chevalier de l'Ordre du Roi et haut et puissant seigneur, Monseigneur, dans un titre du 4 juin 1527. (Original, Titres de MM. Jousbert de Rochetemer).

L'historien des Grands officiers de la Couronne dit qu'il fut fait chevalier de l'Ordre du Roi, le 29 septembre 1517, mais, il a confondu son admission dans cet Ordre, avec son assistance comme chevalier au chapitre de cet Ordre, tenu le même jour, à sainte Cornille de Compiègne. (Manuscrit de M. de Gaignières sur cet Ordre, Bibliothèque du roi). Au surplus, ce ne pouvait être que depuis très peu de temps qu'il avait été admis dans cet ordre, car, à l'époque de 1527, il n'était âgé que de vingt-deux ans (1) et il n'était guère possible d'en être plus tôt décoré (2). Il se trouva, en 1525, à la bataille de Pavie, où il fut fait prisonnier, et après avoir payé sa rançon, il retourna en Italie, au service sous M. de Lautrec, en 1528, reçut à Poitiers l'empereur Charles V, en 1539, lorsqu'il passa en France et mourut à son château de Thouars, le 7 janvier 1541, à l'âge de trente-six ans (3).

1 Il avait alors épousé le 23 février 1521, Anne de Laval, fille de Guy XVI, comte de Laval, etc., et de Charlotte d'Aragon, princesse de Tarente. (Beauchet-Filleau, Dict. desFam. du Poitou, 1e édit. t. II, p. 753).

2 Il avait alors 25 ans.

3 Bibl. Nat., Cab. des Titres, 1039, p. 101

 

Il était fils de Charles de la Trémoïlle, prince de Talmond et de Mortagne, comte de Taillebourg, gouverneur de Bourgogne, et de Louise de Coëtivy.

 Ses armes : Coupé au 1er du chef, d'or, au chevron de gueules accompagné de 3 aiglettes d'azur, becquées et membrées de gueules, deux en chef et une en pointe ; au 2 : d'azur, à trois fleurs de lys d'or posées deux et une et un bâton de gueules péri en bande ; au 3 : fascé d'or et de sable, au 4 : d'azur, à 3 fleurs de lys d'or posées deux et une et un lambel de trois pendants d'argent, en chef ; au 5 et 1re de la pointe, d'or, semé de fleurs de lys d'azur et un franc quartier de gueules ; au 6 : lozangé d'or et de gueules ; au 1 : d'argent, à une givre d'azur ondée en pal et avalant un enfant de gueules ; au 8 : fascé d'or et de sable.

 

La Trémoïlle (Georges de),

seigneur de Craon, de Jonvelle, de Dracy, premier chambellan héréditaire et lieutenant général au gouvernement de Bourgogne, accompagna le roi Louis XII, à son entrée triomphante dans Gênes, en 1502, défendit la ville de Dijon, assiégée par les suisses ; se trouva au traité de neutralité du duché et comté de Bourgogne, fait, à Saint-Jean-de-Lône, entre François Ier et l'archiduchesse Marguerite d'Autriche, douairière de Savoie, le 8 juillet 1522, et mourut, le 6 mai 1526.

Il avait épousé : Madeleine d'Azay, fille de François, sgr dudit lieu. (Beau-chet-Filleau, Dict. des Fam. du Poitou. 1re édit. t. II, p. 751).

On le trouve qualifié chevalier de l'Ordre du Roi et haut et puissant seigneur, sur son épitaphe qui est dans l'église de Dracy, près d'Autun. De plus, on lui trouve la qualité de chevalier de l'Ordre de Saint-Michel, dans un catalogue des grands maîtres de France, imprimé à Paris, en 1580, où il est compris, mal à propos, comme ayant été pourvu de cette dignité. Il y est dit aussi qu'il était homme de grande sévérité, prudence et magnanimité. (Bibl. Nat., Cab. des Titres, 1039, p. 288.)

Il était fils de Louis, sire de la Trémoïlle, prince de Talmond, et de Marguerite d'Amboise. Ses armes, comme ci-devant.

 

La Trémoïlle (Louis de),

sire de la Trémoïlle, duc de Thouars, Prince de Tarente et de Talmond, comte de Taillebourg, de Guines et de Benon, baron de Sully, de Graon, de l'Isle-Bouchard, de Berrye, de Montaigu, de Mauléon, de Saint-Hermine, de la Chaize-le-Vicomte, de Doué, et Didonne, seigneur des Iles-de-Ré, de Marans et de Noirmoutier, gentilhomme ordinaire de la chambre du Roi, capitaine de cinquante hommes d'armes de ses ordonnances, gouverneur de Poitou, de Saintonge et de La Rochelle, né, en 1521, entra au service dès l'âge de dix ans et fut l'un des seigneurs qui assistèrent, en 1530, au couronnement de la reine Eléonore d'Autriche et qui accompagnèrent le Dauphin, au voyage de Perpignan, en 1542. Il servit en Picardie, contre les Anglais, sous les ordres du Maréchal de Biez, passa en Angleterre, comme otage du traité fait à Boulogne, en 1549, entre Henri II et Edouard VI, roi d'Angleterre, était pourvu, dès 1550, et encore en 1558, d'une charge de gentilhomme de la chambre et fut nommé chevalier de l'Ordre du Roi, dans le chapitre de cet Ordre, tenu, à Poissy, à la saint Michel 1560. On lit en conséquence, dans un compte du trésorier de cet ordre, que le 29 décembre de cette année, il fut délivré un grand collier de l'Ordre, à messire Louis de la Trémoïlle, prince de Talmond, comte de Guynes auquel le Roi en avait fait don, en le faisant et créant chevalier de son Ordre. (Original, Chambre des Comptes de Paris). Il servit aussi dans les guerres d'Italie et se trouva à la prise et à l'assaut de Vulpian, en 1551. Les services importants qu'il rendit à l'État lui méritèrent de Charles IX, au mois de juillet 1563, des lettres d'érection du vicomté de Thouars en duché, et ce monarque lui donna, en 1564, le commandement des pays situés sur la rivière de Loire, pour chasser les hérétiques des villes qu'ils y occupaient.

Il avait épousé : le 29 juin 1549, Jeanne de Montmorency, dame d'honneur de la Reine Elisabeth d'Autriche, et fille d'Anne, duo et Pair, grand-maître et Connétable de France, etc., et de Madeleine de Savoie, (Beauchet-Filleau, Dict. des Fam. du Poitou ; 1re éd. I. II. p. 754).

 

 En 1575, le duc de Thouars qui passait pour le plus puissant seigneur du Poitou, irrité contre les huguenots, à raison des ravages qu'ils avaient faits sur ses terres, en toutes rencontres, et qui de plus, était fort mal avec le comte du Lude, gouverneur de cette province, se laissa gagner par la maison de Guise et engagea dans le parti de la Ligue quantité de noblesse de Poitou et de Touraine. L'année suivante, le Roi le nomma lieutenant-général de son armée en Poitou, où il prit quelques places sur les rebelles. Le 11 février 1577. S. M. lui accorda une gratification de 2010, en récompense de ses services, et il mourut de la goutte, au siège de Mesle, le 15 du mois suivant.  (Bibl. Nat., Cab. des Titres, 1039, p. 605,)

Il était fils de François, sire de la Trémoïlle, chevalier de l'Ordre du Roi, et d'Anne de Laval.

Ses armes : Coupé au 1er en chef : d'or, au chevron de gueules, accompagné de trois aiglettes d'azur, becquées et membrées de gueules ; au 2 : d'azur, à trois fleurs de lys d'or, posées deux et une et un bâton péri en bande ; au 3 : fascé d'or et de sable de six pièces ; au 4 : d'azur, à 3 fleurs de lys d'or, posées deux et une et un lambel de trois pendants d'argent en chef ; au 1er de la pointe : d'argent, à une givre d'azur issante de gueules et couronnée d'or ; au 2 : d'or à la croix de gueules, chargée de cinq coquilles d'argent et cantonnée de seize aliénons d'azur ; au 3 : d'or, semé de fleurs de lys d'azur et un franc quartier de gueules ; au 4 : lozangé d'or et de gueules.

 

La Trémoïlle (Georges de),

baron de Royan et d'Olonne, seigneur de Saujon et de Kergourlay, capitaine du château de Poitiers et sénéchal du Poitou, servait, en 1568, dans le parti du Roi contre les réligionnaires, assista aux États de Blois de 1577, et mourut à Poitiers, au mois de décembre 1584. Il avait été nommé, peu de temps avant sa mort, grand sénéchal du Poitou Il avait épousé : Madeleine de Luxembourg, fille de François, vicomte de Martigues, et de Charlotte de Bretagne. (Beauchet-Filleau, Dict. des Fam, du Poitou, 1re éd. t. II, p. 757). 2 Bibl. Nat,, Cab. des Titres,1042, p. 470.

On le trouve qualifié chevalier de l'Ordre du Roi, dans le IVe volume des Grands officiers de la Couronne, article de cette maison.

Il était fils de François de la Trémoïlle, vicomte de Thouars prince de Talmond, chevalier de l'Ordre du Roi, et d'Anne de Laval.

Ses armes : Parti de deux coupé d'un : au 1er : d'or, au chevron de gueules, accompagné de trois aiglettes, d'azur, becquées et membres de gueules, deux en chef et une pointe ; au 2 : d'azur-, à trois fleurs de lys d'or, posées deux et une, et un bâton de gueules en abîme péri en bande ; au 3 : fascé d'or et de sable de six pièces ; au 4 : en 1er de la pointe : d'argent, à la givre d'azur, couronnée d'or, issante de gueules ; au 2 : d'or, et la croix de gueules chargée de cinq coquilles d'argent et cantonnée de seize alérions d'azur ; au 3 et dernier : d'azur, à 3 fleurs de lys d'or posées deux et une et un lambel d'argent de trois pendants en chef.

 

La Trémoïlle (Gilbert de),

marquis de Royan, comte d'Olonne, conseiller d'Etat d'Epée, sénéchal de Poitou et capitaine de la première compagnie des cent gentilshommes de la maison du Roi, par provisions du 10 mai 1597, doit être le cinquième de Royan compris dans l'état des gentilshommes ordinaires de la chambre du Roi portant de la clef d'or, de l'an 1586.

Il fut en grande considération, sous le règne d'Henri IV qui érigea en marquisat sa baronnie de Royan, en 1592, et en comté sa terre d'Olonne, au mois de janvier 1600 et lui accorda une gratification de mille écus, le 8 septembre 1594 et une pension de 2000, le 13 juillet 1601. Il fut créé chevalier du Saint-Esprit, en 1567. Il avait épousé : Anne Hurault, fille de Philippe, comte de Chiverni, chancelier de France, et d'Anne de Thou, le 12 septembre 1592. (Beauchet-Filleau, Dre des Fam. du Poitou, 1re éd. t. II, p. 757).

On le trouve qualifié chevalier de l'Ordre du Roi, dans un acte du 22 mai 1593. (Titres de MM. de Fénieux de Bioussac). Il mourut, à son château d'Aspremont, le 15 juillet 1603. (Bibl. Nat., Cab. des Titres, 1043, p. 64.)

Il était fils de Georges de la Trémoïlle, baron de Royan et d'Olonne, chevalier de l'Ordre du Roi, et de Madeleine de Luxembourg.

Ses armes : Parti de trois, coupé d'un, qui font huit quartiers, quatre en chef et quatre en pointe. Au 1re du chef : d'azur, à 3 trois fleurs de lys d'or posées deux et une et un lambel d'argent de trois pendants en chef ; au 2 : d'argent, à la givre d'azur couronnée d'or, issante de gueules ; au 3 : d'azur, à trois fleurs de lys d'or posées deux et une et un bâton de gueules en abîme ; au 4 : d'hermines, à la bordure de gueules ; au 5e et 1erde la pointe : de gueules, à une croix d'argent ; au 2 : d'argent, au lion de gueules, la (queue nouée, fourchée et passée en sautoir, armé et couronné d'or, langué d'azur et chargé d'une croix sur l'épaule ; au 3 ; fascé d'or et de sable de six pièces ; au 4 : d'or, à la croix de gueules chargée de cinq coquilles d'argent et cantonnée de seize alérions d'azur, et sur le tout, d'or, au chevron de gueules, accompagnée de trois aiglettes d'azur, becquées et membrées de gueules, deux en chef et une en pointe.

 

La Trémoïlle (Louis de),

marquis de Noirmoutier, baron de Châteauneuf et de Samblançay, seigneur de la Roche d'Iré, de la Carte et de la Ferté Milon, conseiller d'Etat d'Epée, capitaine de cinquante hommes d'armes des ordonnances du Roi et son lieutenant général au gouvernement du haut et du bas Poitou, par lettres du 15 juin 1613 ; obtint de plus, le 18 du même mois, de nouvelles lettres pour commander, à Poitiers, pendant l'absence des ducs de Sully et de Roannois, dans lesquelles le Roi lui donne le titre de cousin. Il est qualifié, chevalier de l'Ordre du Roi, dans son contrat de mariage, du 13 mars 1610, avec Lucrèce Bouhier. (Titres de cette Maison).

Il avait épousé, le 13 mars 1610, Lucrèce Bouhier, fille de Vincent, sgr de Beaumarchais, trésorier de l'épargne, et de Marie d'Hotman. (Beauchet-Filleau, Dict. des Fam. du Poitou, 1re éd. t. Il, p. 758).

 Il mourut à Paris, le 24 septembre suivant, âgé de 27 ans, Il était fils de François de la Trémoïlle, marquis de Noirmoutier, chevalier de l'Ordre du Roi, et de Charlotte de Beaune, dame d'atours de la Reine. Ses armes, comme ci-devant.

 

La Trémoïlle (François de),

marquis de Noirmoutier, baron de Châteauneuf et de Samblançay, seigneur de Mornac, de Montaigu, de Baron, de Mareuil, de Craon, de la Ferté-Milon et de la Roche-d'Iré, gentilhomme ordinaire de la Chambre du roi Henri III, portant la clef d'or et capitaine de cinquante hommes d'armes de ses ordonnances, obtint de ce monarque, au mois d'octobre 1584, des lettres d'érection en marquisat, de sa baronnie de Noirmoutier, qu'il défendit, en 1588, et servait, en 1592, dans l'armée commandée par le prince de Conty, destinée à réduire les provinces du Poitou, d'Anjou, et de Berry.

Il avait épousé : le 18 octobre 1584, Charlotte de Beaune, dame d'atours de Catherine de Médicis, fille de Jacques, baron de Semblançay et de Gabrielle de Sade, veuve de Simon Fizes, baron de Sauve, secrétaire d'Etat. (Beauchet-Filleau, Dict, des Fam. du Poitou, 1*« éd. t. II, p. 758).

On le trouve rappelé avec la qualité de chevalier de l'Ordre du Roi, dans un acte du 13 mars 1610, postérieur à sa mort, (Titres de cette Maison,) et dans le IVe volume de l'histoire des Grands officiers de la Couronne, article de cette maison, page 176. Il mourut, au mois de février 1608. (Bibl. Nat., Cab. des Titres, 1043, p. 376. )

Il était fils de Claude de la Trémoïlle, baron de Noirmoutier, et d'Antoinette de la Tour Landry. Ses armes, comme ci-devant.

 

La Trémoïlle (François, bâtard de),

baron de Bournezeau, sgr de Moulinfrou, gentilhomme ordinaire de la Chambre du Roi, est qualifié chevalier de l'Ordre du Roi, dans un acte un du 18 octobre 1581. (Titres de la Maison de Cugnac d'Imonville).

Il était fils naturel de Louis de la Trémoïlle, duc de Thouars, prince de Talmond, chevalier de l'Ordre du Roi. Armes simples de la maison de la Trémoïlle.

 


 

L'ordre de Saint-Michel - Ordre de Chevalerie <==

 


 

 

TABLE DES MATIÈRES

Alloue, (François d'),7
Aloigny, (Antoine d'), 5
Aloigny, (François d'), 6
Aloigny, (Guy d'), 6
Ancelon, (François),8
Appelvoisin (Charles d'), 9
Appelvoisin, (Antoine d'), 8
Aubéry, (Maximilien), 11
Aubéry, (Robert), 11
Aubigné, (Claude d'), 14
Aubigné, (Claude d'),11
Aubigné, (François d'), 14
Aubigné, (Jacques d'), 12
Aubigné, (Jacques d'), 13
Aubigné, (Jean d'), 12
Aubigné, (Théodore-Agrippa d'), 13
Aubusson, (Annet d'), 14
Aubusson, (Foucaud d'), 15
Aubusson, (François d'), 15
Barbezières, (François de), 17
Barbezières, (François de), 52
Barbezières, (Geoffroy de), 17
Barbezières, (Louis de), 52
Barbezières, (Mery ou Aimeri de), 18
Barton, (François), 25
Barton, (Pierre), 24
Beaudéan (Jean de), 26
Beaumont (Louis de),26
Beaumont, (Antoine de), 28
Beaumont, (Jacques de),27
Beaumont, (Philippe de), 27
Beauvau, (André de), 30
Beauvau, (Claude de), 30
Beauvau, (Gabriel de), 29
Beauvau, (Jacques de), 29
Beauvau, (Jacques de), 31
Beauvau, (Jacques de), 31
Beauvau, (René de),30
Bellay, (Charles du), 35
Bellay, (Charles du), 37
Bellay, (Jacques du), 32
Bellay, (Jacques du), 38
Bellay, (Madelon du), 31
Bellay, (Martin du), 33
Bellay, (Martin du), 35
Bellay, (Pierre du), 33
Bellay, (René du), 32
Bellay, (René du), 34
Belleville, (Charles, baron de), 38
Bfachet, (Claude), 48
Bigot, (François), 41
Blanchefort, (Gilbert de), 41
Bois, (François du), 43
Bois, (Louis du), 42
Bois, (René du), 43
Bonchamp, (René de), 43
Bonnin, (Jean), 44
Boscher, (Antoine), 44
Bouchet, (Lancelot du), 45
Bouëx, (Gabriel du), 46
Bouëx, (Olivier du), 47
Boutou, (Philippe de), 47
Brachet, (Guy), 48
Brachet, (René),47
Breinond, (Raymond de), 50
Bremond, (Charles de), 48
Bremond, (Josias de). 49
Brettes, (Cibard de), 50
Brettes, (François de), 10
Brettes, (Jacques-François de), 51
Breuil, (Gilles du),51
Brézé, (Louis de), 52
Bridiers, (Pierre de), 53
Brillac, (Charles de), 53
Brillac, (Jean de),54
Brillac, (René de) 55
Brossin, (Georges), 56
Brossin, (Jacques),55
Brossin, (Louis),55
Bruneau, (Charles), 56
Bueil, (Louis de), 56
Buet, (Marc), 58
Cantineau (Jean), 59
Cantineau, (Jacques), 58
Carrion, (Guy), 59
Chabot, (Charles), 63
Chabot, (François). 67
Chabot, (Guy), 65
Chabot, (Jacques).68
Chabot, (Léonor), 63
Chabot, (Léonor).69
Chabot, (Paul),66
Chabot, (Philippe), 60
Chabot, Jacques), 69
Chambes, (Bernard de),71
Chambes, (Charles de),70
Chambes, (Charles de),72
Chambes, (Jean de),71
Chambes, (Philippe de),69
Chamborant, (Jean de),72
Chamborant, (Jean de),73
Chamborant, (Pierre de),72
Chapron, (Louis),73
Chasteaubriand, (Gabriel de), 75
Chasteaubriand, (Jean de),74
Chasteaubriand, (Jean de),75
Chasteaubriand, (Jeorges de),75
Chasteaubriand, (Philippe de),74
Chasteaubriand, (Pierre de), 76
Chasteauvieux, (Joachim de), 76
Chasteigner, (François), 93
Chasteigner, (François). 79
Chasteigner, (Jean), 78
Chasteigner, (Jean), 92
Chasteigner, (Jean),81
Chasteigner, (Louis), 81
Chasteigner, (Pierre de), 93
Chastelet, (Charles du),93
Chastillon, (Claude de).94
Chastillon, (Gilles de).94
Chauvelin, (Vincent), 306
Cher, (René du), 95
Collasseau, (Prosper),95
Conigan, (Antoine de), 96
Conigan, (Pierre de), 96
Coué, (Paul de), 97
Couraud (Pierre), 97
Courbon, (Charles de). 98
Courbon, (Jacques de), 97
Crussol, (Louis de), 99
Cugnac, (François de), 100
Cugnac, (Jean de), 99
Daillon, (Guy de), 103
Daillon, (Jean de), 101
Darrot, (Claude,105
Darrot, (Gabriel),104
Daviau, (François,105
Daviau, (Jacques ,106
Doineau, (Joseph),106
Eschallart, (Charles).107
Escoubleau (Jean d') 107
Escoubleau, (François d'),108
Escoubleau, (Henri d'),110
Escoubleau, (Louis d'),109
Escoubleau, (René d'),109
Escoubleau, (René d'),110
Estissac, (Louis d'),110
Fiesque, (Scipion de),112
Filleau, (Jean),112
Foucher, (Antoine),115
Foucher, (jacques),115
Fouquet, (Guillaume),116
Frézeau, (Jacques),120
Frézeau, (Philippe),118
Frottier, (François),120
Frottier, (Gaspard),121
Frottier, (Louis),122
Frottier, (Pierre),120
Fumée, (Antoine).123
Fumée, (Martin),122
Galant, (Jean, baron de), 101
Gazeau, (Pierre),123
Gillier, (Georges),125
Gillier, (Melchior),124
Gillier, (René),123
Gillier, (René),124
Gillier, (Urbain),124
Girard (Emeryde)126
Girard, (Antoine de),126
Girard, (Guillaume de),126
Girard, (Guy de),126
Girard, (René de),125
Gouffier, (Artus),127
Gouffier, (Charles-Antoine),141
Gouffier, (Claude), 131
Gouffier, (Claude),140
Gouffier, (François), 136
Gouffier, (François),134
Gouffier, (François).,141
Gouffier, (Guillaume),126
Gouffier, (Guillaume),129
Gouffier, (Henri),138
Gouffier, (Henri-Marc - Alphonse Vincent),140
Gouffier, (Joseph)139
Gouffier, (Louis-Armand),142
Gouffier, (Timoléon), ,141
Gouffier, (Timoléon),140
Goulard, (Anne),141
Goulard, (Christophe),145
Goulard, (François),142
Goulard, (Jean),143
Goulard, (Jean),145
Goulard, (Louis),143
Goulard, (Louis),144
Grignon, (Louis),148
Grignon, (Pierre),147
Grignon, (René),147
Gulant, (François de),101
Hélie, (René),152
Herbiers. (Charles des),153
Jaillard, (Jean),153
Janvre, (Philippe),154
Jay, (Jean),155
Jouslard, (Jean-Baptiste de).156
Jousseaume, (Charles),157
Jousseaume, (Eustache),157
Jousseran, (Jean de),157
La Barre, (Jean de),22
La Barre, (Jean de),23
La Barre, (Jean de).23
La Barre, (Louis de),23
La Béraudière (Marc de),40
La Béraudière, (Emmanuel-Philibert de), 41
La Béraudière, (François de).39
La Béraudière, (Gabriel de),40
La Béraudière, (René de),39
La Boucherie, (Roland de),44
La Cressonnière, (Claude de).98
La Cressonnière, (Joachim de),98
La Grézille, (Louis de),146
La Grézille, (René de),146
La Grézille. (Claude de),146
La Haye (Philippe de),151
La Haye, (Charles de),151
La Haye, (François de),149
La Haye, (Gilbert de),152
La Haye, (Joachim de),151
La Haye, (Louis de),148
La Haye, (René de),152
La Jaille, (Claude de),154
La Jaille, (Madelon de),154
La Roche-Saint André, (Gilles de),242
La Roche-Saint-André, (Mathurin de) 241
La Tijouère, (François de),269
La Touche, (François de),270
La Touche, (Gaston de),269
La Trémoïlle, (François de), 274
La Trémoïlle, (François de), 280
La Trémoïlle, (François, bâtard de). 281
La Trémoïlle, (Georges de), 275
La Trémoïlle, (Georges de), 278
La Trémoïlle, (Georges de),270
La Trémoïlle, (Gilbert de), 278
La Trémoïlle, (Louis de), 271
La Trémoïlle, (Louis de), 276
La Trémoïlle, (Louis de), 279
La Ville de Férolles, (Pierre de), 287
L'Archevêque de Parthenay, (Jean),9
Lauzon, (.Jean de),158
Laval, (Jean de), 158
Le Mastin, (Claude), 174
Le Poulchre, (François).213
Le Roux, (Charles),250
Le Roux, (Emmanuel),251
Le Roux, (Louis),249
Le Roux, (Louis),250
Le Voyer, (Jacques),303
Le Voyer, (Louis),302
Le Voyer, (Pierre),302
Légier, (Louis de),159
Lettes, (Antoine de), 160
L'Evesque, (François),111
L'Evesque, (François),111
Lezay, (René de),162
Luzignan, (François de),103
Machecoul, (René de), 103
Maillé, (Artus de),103
Maillé, (Charles de), 165
Maillé, (Charles de),167
Maillé, (Charles de),168
Maillé, (Claude de),167
Maillé, (Fiançois de).164
Maillé, (Florestan de),169
Maillé, (François de),166
Maillé, (Jacques de),168
Maillé, (Jacques de).166
Maillé, (Jean de),168
Maillé, (Louis de), 169
Maillé, (Louis de),167
Maillé, (Paul de),166
Maillé, (René de),165
Maillé, (René de),169
Marans, (Jean de),169
Marans, (Pierre de) 170
Marconnay (Jean de ) 170
Marconnay, (Charles de), 171
Marconnay, (Charles de),172
Marconnay, (Pierre de), 172
Martel, (Charles),172
Martel, (François),173
Martel, (Hardouin),173
Martel, (Léonor),173
Martel, (Olivier),173
Maynard, (Christophe),175
Mesnard, (David),175
Mesnard, (François),175
Messemé, (Henry de), 176
Messemé, (Henry de)176
Messemé, (Jacques de),175
Meulles, (Pierre de), 176
Monstiers, (Euzèbe des), 176
Monstiers, (Jean des), 178
Montalembert, (André de), 178
Montalembert, (Christophe de). 184
Montauzier, (Jean de), 185
Montauzier, (Timoléon de), 185
Montberon, (Charles de), 188
Montberon, (Hector de), 188
Montberon, (Jacques de), 186
Montberon, (Jean de),188
Montberon, (Louis de), 187
Montberon, (Louis de), 187
Montberon, (Louis de),187
Morais, (Jacques de). 189
Morais, (Jean de), 189
Morais, (Urbain de),190
Moulins. (Louis de).190
Nossay, (Charles de).191
Nuchèze, (Geoffroy de),191
Nuchèze, (Honorât de),194
Nuchèze, (Jean de),193
Nuchèze, (Jean-Jacques de),193
Nuchèze, (Louis de),192
Nuchèze, Jean de),193
Pérusse, (Charles de),200
Pérusse, (Charles),201
Pérusse, (François),194
Pérusse, (Jacques de),199
Pérusse, (Jacques de),199
Pérusse, (Jean),196
Pérusse, (Léonard),201
Pidoux, (Pierre),201
Pierres, (Charles),203
Pierres, (Guy),204
Pierres, (Jean),204
Pierres, (René),202
Pierres, (Yvon),202
Plantis, (Claude du),205
Plantis, (Gilles du),204
Plantis, (Jacques du),204
Plantis, (Pierre du),205
Plessis, (Antoine du),205
Plessis, (François du),207
Plessis, (François du),208
Poictevin, (Antoine),210
Pons, (Antoine de),210
Pons, (François de),211
Pons, (Jean de),212
Poussart, (Charles),213
Poussart, (François),214
Pouthe, (Jean),214
Prévost, (Jean),220
Prévost, (Louis),215
Prez, (Melchior des),221
Puy, (Claude du),223
Puy-du-Fou, (Eusèbe du),225
Puy-du-Fou, (François du),224
Puy-du-Fou, (Gilbert du),225
Puy-du-Fou, (René du),224
Puy-du-Fou, (René du),226
Rabaines, (Paul de),226
Razilly, (Charles de),227
Razilly, (Gabriel de),226
Rechignevoisin, (Jean de),227
Rivau, (Antoine du),231
Rivau, (René du),230
Rivau, (René du),231
Robineau, (François),231
Rochechouart, (Antoine de),232
Rochechouart, (Charles de),236
Rochechouart, (François de),235
Rochechouart, (François de),236
Rochechouart, (Gabriel de),239
Rochechouart, (Gaspard de),239
Rochechouart, (Guillaume de),233
Rochechouart, (Guy de),237
Rochechouart, (Jacques de),237
Rochechouart, (Jean de),239
Rochechouart, (Jean de),241
Rochechouart, (Jean-Louis de),240
Rochechouart, (Louis de),234
Rochechouart, (Louis de),237
Rochechouart, (Louis de),238
Rochechouart, (Louis de),238.
Rochechouart, (Louis de),239
Rochechouart, (Philippe de),238
Rochechouart, (Philippe de)240
Rochechouart, (René de),234
Rogier, (François),242
Rogier, (N... de),242
Roirand, (Jean),242
Roirand, (René),242
Rouault, (Charles),246
Rouault, (Joachim),243
Rouault, (Nicolas),246
Rouault, (Nicolas),249
Rouault, (Thibaut),245
Saint-Gelais de Lusignan, (Guy de)254
Saint-Gelais, (Alexandre de),251
Saint-Georges, (Amable de),258
Saint-Georges, (Joachim de),258
Saint-Georges, (N.... de),.259
Saint-Georges, (Philippe de),259
Sanzay, (Alexandre de),264
Sanzay, (Anne de),262
Sanzay, (Charles de),261
Sanzay, (Charles de),263
Sanzay, (Charles de).263
Sanzay, (Christophle de),261
Sanzay, (René de),259
Sanzay, (René de),260
Sanzay, (René de).262
St-Gelais de Lusignan, (Artus de),257
St-Gelais de Lusignan, (Charlesde),256
St-Gelais de Lusignan, (Louis de),251
St-Gelais de Lusignan, (Louis de),256
Suzannet, (Moïse),264
Taveau, (François).264
Taveau, (Gaspard),265
Taveau, (Philibert,),264
Taveau, (Pierre),265
Tiercelin, (Adrien),267
Tiercelin, (Charles),265
Tiercelin, (Jacques),268
Tiercelin, (Jacques),269
Turpin, (Charles),281
Turpin, (Charles),282
Turpin, (Charles),283
Turpin, (Charles),284
Turpin, (Jacqnes),284
Turpin, (Louis),283
Turpin, (Louis),285
Turpin, (Moïse),284
Turpin, (René),283
Turpin, (Urbain),283
Varie, (Guillaume de).285
Varie, (Jean de),285
Vaucelles, (François de),286
Vaucelles, (François de),286
Vaucelles, (Pierre de).285
Vergier, (Louis du),287
Villequier, (Claude de),200
Villequier, (Georges de).291
Villequier, (Jean-Baptiste de),288
Villequier, (René de),288
Vivonne, (André de),296
Vivonne, (Charles de),293
Vivonne, (Jean de),294
Vivonne, (René de),296
Volvire, (François de),296
Volvire, (Henry de),301
Volvire, (Louis de).301
Volvire, (Philippe de),297
Volvire, (René de),300
Ysoré, (Antoine),305
Ysoré, (François),304
Ysoré, (Honorat),305
Ysoré, (René),304
Ysoré, (René),305

 

Chevaliers de l'Ordre du Roi, dit de Saint-Michel, cites par quelques auteurs et connus par plusieurs manuscrits et mémoires depuis le règne de Charles IX, jusqu'à, celui de Louis XIV, mais que l'on n'a pas pu employer sous ces différents règnes, leur qualité de chevalier, n'étant point suffisamment constatée, p. 308.

Aloigny, (Galehaut d').308
Beauvau, (Antoine de).308
Bouex, (Charles de),308
Bridiers, (Jacques de).309
Chabot, (Robert1),309
Courbon, (Jean-Louis de).309
Doineau, (Philippe),309
Le Mastin, (Charles),310
Nuchèze, (Pierre de),310
Pontlevoy, (Louis de),310
Puyguion.. (René de),310
Rochechouart, (Claude de),311
Rogier, (Yves),311
Saint-Gelais, (Alexandre de),311
Sauvestre, (François),311
Tiercelin, (Adrien), 311
Turpin, (Guillaume), 312
Villequier, (Jean Baptiste), 313

 

 

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16 avril 2019

Fortification de Pictavia, Poitiers capitale des Pictons.

Pictavia Vulgo Poitiers 1596

La ville de Poitiers doit à Henri II et à Aliénor la construction de sa grande enceinte de fortification, sans qu'on puisse préciser la date à laquelle elle fut entreprise. D'ailleurs le travail dut être long, car la nouvelle muraille embrassait le promontoire entier sur lequel est bâtie la ville. Elle côtoyait au levant et au nord le Clain, en se reliant au château, au couchant les étangs de Montierneuf et de Saint-Hilaire. Du côté du midi, elle était appuyée par un large fossé ou tranchée; où s'ouvrait la porte nommée pour ce motif Porte-de-la-Tranchée.

Les autres portes étaient celles de Tison de Saint-Cyprien, où il y avait un pont Joubert, où il y avait aussi un pont, le plus ancien qui existait avant le XIIe siècle et portait les noms d’Angilbert, Saint-Enjoubert, Enjoubert, à Joubert et Joubert.

Venaient ensuite les portes et ponts de Rochereuil, dit primitivement Pont-Neuf, au XIe siècle de Saint-Ladre ou Lazare, plus tard Porte-de-Paris; enfin de pont Achard.

 La nouvelle enceinte était loin d'être inutile, car depuis plus d'un siècle, la ville, trop resserrée par la vieille muraille romaine, débordait de toutes parts en dehors. Le bourg de Saint-Hilaire, celui de Saint-Nicolas et le quartier voisin du Marché-Vieux, le quartier de Saint-Porchaire, la rue de l'Aguillerie, aujourd'hui de la Mairie et de la Porte-le-Comte, l'église Saint-Didier, le Marché-Neuf, aujourd'hui place du Pilori, le bourg de Montierneuf, celui de Sainte-Radégonde et enfin l'église Saint-Grégoire étaient sans défense.

II était donc urgent de réunir tous ces groupes d'habitations dans une enceinte commune. Il est probable que les habitants contribuèrent pour une large part à son édification, car plus tard, après la constitution de la commune, l'entretien des murs fut toujours à leur charge et obèra bien souvent leurs finances. Plusieurs fragments remarquables de ces murs flanqués de jolies tours rondes, mais reconstruits à la fin du XIVe siècle, subsistent encore près de la Porte-de-la-Tranchée.

Bâtie sur une espèce de promontoire, en forme d'amande, et dont la ligne de faite atteint environ quarante mètres d'altitude ; entourée de toutes parts, excepté au midi, par des vallées profondes, et par deux rivières, le Clain à l'est, la Boivre à l'ouest, qui se rejoignent au nord, en angle aigu ; rattachée à la plaine, du côté du sud, par une étroite langue de terre, la vieille Cité Pictonne était déjà fortifiée par la nature elle-même.

Au temps des Gaulois, c'était un oppidum, que défendait, contre les incursions des hordes rivales, un simple amas de terre et de pieux enfoncés dans le sol.

Poitiers fortifications moyen age Château triangulaire - Abbaye Saint-Jean-l'Evangéliste de Montierneuf

(Le château triangulaire de Poitiers - Abbaye Saint-Jean-l'Evangéliste de Montierneuf)

Mais, à cette muraille relativement fragile, succéda, dans la cité gallo-romaine, une muraille de pierre et de ciment, plus propre à résister aux attaques de l'ennemi.

Fidèles à leur système habituel de défense et de prise de possession, las vainqueurs clôturèrent l'oppidum gaulois d'une solide enceinte polygonale, qui en fit un des boulevards de la puissance romaine et un des municipes les mieux en sûreté de toute la Gaule Aquitanique.

Toutefois, vers le déclin du troisième siècle, les terribles invasions des hordes barbares passèrent sur Poitiers, comme un torrent dévastateur, et en firent presque un monceau de ruines. De là vient qu'il n'est guère possible de pratiquer des fouilles dans le sous-sol, sans y trouver, gisant sous une couche de cendres, des débris romains de toute sorte qui rappellent les incendies allumés par les farouches conquérants.

Après le passage des barbares, les habitants de Poitiers, remis de leur épouvante, songèrent alors à se mettre à l'abri d'un nouveau désastre, et entourèrent la cité d'une épaisse muraille dans laquelle ils firent entrer les matériaux des riches monuments qui avaient été détruits.

Cette enceinte, où se rencontrent assez souvent des vestiges de colonnes, de chapiteaux, de pierres sculptées, est encore visible sur plusieurs points, notamment dans le jardin du Palais-de-Justice, dans les caves du couvent des Hospitalières, et dans celles de quelques maisons des rues de la Regratterie, des Flageolles, du Pigeon-Blanc, et des Carolus (I).

C'est de cette même enceinte que proviennent plusieurs cippes, ornés d'inscriptions, et conservés aujourd'hui dans la galerie lapidaire des Antiquaires de l'Ouest : par exemple, le grand cippe en l'honneur de l'aruspice Fabius Sabinus, trouvé en 1840 dans le jardin des Filles-de-la-Croix, rue des Gaillards ; le grand cippe à la mémoire de Julia Maximilla, trouvé, en 1871, rue du Pigeon-Blanc ; et un autre cippe, représentant un homme drapé dans une niche entre deux pilastres, et découvert en 1868, rue du Lycée, lors des nouvelles constructions du collège universitaire (2).

L'enceinte fortifiée dont il s'agit avait jusqu'à 6 mètres d'épaisseur et 2600 mètres de circonférence. Aussi Ammien Marcellin, auteur latin du IVe siècle, donne-t-il à Poitiers le quatrième rang parmi les grandes cités de la province d'Aquitaine.

 

(1) A. de la Bouralière : Guide archéol.

(2) B. Ledain : Epigraphie Rom. du Poitou.

La ceinture murale de la cité romano-pictonne ne s'ouvrait çà et là que pour livrer passage aux grandes voies de communication qui mettaient la métropole du Poitou en rapport direct avec les municipes les plus populeux de la région environnante.

De Poitiers à Bourges, à Tours, à Nantes, à Saintes, à Périgueux, à Limoges, ces routes nombreuses rayonnaient de tous côtés, et formaient autour de la ville un immense réseau dont les lignes s'étendaient au loin sur les provinces limitrophes.

Dans toute leur longueur, elles étaient pavées de larges dalles ou de pierres brutes. On en voit un tronçon, aisément reconnaissable, à gauche de la voie ferrée, en arrivant à la station de Mignaloux-Nouaillé.

 

Pictavis - Poitiers capital des Pictons fortifications moyen age Aliénor d'Aquitaine

Dans l'enceinte de la ville et hors de l'enceinte, on vit s'élever des temples, des palais, des thermes, des arènes, des aqueducs, des villas, des autels commémoratifs, des cippes funèbres, en un mot, toutes les oeuvres merveilleuses qui caractérisent la grandeur et la magnificence de la civilisation romaine.

Quand on évoque par la pensée tous ces édifices multiples et divers, quand on les revoit en imagination, sous les feux éblouissants d'une aurore ensoleillée, c'est alors qu'on arrive à concevoir ce que devait être la splendeur d'une cité gallo-romaine.

 

 

Les travaux de démolition des monuments et de construction de l’enceinte commencent dès la fin du IIIe siècle. Ils se poursuivent durant plusieurs décennies et sont probablement achevés avant 340/350.

Avec un périmètre de 2,6 km, l'enceinte du Bas-Empire protégeait une superficie de 42 hectares, ce qui en fait la plus grande d'Aquitaine. Ses fondations, qui mesurent 6 m de large pour plus de 2 m de profondeur, sont essentiellement constituées de blocs prélevés sur les monuments de la ville (les temples, les thermes publics, le forum et même les stèles funéraires des cimetières).

https://www.inrap.fr

Antique map of Poitiers by Braun & Hogenberg

Poitiers_ses_monuments_son_histoire_Pictave_Jehan

Histoire_sommaire_de_la_ville_poitiersLedain_Bélisaire

 

Quand Poitiers s’appelait Limonum capitale des peuples Pictavi et Tiffauges, Theiphalia <==.... ....==>

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15 Avril 2019- incendie sur la cathédrale Notre-Dame de Paris

15 Avril 2019- incendie sur la cathédrale Notre-Dame de Paris

Un important incendie a éclaté lundi vers 18h50 à la cathédrale Notre-Dame de Paris en travaux. La charpente a été emportée et la flèche de l'édifice s'est effondrée mais la structure de l'édifice est sauvée.

Si belle qu’elle se soit conservée en vieillissant, il est difficile de ne pas soupirer, de ne pas s’indigner devant des dégradations, des mutilations sans nombre que simultanément le temps et les hommes ont fait subir au vénérable monument, sans respect pour Charlemagne qui avait posé la première pierre, pour Philippe Auguste qui en avait posé la dernière.

 Sur la face de cette vieille reine de nos cathédrales, à côté d'une ride on trouve toujours une cicatrice. Tempus edax, homo edacior. Ce que je traduirais volontiers ainsi : le temps est aveugle, l'homme est stupide.

Si nous avions le loisir d'examiner une à une avec le lecteur les diverses traces de destruction imprimées à l'antique église, la part du temps serait la moindre, la pire celle des hommes, surtout des hommes de l'art. Il faut bien que je dise des hommes de l'art, puisqu'il y a eu des individus qui ont pris la qualité d'architectes dans les deux siècles derniers.

Et d'abord, pour ne citer que quelques exemples capitaux, il est, à coup sûr, peu de plus belles pages architecturales que cette façade où, successivement et à la fois, les trois portails creusés en ogive, le cordon brodé et dentelé des vingt-huit niches royales, l'immense rosace centrale flanquée de ses deux fenêtres latérales comme le prêtre du diacre et du sous-diacre, la haute et frêle galerie d'arcades à trèfle qui porte une lourde plate-forme sur ses fines colonnettes, enfin les deux noires et massives tours avec leurs auvents d'ardoise, parties harmonieuses d'un tout magnifique, superposées en cinq étages gigantesques, se développent à l'oeil, en foule et sans trouble, avec leurs innombrables détails de statuaire, de sculpture et de ciselure, ralliés puissamment à la tranquille grandeur de l'ensemble ; vaste symphonie en pierre, pour ainsi dire ; oeuvre colossale d'un homme et d'un peuple, tout ensemble une et complexe comme les Iliades et les Romanceros dont elle est soeur ; produit prodigieux de la cotisation de toutes les forces d'une époque, où sur chaque pierre on voit saillir en cent façons la fantaisie de l'ouvrier disciplinée par le génie de l'artiste ; sorte de création humaine, en un mot, puissante et féconde comme la création divine dont elle semble avoir dérobé le double caractère : variété, éternité.

Et ce que nous disons ici de la façade, il faut le dire de l'église entière ; et ce que nous disons de l'église cathédrale de Paris, il faut le dire de toutes les églises de la chrétienté au moyen âge. Tout se tient dans cet art venu de lui-même, logique et bien proportionné. Mesurer l'orteil du pied, c'est mesurer le géant.

Revenons à la façade de Notre-Dame, telle qu'elle nous apparaît encore à présent, quand nous allons pieusement admirer la grave et puissante cathédrale, qui terrifie, au dire de ses chroniqueurs : quae mole sua terrorem incutit spectantibus.

Trois choses importantes manquent aujourd'hui à cette façade. D'abord le degré de onze marches qui l'exhaussait jadis au-dessus du sol ; ensuite la série inférieure de statues qui occupait les niches des trois portails, et la série supérieure des vingt-huit plus anciens rois de France, qui garnissait la galerie du premier étage, à partir de Childebert jusqu'à Philippe-Auguste, tenant en main " la pomme impériale ".

Le degré, c'est le temps qui l'a fait disparaître en élevant d'un progrès irrésistible et lent le niveau du sol de la Cité. Mais, tout en faisant dévorer une à une, par cette marée montante du pavé de Paris, les onze marches qui ajoutaient à la hauteur majestueuse de l'édifice, le temps a rendu à l'église plus peut-être qu'il ne lui a ôté, car c'est le temps qui a répandu sur la façade cette sombre couleur des siècles qui fait de la vieillesse des monuments l'âge de leur beauté.

Mais qui a jeté bas les deux rangs de statues ? qui a laissé les niches vides ? qui a taillé au beau milieu du portail central cette ogive neuve et bâtarde ? qui a osé y encadrer cette fade et lourde porte de bois sculpté à la Louis XV à côté des arabesques de Biscornette ? Les hommes ; les architectes, les artistes de nos jours.

Et si nous entrons dans l'intérieur de l'édifice, qui a renversé ce colosse de saint Christophe, proverbial parmi les statues au même titre que la grand'salle du Palais parmi les halles, que la flèche de Strasbourg parmi les clochers ? Et ces myriades de statues qui peuplaient tous les entre-colonnements de la nef et du choeur, à genoux, en pied, équestres, hommes, femmes, enfants, rois, évêques, gendarmes, en pierre, en marbre, en or, en argent, en cuivre, en cire même, qui les a brutalement balayées ? Ce n'est pas le temps.

Et qui a substitué au vieil autel gothique, splendidement encombré de châsses et de reliquaires ce lourd sarcophage de marbre à têtes d'anges et à nuages, lequel semble un échantillon dépareillé du Val-de-Grâce ou des Invalides ? Qui a bêtement scellé ce lourd anachronisme de pierre dans le pavé carlovingien de Hercandus ? N'est-ce pas Louis XIV accomplissant le voeu de Louis XIII ?

Et qui a mis de froides vitres blanches à la place de ces vitraux " hauts en couleur " qui faisaient hésiter l'oeil émerveillé de nos pères entre la rose du grand portail et les ogives de l'abside ? Et que dirait un sous-chantre du seizième siècle, en voyant le beau badigeonnage jaune dont nos vandales archevêques ont barbouillé leur cathédrale ? Il se souviendrait que c'était la couleur dont le bourreau brossait les édifices scélérés ; il se rappellerait l'hôtel du Petit-Bourbon, tout englué de jaune aussi pour la trahison du connétable, " jaune après tout de si bonne trempe, dit Sauval, et si bien recommandé, que plus d'un siècle n'a pu encore lui faire perdre sa couleur ". Il croirait que le lieu saint est devenu infâme, et s'enfuirait.

Et si nous montons sur la cathédrale, sans nous arrêter à mille barbaries de tout genre, qu'a-t-on fait de ce charmant petit clocher qui s'appuyait sur le point d'intersection de la croisée, et qui, non moins frêle et non moins hardi que sa voisine la flèche (détruite aussi) de la Sainte-Chapelle, s'enfonçait dans le ciel plus avant que les tours, élancé, aigu, sonore, découpé à jour ? Un architecte de bon goût (1787) l'a amputé et a cru qu'il suffisait de masquer la plaie avec ce large emplâtre de plomb qui ressemble au couvercle d'une marmite.

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(Évolution de la construction de Notre Dame de Paris au fil du temps .) 

 

C'est ainsi que l'art merveilleux du moyen âge a été traité presque en tout pays, surtout en France. On peut distinguer sur sa ruine trois sortes de lésions qui toutes trois l'entament à différentes profondeurs : le temps d'abord, qui a insensiblement ébréché çà et là et rouillé partout sa surface ; ensuite, les révolutions politiques et religieuses, lesquelles, aveugles et colères de leur nature, se sont ruées en tumulte sur lui, ont déchiré son riche habillement de sculptures et de ciselures, crevé ses rosaces, brisé ses colliers d'arabesques et de figurines, arraché ses statues, tantôt pour leur mitre, tantôt pour leur couronne ; enfin, les modes, de plus en plus grotesques et sottes, qui depuis les anarchiques et splendides déviations de la renaissance, se sont succédé dans la décadence nécessaire de l'architecture. Les modes ont fait plus de mal que les révolutions. Elles ont tranché dans le vif, elles ont attaqué la charpente osseuse de l'art, elles ont coupé, taillé, désorganisé, tué l'édifice, dans la forme comme dans le symbole, dans sa logique comme dans sa beauté. Et puis, elles ont refait ; prétention que n'avaient eue du moins ni le temps, ni les révolutions. Elles ont effrontément ajusté, de par le bon goût, sur les blessures de l'architecture gothique, leurs misérables colifichets d'un jour, leurs rubans de marbre, leurs pompons de métal, véritable lèpre d'oves, de volutes, d'entournements, de draperies, de guirlandes, de franges, de flammes de pierre, de nuages de bronze, d'amours replets, de chérubins bouffis, qui commence à dévorer la face de l'art dans l'oratoire de Catherine de Médicis, et le fait expirer, deux siècles après, tourmenté et grimaçant, dans le boudoir de la Dubarry.

Ainsi, pour résumer les points que nous venons d'indiquer, trois sortes de ravages défigurant aujourd'hui l'architecture gothique. Rides et verrues à l'épiderme, c'est l'oeuvre du temps ; voies de fait, brutalités, contusions, fractures, c'est l'oeuvre des révolutions depuis Luther jusqu'à Mirabeau. Mutilations, amputations, dislocation de la membrure, restaurations, c'est le travail grec, romain et barbare des professeurs selon Vitruve et Vignole. Cet art magnifique que les vandales avaient produit, les académies l'ont tué. Aux siècles, aux révolutions qui dévastent du moins avec impartialité et grandeur, est venue s'adjoindre la nuée des architectes d'école, patentés, jurés et assermentés, dégradant avec le discernement et le choix du mauvais goût, substituant les chicorées de Louis XV aux dentelles gothiques pour la plus grande gloire du Parthénon. C'est le coup de pied de l'âne au lion mourant. C'est le vieux chêne qui se couronne, et qui, pour comble, est piqué, mordu, déchiqueté par les chenilles.

Qu'il y a loin de là à l'époque où Robert Cenalis, comparant Notre-Dame de Paris à ce fameux temple de Diane à Éphèse, tant réclamé par les anciens païens, qui a immortalisé Érostrate, trouvait la cathédrale gauloise " plus excellente en longueur, largeur, haulteur et structure "

 

Johan Barthold Jongkind, Paris, Notre-Dame vue du quai de la Tournelle, 1852

(Johan Barthold Jongkind, "Paris, Notre-Dame vue du quai de la Tournelle", 1852)

 

Notre-Dame de Paris n'est point du reste ce qu'on peut appeler un monument complet, défini, classé. Ce n'est plus une église romane, ce n'est pas encore une église gothique. Cet édifice n'est pas un type. Notre-Dame de Paris n'a point, comme l'abbaye de Tournus, la grave et massive carrure, la ronde et large voûte, la nudité glaciale, la majestueuse simplicité des édifices qui ont le plein cintre pour générateur. Elle n'est pas, comme la cathédrale de Bourges, le produit magnifique, léger, multiforme, touffu, hérissé, efflorescent de l'ogive. Impossible de la ranger dans cette antique famille d'églises sombres, mystérieuses, basses et comme écrasées par le plein cintre ; presque égyptiennes au plafond près ; toutes hiéroglyphiques, toutes sacerdotales, toutes symboliques ; plus chargées dans leurs ornements de losanges et de zigzags que de fleurs, de fleurs que d'animaux, d'animaux que d'hommes ; oeuvre de l'architecte moins que de l'évêque ; première transformation de l'art, tout empreinte de discipline théocratique et militaire, qui prend racine dans le bas-empire et s'arrête à Guillaume le Conquérant. Impossible de placer notre cathédrale dans cette autre famille d'églises hautes, aériennes, riches de vitraux et de sculptures ; aiguës de formes, hardies d'attitudes ; communales et bourgeoises comme symboles politiques libres, capricieuses, effrénées, comme oeuvre d'art ; seconde transformation de l'architecture, non plus hiéroglyphique, immuable et sacerdotale, mais artiste, progressive et populaire, qui commence au retour des croisades et finit à Louis XI. Notre-Dame de Paris n'est pas de pure race romaine comme les premières, ni de pure race arabe comme les secondes.

C'est un édifice de la transition. L'architecte saxon achevait de dresser les premiers piliers de la nef, lorsque l'ogive qui arrivait de la croisade est venue se poser en conquérante sur ces larges chapiteaux romans qui ne devaient porter que des pleins cintres. L'ogive, maîtresse dès lors, a construit le reste de l'église. Cependant, inexpérimentée et timide à son début, elle s'évase, s'élargit, se contient, et n'ose s'élancer encore en flèches et en lancettes comme elle l'a fait plus tard dans tant de merveilleuses cathédrales. On dirait qu'elle se ressent du voisinage des lourds piliers romans.

D'ailleurs, ces édifices de la transition du roman au gothique ne sont pas moins précieux à étudier que les types purs. Ils expriment une nuance de l'art qui serait perdue sans eux. C'est la greffe de l'ogive sur le plein cintre.

Notre-Dame de Paris est en particulier un curieux échantillon de cette variété. Chaque face, chaque pierre du vénérable monument est une page non seulement de l'histoire du pays, mais encore de l'histoire de la science et de l'art. Ainsi, pour n'indiquer ici que les détails principaux, tandis que la petite Porte-Rouge atteint presque aux limites des délicatesses gothiques du quinzième siècle, les piliers de la nef, par leur volume et leur gravité, reculent jusqu'à l'abbaye carlovingienne de Saint-Germain-des-Prés. On croirait qu'il y a six siècles entre cette porte et ces piliers. Il n'est pas jusqu'aux hermétiques qui ne trouvent dans les symboles du grand portail un abrégé satisfaisant de leur science, dont l'église de Saint-Jacques-de-la-Boucherie était un hiéroglyphe si complet. Ainsi, l'abbaye romane, l'église philosophale, l'art gothique, l'art saxon, le lourd pilier rond qui rappelle Grégoire VII, le symbolisme hermétique par lequel Nicolas Flamel préludait à Luther, l'unité papale, le schisme, Saint-Germain-des-Prés, Saint-Jacques-de-la-Boucherie, tout est fondu, combiné, amalgamé dans Notre-Dame. Cette église centrale et génératrice est parmi les vieilles églises de Paris une sorte de chimère ; elle a la tête de l'une, les membres de celle-là, la croupe de l'autre ; quelque chose de toutes.

Nous le répétons, ces constructions hybrides ne sont pas les moins intéressantes pour l'artiste, pour l'antiquaire, pour l'historien. Elles font sentir à quel point l'architecture est chose primitive, en ce qu'elles démontrent, ce que démontrent aussi les vestiges cyclopéens, les pyramides d'Égypte, les gigantesques pagodes hindoues, que les plus grands produits de l'architecture sont moins des oeuvres individuelles que des oeuvres sociales ; plutôt l'enfantement des peuples en travail que le jet des hommes de génie ; le dépôt que laisse une nation ; les entassements que font les siècles ; le résidu des évaporations successives de la société humaine ; en un mot, des espèces de formations. Chaque flot du temps superpose son alluvion, chaque race dépose sa couche sur le monument, chaque individu apporte sa pierre. Ainsi font les castors, ainsi font les abeilles, ainsi font les hommes. Le grand symbole de l'architecture, Babel, est une ruche.

Les grands édifices, comme les grandes montagnes, sont l'ouvrage des siècles. Souvent l'art se transforme qu'ils pendent encore : pendent opera interrupta ; ils se continuent paisiblement selon l'art transformé. L'art nouveau prend le monument où il le trouve, s'y incruste, se l'assimile, le développe à sa fantaisie et l'achève s'il peut. La chose s'accomplit sans trouble, sans effort, sans réaction, suivant une loi naturelle et tranquille. C'est une greffe qui survient, une sève qui circule, une végétation qui reprend. Certes, il y a matière à bien gros livres, et souvent histoire universelle de l'humanité, dans ces soudures successives de plusieurs arts à plusieurs hauteurs sur le même monument. L'homme, l'artiste, l'individu s'effacent sur ces grandes masses sans nom d'auteur ; l'intelligence humaine s'y résume et s'y totalise. Le temps est l'architecte, le peuple est le maçon.

À n'envisager ici que l'architecture européenne chrétienne, cette soeur puînée des grandes maçonneries de l'Orient, elle apparaît aux yeux comme une immense formation divisée en trois zones bien tranchées qui se superposent : la zone romane, la zone gothique, la zone de la renaissance, que nous appellerions volontiers gréco-romaine. La couche romane, qui est la plus ancienne et la plus profonde, est occupée par le plein cintre, qui reparaît porté par la colonne grecque dans la couche moderne et supérieure de la renaissance. L'ogive est entre deux. Les édifices qui appartiennent exclusivement à l'une de ces trois couches sont parfaitement distincts, uns et complets. C'est l'abbaye de Jumièges, c'est la cathédrale de Reims, c'est Sainte-Croix d'Orléans. Mais les trois zones se mêlent et s'amalgament par les bords, comme les couleurs dans le spectre solaire. De là les monuments complexes, les édifices de nuance et de transition. L'un est roman par les pieds, gothique au milieu, gréco-romain par la tête. C'est qu'on a mis six cents ans à le bâtir. Cette variété est rare. Le donjon d'Étampes en est un échantillon. Mais les monuments de deux formations sont plus fréquents. C'est Notre-Dame de Paris, édifice ogival, qui s'enfonce par ses premiers piliers dans cette zone romane où sont plongés le portail de Saint-Denis et la nef de Saint-Germain-des-Prés. C'est la charmante salle capitulaire demi-gothique de Bocherville à laquelle la couche romane vient jusqu'à mi-corps. C'est la cathédrale de Rouen qui serait entièrement gothique si elle ne baignait pas l'extrémité de sa flèche centrale dans la zone de la renaissance.

(Notre Dame de Paris vue 360°)

Du reste, toutes ces nuances, toutes ces différences n'affectent que la surface des édifices. C'est l'art qui a changé de peau. La constitution même de l'église chrétienne n'en est pas attaquée. C'est toujours la même charpente intérieure, la même disposition logique des parties. Quelle que soit l'enveloppe sculptée et brodée d'une cathédrale, on retrouve toujours dessous, au moins à l'état de germe et de rudiment, la basilique romaine. Elle se développe éternellement sur le sol selon la même loi. Ce sont imperturbablement deux nefs qui s'entrecoupent en croix, et dont l'extrémité supérieure arrondie en abside forme le choeur ; ce sont toujours des bas-côtés, pour les processions intérieures, pour les chapelles, sortes de promenoirs latéraux où la nef principale se dégorge par les entrecolonnements. Cela posé, le nombre des chapelles, des portails, des clochers, des aiguilles, se modifie à l'infini, suivant la fantaisie du siècle, du peuple, de l'art. Le service du culte une fois pourvu et assuré, l'architecture fait ce que bon lui semble. Statues, vitraux, rosaces, arabesques, dentelures, chapiteaux, bas-reliefs, elle combine toutes ces imaginations selon le logarithme qui lui convient. De là la prodigieuse variété extérieure de ces édifices au fond desquels réside tant d'ordre et d'unité. Le tronc de l'arbre est immuable, la végétation est capricieuse.

Notre-Dame, Livre trois Chapitre 1 Victor Hugo

15 Avril 2019- incendie sur la cathédrale Notre-Dame de Paris

De nombreux dons  pour la reconstruction

Notre-Dame de Paris : une "collecte nationale" lancée mardi pour reconstruire la cathédrale

La Fondation du patrimoine a annoncé lundi soir le lancement, pour mardi midi, d'une souscription nationale pour que particuliers ou entreprises puissent aider à la reconstruction de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Emmanuel Macron a confirmé cette souscription dans une allocution lundi soir.

https://www.lejdd.fr

Le Parc du Puy du Fou pour la mise en avant de l'histoire et soucieux du Patrimoine historique de France.

Suite à l’incendie qui a ravagé Notre-Dame de Paris, le Puy du Fou organise une représentation supplémentaire exceptionnelle de “La Cinéscénie” le 7 juin prochain au profit de la reconstruction de ce symbole du Légendaire français

 

 

 


 

La restauration par Viollet-le-Duc, Rendre à l'édifice sa cohérence historique

La cathédrale Notre-Dame de Paris

La politique culturelle de la France connaît un changement important sous la Monarchie de Juillet (1830-1848). Le pouvoir décide de remettre en valeur certains monuments qui rappellent la grandeur de l'Ancien Régime, comme le Louvre, le château de Versailles ou la basilique de Saint-Denis. Le 21 octobre 1830, un poste d'inspecteur général des monuments historiques est créé, à l'instigation du ministre de l'Intérieur François Guizot. La mission de ce nouvel inspecteur est de classer les édifices et d'évaluer les travaux de rénovation nécessaires pour leur conservation. En 1843, les travaux de restauration de la cathédrale de Notre-Dame de Paris commencent sous la supervision de deux architectes, Eugène Viollet-le-Duc et Jean-Baptiste-Antoine Lassus.
http://passerelles.bnf.fr

 

 

Chemins de Mémoire, Cathédrale Notre Dame de Reims

La cathédrale de Reims - Région Champagne-Ardenne - Le Monument Préféré des Français Dressées à plus de 80m de haut, les tours de Notre-Dame dominent le centre de Reims. Bâtie au XIIe siècle, cette cathédrale est un véritable chef d'œuvre d'art gothique. Et c'est ici que la plupart des rois de France furent sacrés. Après la première guerre mondiale, Reims a reconstruit sa cathédrale grâce au béton armé.

 

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14 avril 2019

Guerre de Cent Ans, Juin 1372 - siège de Thouars pendant la Campagnes du Dogue noir de Brocéliande (Du Guesclin) dans le Poitou

Guerre de Cent Ans, Juin 1372 - siège de Thouars pendant la Campagnes du Dogue noir de Brocéliande (Du Guesclin) dans le Poitou, l'Aunis et la Saintonge

(Guerre de Cent Ans, Juin 1372 - siège de Thouars pendant la Campagnes du Dogue noir de Brocéliande (Du Guesclin) dans le Poitou, l'Aunis et la Saintonge )

L’appellation « Guerre de Cent Ans » désigne une période de troubles ou les combats en fait une place restreinte en regard des moments de trêve. C’est un conflit qui prend sa source dans une rivalité séculaire entre la France et l’Angleterre.

Dès le XIIème siècle, suite au mariage d’Aliénor d’Aquitaine avec le comte d’Anjou Henri II Plantagenêt, l’Angleterre avait en partie réalisé ses ambitions conquérantes sur la France. En 1337, le roi Edouard III d’Angleterre revendique la couronne de France et passe à l’offensive, infligeant plusieurs défaites à l’armée française, dont celle de Crécy (1346). Doc Puy du Fou - Guerre de cent Ans

 

La vicomtesse de Thouars avait épousé Amaury de Craon, riche seigneur angevin, de cette famille de Craon, dans laquelle l'office de sénéchal d'Anjou et du Maine était héréditaire même pour les femmes.

Des actes originaux, découverts par M. Marchegay dans le chartrier de Thouars, constatent qu'Amaury était dans l'armée du roi de France en 1353 et pendant les années suivantes.

Charles V, en considération des services que lui avait rendus ce seigneur depuis 1367, notamment à la prise des forteresses  de Vas, Rillé, le Loroux et Saumur, où il servait avec ses gens d'armes en compagnie de du Guesclin, le nomme, le 31 janvier 1372, chief de guerre et capitaine souverain ès parties de Touraine, d'Anjou, du Maine et de la Basse-Normandie, et lui fait don d'une somme de quinze cents livres. Amaury avait été fait prisonnier à la bataille de Poitiers, le 19 septembre 1356. Il fut conduit en Angleterre et y resta pendant plusieurs années. Il était encore à Londres le 19 mai 1356.

Ce jour-là, avec Denis de Morlet et Bonabes de Derval, chevaliers, il délivre à Henri Burton, citoyen et marchand de Londres, une lettre-obligatoire de deux cents livres sterlins, qui fut acquittée au château de Sablé le 20 octobre 1368.

Devenu vicomte de Thouars, Amaury se trouva en contact avec des seigneurs poitevins tout dévoués au parti du roi d'Angleterre. Sa fidélité à Charles V se ressentit forcément de ces relations imposées par sa nouvelle position. Nous le trouverons bientôt obligé par la force des choses de se mettre à la tête de la coalition anglo-poitevine, pour lutter du haut des remparts de sa ville de Thouars contre du Guesclin, son ancien capitaine.

La domination anglaise, rétablie en France par le traité de Bretigny, pesait singulièrement à l'aquitaine. Les populations n'attendaient qu'une occasion pour se soulever. La demande d'un fouage, impôt extraordinaire de dix sous par famille pendant cinq ans; faite par le Prince-Noir; fut le signal de l'insurrection.

Les Gascons portèrent plainte au roi de France. Charles V, qui cherchait à rompre avec l'Angleterre, fit bon accueil aux envoyés de la Gascogne et somma le prince de Galles de comparaître devant la cour des pairs, pour ouir droit sur les complaintes et griefs qu'on lui imputait (25 janvier 1369).

Le prince de Galles répondit aux messagers qui lui avaient apporté ce mandement à Bordeaux : «Nous irons volontiers à notre ajournement à Paris, puisque mandé nous est du roi de France ; mais ce sera le bassinet en la tête et soixante mille hommes en notre compagnie» (Froissart). Les envoyés du roi furent ensuite jetés en prison par son ordre.

 La guerre était déclarée. Bertrand du Guesclin guerroyait alors en Espagne, pour le compte de son ami don Henri, roi d'Aragon. Mandé par Charles V, il se met en route pour la France et commence les hostilités dans l'Agenois, avec l'aide du duc d'Anjou (juillet 1370).

 Après s'être avancé jusqu'auprès de Bordeaux, il se dirige sur Limoges qui lui ouvre ses portes, et quitte bientôt cette ville pour prendre d'autres places fortes.

Du_Guesclin_Death_02

Édouard Plantagenêt de Woodstock d'ANGLETERRE

Le prince Édouard, gravement malade à Angoulême, se fait porter en litière sous les murs de Limoges, pour en faire le siège. La faible garnison laissée par du Guesclin dans la place ne pouvait lutter pendant longtemps contre les forces anglaises. Au bout d'un mois, une grande brèche est ouverte au moyen d'une mine, et les assaillants se précipitent dans la place. Le vicomte de Thouars était avec d'autres seigneurs poitevins dans les rangs de l'armée anglaise.

Le prince de Galles avait juré que les traîtres de Limoges paieraient chèrement leur forfait.  Il ne tint que trop son serment. Plus de trois mille habitants furent passés au fil de l'épée dans cette journée. Les vieillards, les femmes et les enfants se jetaient à genoux devant le vainqueur et demandaient grâce en pleurant ; mais les bourreaux frappaient toujours. L'incendie de la ville termina cette journée de massacre (1370).

Nommé connétable et chef des armées de France, à la grand’joie de toute la chevalerie, Bertrand se met à la poursuite de Robert Knolles, aventurier anglais qui ravageait les provinces et jetait la terreur sur son passage.

Il le rejoint dans le Maine et détruit une partie de son armée auprès de Pont-vallain. Poursuivant ensuite les fuyards, il arrive devant Saint-Maur où ils s'étaient réfugiés. Il mande le commandant de la forteresse, Cressonval, à qui il avait rendu des services en Espagne, et arrête avec lui une capitulation, pour le 'cas où le prince de Galles ne viendrait pas porter secours à ses hommes dans un certain délai. Malgré cet engagement, Cressonval met le feu au château de Saint-Maur, et se retire sur Bressuire et Moncontour.

Du Guesclin, installé depuis quelques jours à Saumur, reçoit aussitôt l'avis de ce départ par les Anglais eux-mêmes. Irrité de la déloyauté de Cressonval, il monte à cheval à la tête de ses troupes, passe le Thoué du côté de Taizon et rejoint les Anglais à Bressuire.

 La ville fut prise, après un assaut assez meurtrier pour les soldats de du Guesclin. Les Anglais furent massacrés (15 mars 1371). Le connétable, qui avait juré de ne manger que trois soupes au vin avant de s'être vengé de Cressonval, avait tenu parole.

Pendant que du Guesclin remportait d'autres victoires dans l'Auvergne et le Limousin, le vicomte de Thouars. Amaury, à la tête de quatre cents lances, rejoignait le duc de Lancastre, qui avait mis le siégé devant le château de Montpaon en Périgord, et ne pouvait venir à bout de s'en emparer. Guillaume Larchevêque, sire de Parthenay, Richard d' Angles et d'autres seigneurs accompagnaient le vicomte. La ville fut prise grâce à ce secours.

Amaury était à peine rentré à Thouars avec ses troupes, lorsque Thomas Percy, sénéchal du Poitou pour les Anglais, l'appela pour repousser le connétable qui faisait le siège de Sainte-Sévère en Limousin, après s'être, emparé de Montmorillon, Lussac, Chauvigny et Moncontour. Le vicomte fit toutes diligences et se mit en route avec deux mille hommes.

Pendant ce temps, les habitants de Poitiers, profitant de l'absence de la garnison anglaise, qui s'était portée au secours de Sainte-Sévère, envoyèrent un message secret à du Guesclin, pour l'engager à venir s'installer dans la capitale du Poitou.

Le connétable partit à la hâte, avec l'élite de ses cavaliers, et arriva à Poitiers, après avoir fait trente lieues en moins de vingt-quatre heures: Les portes de la ville lui furent ouvertes peu de temps avant l'arrivée des Anglais. Ces derniers, ne jugeant pas prudent de combattre, se retirèrent sur Niort qu'ils furent obligés de prendre d'assaut.

Le reste de l'armée anglo-aquitanique se sépara en deux bandes.

Les Gascons, sous la conduite du captal de Buch, se rendirent à Saint-Jean-d'Angély; pendant que les Poitevins allaient s'enfermer dans Thouars, ville considérée alors comme inexpugnable.

Ce dernier contingent, commandé par le vicomte Amaury, comptait clans ses rangs Guillaume Larchevêque, sire de Parthenay, Aimery de Rochechouard, Jean et Richard ou Guischard d' Angles, Louis de Harcourt, vicomte de Châtellerault, Pérceval de Coulonges, capitaine de Thouars, Jacques de Surgères, le sire de Tarste, Hugues de Vivône, Regnault de Thouars, sire de Pouzauges, Geoffroy d' Argenton, Guillaume de Crupignac, sire de Roussillon, Maubruni de Linières, seigneur d'Airvault, Guillaume de Montendre, le seigneur d'Oiron et quantité d'autres personnages parmi lesquels se trouvaient trente officiers anglais: Un autre corps, composé presque entièrement d'Anglais vint aussi se réfugier chez le vicomte. C'était la garnison de Fontenay-le-Comte qui venait de capituler.

(-Tour porte du Prévost. Cette tour était l’entrée principale de la ville au nord. Les dispositifs  de défense, emplacement de deux herses et de trois assommoirs)

Bertrand du Guesclin tourna bientôt les yeux sur Thouars, seule place importante restée au pouvoir des Anglais en Poitou. Il arriva devant la ville au mois de juin 1372 et se campa du côté de l'Orient, Son armée était composée de trois mille cavaliers et de quatre mille arbalétriers et pavoisiers.

On remarquait parmi les combattants, Jean, duc de Berry, Philippe-le-Hardi, duc de Bourgogne, le comte du Perche, le comte de Sancerre, le vicomte de Melun, Guy de la Tremoille, Olivier de Clisson et un grand nombre d'autres barons français, bretons et bourguignons.

Le vicomte de Thouars venait de faire-réparer les fortifications de sa ville, et la garnison avait été munie de vivres pour deux ans. Il attendait l'attaque sans grande inquiétude

Du Guesclin, prévoyant toutes les difficultés du siège, avait fait faire à la Rochelle de grands engins de guerre. Il avait aussi à sa disposition cinq gros canons qu'il avait fait venir de Poitiers. Il commença les opérations du siège immédiatement après son arrivée ; mais l'artillerie mal organisée ne causait pas de grands dommages, et les machines de guerre ne pouvaient servir en raison de la largeur et de la profondeur des fossés qui entouraient la ville.

Deux assauts, dans lesquels le connétable perdit beaucoup de monde, furent  tentés sans amener de résultats satisfaisants. Il fallut se décider à combler les fossés pour se servir des machines.

On a trouvé plusieurs fois auprès des murs de la ville, du côté de l'orient et au-delà de la Madeleine, des ossements et des débris d'armes. Ils remontent certainement à l'époque du siège dont nous nous occupons.

.A l'aide de ses machines, du Guesclin parvint enfin à faire brèche; mais les assiégés ne lui permirent pas d'entrer dans la ville. Des deux côtés on était cependant fatigué de cette lutte qui durait depuis plusieurs mois. Le vicomte demanda et obtint, une trêve. Il fut décidé que la ville se rendrait le 30 novembre suivant, jour de la Saint-André, au coucher du soleil, si elle n'était pas secourue avant cette époque par le roi d'Angleterre en personne ou par un de ses enfants.

Le vicomte envoya aussitôt des messagers au roi d'Angleterre.  Édouard, en apprenant le péril que courait la ville de Thouars, réfléchit assez longtemps, puis répondit qu'il allait partir et qu'il ne rentrerait pas en Angleterre avant d'avoir reconquis ce qu'on lui avait pris en France, ou perdu tout le reste.

 L'élite de l'armée el de l'aristocratie anglaise s'embarqua avec le roi et ses fils. Quatre-cents navires prirent la mer. Ils emportaient quatorze mille combattants, impatients de gagner le continent. Mais Édouard avait compté sans les éléments. Pendant neuf semaines les vents contraires ne lui permirent pas d'atteindre les côtes de France. Voyant qu'il lui serait impossible d'arriver à temps, il rentra en Angleterre en maudissant le roi de France. « Dieu nous aide et Saint-Georges ! disait-il, il n'y eut one roi en France qui moins s'armât, et si n'y eut-il one roi qui me donnât tant à faire» (Froissart).

Pendant qu'Edouard faisait d'inutiles efforts pour débarquer en France, Duras, Mucidon, Condom, Caumont et les autres commandants des garnisons anglaises de la Guyenne, avaient pris la route de Niort, sur l'ordre de Thomas Felton, sénéchal de Bordeaux, pour marcher au secours de Thouars.

 

Les barons poitevins renfermés dans cette dernière ville étaient sans nouvelle du roi d'Angleterre, et l'inquiétude les gagnait, en voyant que le terme de la Saint-André  n'était pas éloigné. Bientôt il ne leur fut plus possible de conserver la moindre illusion.

Les sentinelles, qui veillaient au sommet de la Porte-au-Prévôt, signalèrent le 28 novembre une armée considérable. Des flots de gens de guerre envahissaient la piaille. Le connétable arrivait avec quarante mille hommes.

Les troupes anglaises et gasconnes de Niort qui ne comptaient que douze cents lances, firent proposer au vicomte de tenir la journée, malgré l'absence du roi Édouard. Il était matériellement impossible d'accepter cette proposition.

Discutée dans un conseil de guerre, elle fut rejetée malgré les efforts du sire de Parthenay, qui voulait absolument se battre.

Le vicomte, sommé, dans la matinée du 30 novembre, d'avoir à tenir sa parole, fit répondre à du Guesclin qu'il ouvrirait les portes de la ville au coucher du soleil, comme il l'avait promis.

Le soir même en effet, le-connétable, les ducs de Berri, de Bourgogne et de Bourbon entrèrent à Thouars, avec une partie de l'armée française. Du Guesclin reçut aussitôt le serment de féauté  d’Amaury et des autres seigneurs.

C'en était fait de la domination anglaise en Poitou et en même temps de la puissance des vicomtes de Thouars. Privés désormais de l'appui de l'Angleterre, les seigneurs de cette ville ne pouvaient plus penser à lutter avec les souverains de la France.

A partir de ce jour, en effet, nous ne trouverons plus en eux que de grands feudataires. L'arrogance et la fierté ne leur font pas défaut, mais les velléités d'indépendance  qu'ils se permettent quelquefois sont bientôt calmées par le pouvoir royal.

La fameuse devise dont nous avons parlé ne leur est plus applicable. Leur domination ne s'étend plus sur tous. Il en est de même de l'importance de la ville de Thouars. Sa possession n'offrira maintenant qu'un intérêt secondaire et ne pourra plus décider du sort du Poitou.

Les seigneurs poitevins furent sans doute humiliés de l'échec qu'ils venaient de subir; mais ils durent en même temps se féliciter de n'avoir pas été secourus par le roi Edouard.

Avec les forces dont disposait le connétable, il est certain que la ville eût été entièrement détruite en cas de résistance. Amaury ne vécut pas longtemps après sa soumission au roi de France. Il mourut le 30 mai 1373 et fut enterré dans l'église des Cordeliers d'Angers, où plusieurs membres de sa famille étaient déjà inhumés.

Bruneau Tartiffume, avocat au siège présidial d'Angers, qui vivait au commencement du XVIIe siècle, nous a conservé une portion de l'épitaphe de ce vicomte; elle était ainsi conçue:

.. .

L'AN M. CCC. TREIZE SOIXANTE, TANT EN Y A QUI BIEN LES COMPTE……. TRESPASSA PENULTIME ET TOUT LESSA MONSEIGNEUR ALMAURI PAR NOM CCC. APPEU ……. DE RENOM. LARGE. PITOUX, MISERICORS . A TOUTES GENS ET VIFS ET MORS. .. . . ..

LES JOURS PAR ANS PAR MOYS SUR TOUS AUTRES BON CHRESTIEN PRIEZ DIEU. AMEN ............ OR PRIEZ DIEU QUE PAR SA GRACE DE SES PECHEZ PARDON LUY FACE .AMEN.

 

Thouars enceinte de la Ville et fortifications (Visite Virtuelle Historique) <==.... ....==>

Le Cheval de Troie de la Guerre de Cent ans de Du Guesclin pour délivrer Niort des Anglais. <==

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Thouars enceinte de la Ville et fortifications (Visite Virtuelle Historique)

Thouars enceinte de la Ville et fortification

On voit encore autour de Thouars, sur presque tous les points, les murs construits au commencement du XIIIe siècle, pour mettre la ville à l'abri des invasions dont elle avait eu tant à souffrir depuis Pépin III , dit « le Bref ».  Il est donc facile de se rendre compte du tracé de cette enceinte et de reconstituer par la pensée l'aspect que devait présenter la cité de cette époque.

Du côté du midi, sur le sommet du rocher qui supporte aujourd'hui la demeure princière de Marie de la Tour- d'Auvergne, se dressait le nid d'aigle des vicomtes, forteresse menaçante munie de tours et d'un donjon élevé, offrant sans doute quelque ressemblance avec celui de Loudun.

L'accès de ce château, impossible du côté de la rivière, était défendu vers la ville par un fossé (charte de 1206). En remontant un peu vers l’est, un fort, construit dans l'emplacement de la cure actuelle de Saint-Médard, se reliait au mur d’enceinte et à une tour avancée dont on voit encore les restes dans le coteau appartenant aujourd'hui à M. Charrier.

 Non loin de ce fort, une tour très-haute, connue, d'après Drouyneau de Brie, sous le nom de Fringall ou Grènetière, s'élevait au milieu de la muraille, servant tout à la fois de porte de ville et de fortification. L'intérieur de ce bâtiment, transformé depuis longtemps en prison, est curieux à visiter.

Le XIIIe siècle y est représenté par les appartements voûtés, la charpente de la toiture, et une lourde porte garnie de ses ferrures. Deux énormes cages en bois, ne datant probablement que du XVIIe siècle, sont établies dans le grenier. Elles ont servi à renfermer les faux saulniers qu'on arrêtait à cette, époque aux environs de Thouars. Il est à remarquer qu'une les voûtes de cette tour est en coupole.

Le mur de l'est allait aboutir à la Porte-au-Prévôt, massive construction, flanquée de deux tours, entre lesquelles se trouvait le passage défendu par des herses. Une toiture, dans le genre de celle de la porte Fringall, couvrait cette véritable forteresse, au  sommet de laquelle on voyait une échauguette pour la sentinelle chargée de veiller  sur la ville.

De ce point, le plus élevé des environs, le guetteur, découvrant de tous côtés la campagne  une très-grande distance, pouvait donner à temps l'alarme à la garnison. Un ornement en  plomb brillait au sommet de cette échauguette. Il représentait le légendaire pélican se déchirant les entrailles pour assouvir la faim de ses petits ou pour les ressusciter en répandant sur eux son sang.

Il y a environ trente ans que celle toiture a été enlevée par les soins de l'administration municipale, plus soucieuse de ménager les finances de la ville que de conserver un monument digne d'intérêt. Cette destruction aura pour résultat infaillible la ruine complète de la Porte-au-Prévôt.

Le couronnement est déjà en très-mauvais  état et on ne peut plus faire sans danger la visite des salles de cet édifice. Les carreaux à six pans en terre cuite portant  en creux l'empreinte de deux fleurs  de lis, qu'on trouve au milieu des ruines, dans les embrasures des fenêtres, semblent prouver qu'un certain luxe avait présidé à la décoration de l'intérieur de ce monument.

Thouars enceinte de la Ville et fortificationPorte-au-Prévôt

La Porte-au-Prévôt était la principale entrée de la ville. Ses abords étaient défendus vers le Bouël au-delà des fossés, au coin du chemin de la Madeleine, par un fort dont on a trouvé les fondations il y a quatre ans.

Le 3 février 1822, la. Porte-au-Prévôt et la tour Grènetière ont été abandonnés gratuitement à la ville de Thouars, par le duc de la Trémoïlle, qui était rentré en possession de ces immeubles en vertu de la loi de 1814.             .

La porte de Chavanne s'ouvrait un peu plus loin en descendant vers l'ouest, au point précis où se trouve actuellement le bureau d'octroi dit de la porte de Paris.

Les restes de cette construction, démolie il y a environ trente ans, n'avaient rien de bien remarquable. Le mur d'enceinte venait enfin aboutir au moulin du vicomte. Le passage de la rivière, qui aurait pu s'effectuer facilement dans cet endroit, au moyen de la chaussée, était défendu par un fort dont on voit encore quelques traces.

A l'est et au nord, la ville était entièrement couverte par un rempart muni de trente-sept tours et d'un double fossé. Vers l'ouest et le midi, le Thoué lui servait de défense naturelle; mais, comme la rivière laissait à découvert plusieurs points très-accessibles par les ponts de Saint-André, de Saint-Jean et de Saint-Jacques, on avait  ajouté à l'enceinte principale une muraille moins forte suivant le cours de la rivière et venant aboutir à deux; portes qu'il aurait fallu forcer pour pénétrer, dans la place (la porte Maillot, auprès du cimetière de Notre-Dame, et la porte de Saint-Jacques, sous le mur du jardin des écuries du château).

Le manoir du vicomte, qui s'élevait entre ces deux portes, défendait suffisamment l'accès du pont et de la porte de Saint-André placés tout à fait au midi de la ville. La basse ville était sacrifiée, ce qui preuve son peu d'importance à cette époque. Elle se trouvait enserrée entre cette dernière enceinte et la rivière, et par conséquent exposée à une surprise; mais deux poternes, qui existent encore, permettaient à ses  habitants de gagner la ville haute pour se mettre à couvert.

Thouars enceinte de la Ville et fortification Le pont des chouans

(Thouars - Le pont des chouans (Guerre de Vendée 5 mai 1793)

 L'une de ces poternes s'appelait le guichet Bégaud. Elle est placée dans la rue des Grandes-Cosses. Le pont de Saint-Jean, qu'on appelle toujours le Pont-Neuf malgré sa vétusté, était protégé par deux portes flanquées de tours ; l'une était placée au milieu du pont, l'autre faisait partie d'un travail avancé qui existe encore en grande partie.

 La tour la plus importante de ce fort s'appelait tour de la Fitte. Une autre tour placée à main gauche, dans la rue qui descend au Pont-neuf, portait le nom de tour de la Chappotée. Elle fut cédée en 1625 par Marie de La Tour à son boulanger nommé Barbier.

Mémoires de la Société de statistique du département des Deux-Sèvres

 

Antiquité de la Ville de Thouars. <==

Le 16 août 1158 Henri II roi d’Angleterre rasa les murailles et le château de Thouars, l’église Saint-Médard fut brûlée.<==.... ....==> Guerre de Cent Ans, Juin 1372 - siège de Thouars pendant la Campagnes du Dogue noir de Brocéliande (Du Guesclin) dans le Poitou

 

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13 avril 2019

4 mai 1199 charte d'Aliénor d’Aquitaine qui confirme les dons concédés au monastère de Saint-Jean de Montierneuf de Poitiers.

4 mai 1199 charte d'Aliénor, reine des Angles, par lequel elle énumère et confirme les immunités et les dons concédés au monastère de Saint-Jean de Montierneuf de Poitiers

Au XIe siècle, vers l'année 1076, existait un duc d'Aquitaine nommé Guillaume Guy-Geoffroy qui, voulant racheter ses fautes avant de mourir, résolut de laisser après lui un monument digne de sa foi et de sa piété. C'est dans ce but que l'abbaye de Montierneuf fut fondée et donnée à des moines de l'abbaye de Cluny, qui vinrent s'y installer au nombre de dix-huit et un abbé. Le duc Guillaume se rendait souvent au Moustier neuf (monastère neuf), d'où on a fait par corruption Montierneuf.

L'abbaye de Montierneuf devint bientôt riche et puissante ; les successeurs du duc d'Aquitaine rivalisèrent pour ainsi dire, pour accroître, par des donations incessantes, ses richesses auxquelles vinrent s'ajouter celles qu'elle dût à la munificence des rois d'Angleterre, devenus ducs d'Aquitaine

Cet état de choses dura jusqu'au XVe siècle, époque à laquelle les guerres de religion vinrent porter un coup funeste aux monastères et aux églises, dont les ruines ne tardèrent pas à joncher le sol de la France.

La fondation de Guillaume-Guy-Geoffroy déclina donc rapidement, et cette abbaye qui, dans les sept cents années de son existence, compta au nombre de ses abbés les premiers noms de la noblesse française, tels que les La Rochefoucauld, les Coucy, les Lusignan et les Cossé, était réduite à un très petit nombre de religieux lorsque la Révolution éclata. C'est à cette époque qu'une partie des bâtiments monastiques fut affectée au casernement de la cavalerie, et que l'église servit de magasin à fourrage et d'écurie. Quant aux tours, qui protégeaient la vieille abbaye, il n'en reste plus trace, ainsi que de la portion des bâtiments qui ne fut pas affectée au quartier de cavalerie.

 

Le 4 mai 1199, Confirmations (deux actes), par Aliénor, duchesse de Normandie et d'Aquitaine, et comtesse d'Anjou, et par Jean sans Terre, roi d’Angleterre et duc d’Aquitaine,  d'Angleterre qui confirme la fondation et les privilèges  accordés par leurs prédécesseurs à l’abbaye Montierneuf de Poitiers.

 

Ceci est une charte d'Aliénor, reine des Angles, par lequel elle énumère et confirme les immunités et les dons concédés au monastère de Saint-Jean de Poitiers par son grand-père, grand-père et père.

Eleanor, par la grâce de Dieu reine des Angles, duchesse de Normandie et d' Aquitaine, comtesse d'Anjou, aux archevêques, évêques, comtes, vicomtes, barons, justiciers, prévôts, et tous ses huissiers de justice et fidèle, et à tous les fils , présent et futur, de la sainte Église mère, salutations.
Laissez votre communauté savent que quand, dans un mois après la mort de notre très cher fils Richard, roi des Angles, nous sommes arrivés à Poitiers, l'abbé et le couvent des moines et de notre bien - aimé Saint - Jean nouveau monastère, a présenté les chartes de notre père et grand - père et d' autres ancêtres des nôtres qui étaient les fondateurs de ce monastère , en présence de nos barons.
Nous considérant ensuite la teneur de ces chartes et les nombreuses libertés de cette église la plus grande attention, pour le salut de notre âme et de notre très cher fils roi Richard des Angles, et aussi du père de notre grand-père et d'autres ancêtres de la nôtre, toutes ces choses que notre grand-père a donné, accordé et confirmé à l'église de Saint-Jean l'évangéliste du Nouveau-monastère, et notre père William a même, accordé et confirmé, avec les conseils de nos barons et autres fidèles qui étaient alors l'heure actuelle, nous accordons et confirmons et pour être détenu à perpétuité, autant pour ceux qui seront acquis que pour ceux qui ont été acquises.
Nous accordons et confirmons toutes les protections que notre grand - père et le père William et nos autres ancêtres ont donné à ce monastère, et nous concédons ainsi que les choses qui semblent se rapportent à elle sous la protection de toute liberté de toute perturbation d'un pouvoir quelconque et de tous nos parents et autres successeurs.
A savoir, nous établissons ce monastère comme libre, comme nos pères, et la ville libre qui est autour de ce monastère, et les choses qu'ils ont maintenant dans le nouveau marché; et, comme notre grand - père et père et ancêtres accordés, nous accordons tout ce qu'ils ont pu acquérir jusqu'à les murs de la ville, il n'y en conservant la coutume pour nous - mêmes.
Nous accordons également le canton [burgum] au - delà de l'eau de la rivière et la source / puits [Fontem] qui est sur la rive de la rivière et l'eau des moulins de Chassagnes jusqu'à où Biber entre Clenne, et de l'ancien barrage / écluse pour les moulins de Charruel, et de là vers les usines de Essart.
Nous accordons le péage tout le nouveau pont, comme ils l'avaient et ont tenu à l'époque du père de notre grand - père et son père.
Nous accordons au canton de Saint - Saturne avec ses tanneurs, libre et claire [liberum et francum] comme cela a été donné par le père de notre grand - père et comme ils ont eu jusqu'à présent.
Et nous accordons tous les hommes qui, relèvent à droite de cette église, où qu'ils soient, libres de toute l'armée ou le service militaire, sauf ceux qui sont appelés par le nom de la guerre, à moins que lorsque le prince d'Aquitaine entre le champ de bataille contre son ennemis.
Et nous accordons tous les lieux qui s'y rattache sans hébergement et le cantonnement, comme le père de notre grand - père et notre père voulait et lui a ordonné d'être libre et calme, donc pas nous ni aucun de nos héritiers, aucun parent, pas sénéchal, pas maréchal, pas chambellan, pas prévôté ou quelqu'un nous servir peut rechercher un hébergement ou le port par la coutume dans les dépendances ou les lieux de ce monastère; ni faire une taxe, ni rien obliger à donner à lui.
Nous accordons également l'étang à contiguë la ville qui a fait Agnès pour la défense de la ville que le père de notre grand-père avait sous sa domination, solide et calme, de sorte que personne ne peut entraver le cours de l'eau à venir cet étang; et il a donc que audit monastère solide et calme, avec ses pêcheries et moulins, et la coutume des hommes que les meules en pierre extraient habituellement sans prix, à l'exception des anciens qui sont millstones abattues / cast contre ces moulins; qui a également le juge millstones de Bonolio devrait par la coutume apporter au lac de Forges, et le juge des Forges aux moulins, sans frais. Les moines devraient protéger et de garder les hommes qui extraient les meules de moulin.
Nous accordons les villes [Villa] Agriciac et Janua, appelés Moleria, avec ces choses que notre grand - père a ajouté de que les bois, de même la ville de Puiseaux et la terre aussi Maudit champ [Prati-maledicti] et de Paisiac avec son bois et ces choses qui sont à Legudiac, comme le père de notre grand - père a acquis comme fief de l'archevêque de Bordeaux et ses prêtres.
Nous accordons la réversion de Mosteriol et de Vyssel et Cormer et Faie, et la réversion de Boeto et de Exart, comme ils ont été déterminés, et la moitié du nombre de Vyssel et la moitié des Lolai et les terres afférents, et le cimetière de l'église, et Jarreia avec les terres qui s'y rapporte.
Nous accordons la ville de Bennac avec les résidences des soldats et des pâturages de cette ville et la moitié des terres de Cuguls et la moitié des Girbergeria; et dans le canton de Angeriac, dix mesures tributaires de vin chaque année; et une quatrième partie de Oleron, à l' exception de la tour et le château; et sur le territoire de Bordeaux, le jardin le plus [ortiguum?]; et dans la ville de Bordeaux, un four sous la tour et la terre des pâturages de Jart, avec ce lieu où la chapelle de Saint - Nicolas est, et toutes ces choses que la mère de notre grand - père, Audearde, a audit monastère .
Et nous accordons le marais et le district de Serra, que notre grand - père lui a donné.
Et nous accordons deux parties de la gabelle, en conservant la troisième, que notre grand - père lui a donné; de recueillir qu'il a aussi accordé aux moines d'utiliser leur propre homme, et nous accorder la même manière.
Nous accordons également les bois de Mouillère (? Moleriis), vivants et morts, comme notre grand - père les a acquis de Elia de Chauvigny.
Et nous accordons tous nos bois, comme le père de notre grand - père et lui -même et notre père leur a donné dans le passé, pour le feu, pour la construction ou la réparation des maisons, et de faire tout ce qui est nécessaire, pour ceux qui vivent dans le monastère, ainsi que ceux qui sont à leur charge.
Nous leur accorder les fossés de l'étang à la rivière Clenne, et la tour qui est en dessous de l'étang, d'être dans la prise en charge des moines, comme notre grand - père a ordonné dans le passé.
Nous accordons les douanes (péages) de Puiseaux et Pacy, que notre grand - père leur a donné.
Nous accordons aussi ce que Hugues de Mota, fils de Roger, sénéchal de notre grand - père a dit le monastère.
Nous accordons quelles que soient nos hommes de notre fief ou dans notre fief, ou les a vendus, et nous donner ou vendre à partir de maintenant, pour lequel et dans lequel nous leur accordons nos coutumes.
Nous accordons également à ces moines tous nos péages et toutes les coutumes dans notre pays tout entier, afin qu'ils soient autorisés à vendre et les acheter leur propre pour leur utilisation sans dommage.
Nous commandons aussi que, comme le père de notre grand - père, lui - même, et notre père a créé et ordonné, tous ceux qui paient ou de vendre dans le canton des moines, quel que soit l'échange, devraient payer les moines la coutume due, sans entrave de nous ou la nôtre.
De même, les commerçants étrangers, si elles passent par là et vendent leurs choses, doivent payer l'usage dû.
Marchands ambulants qui vivent en effet dans la ville, l'achat et la vente, si elles viennent dans ce canton et de vendre leurs choses là - bas, doivent payer la coutume due aux moines; et ceux qui vont à la ville devrait payer rien d'autre que cette même mesure, sans dommage.
Tous ceux qui habitent là - bas, ou apporter leurs choses là - bas, ou de les stocker, devrait rester en paix avec toutes leurs affaires, sans aucun dommage qui leur est faite par nos hommes.
A propos des querelles et des conflits qui surgissent normalement entre nos hommes et les hommes des moines, nous ordonnons qu'il soit comme cela a été fait dans le temps du père de notre grand-père et de lui et de notre père; de sorte que, si l'un des hommes de moines devraient mal notre prévôt, sur prévôté ne peut l'obliger à venir rencontrer la justice dans sa cour; mais, après avoir fait une proclamation aux moines, et établi le jour, il irait à leur cour devant l'abbé ou leur prévôt et là, il accepterait tout jugé leur cour, comme nous le savons a été fait par notre grand-père.
Nous organiserons à cela et commander nos descendants de tenir à elle, et même, nous ordonner tenu par nos hommes dans toutes leurs dépendances. Car nous ne voulons pas que ce monastère soit diminué dans le fief que le père de notre grand-père lui a donné, et notre grand-père tenait à lui, et notre père, mais nous voulons et ordonnons que la liberté et l'immunité dont ils lui ont donné et tenu à être conservés là-bas, de sorte que, si quelqu'un, obligé pour tout méfait ou notre colère, doit fuir vers township, il resterait libre et tranquille là jusqu'à ce qu'il soit en jugement ou meurt en paix, comme on l'a toujours observé au moment de le père de notre grand-père et de lui et notre père.
Si en effet quelqu'un, rois, comtes, évêques, juges ou d'autres personnes laïques devraient contester cette charte de notre don et accorder ou sa confirmation, à moins qu'il fait satisfaisante amende honorable, il encourra la colère de Dieu tout - puissant et être soumis à un châtiment rigoureux au jugement dernier.
Cette charte de confirmation a été faite dans l'année 1199 de l'incarnation du Seigneur, le jour suivant la déclaration de la Sainte Croix, à Poitiers.


Ce sont les témoins de cette charte: Ademar, abbé de Saint-Maxence, Pierre, abbé de Saint-Cyprien, Ralph, comte d'Auge, Godefroy de Lusignan, Jobert de La Guerche, Simon de Lazaye, Longo Oggerius, Chalo de Rochefort, William Lovel, Amelin de Broglio, Ralph de Faie, Guillaume de Faie, Guillaume de Beaumont, trésorier Pierre, Roger notre aumônier, qui a écrit la charte de ces privilèges, William notre greffier, William de Lozay puis prévôt de Poitiers, et bien d'autres.

 

 

Original

Alienor, Dei gratia regina Anglorum, ducissa Normannie, Aquitanie, comitissa Andegavie, archiepiscopis, episcopis, comitibus, vicecomitibus, baronibus, justiciariis, prepositis, et omnibus ballivis et fidelibus suis, et omnibus sancte matris Ecclesie filiis, tam presentibus quam futuris, salutem. Noverit universitas vestra quod, cum infra mensem post mortem karissimi filii nostri Richardi regis Anglorum Pictavim venissemus, dilecti nostri abbas et conventus et monachi Sancti Johannis Monasterii-novi cartas patris et avi nostri et aliorum predecessorum nostrorum, qui ipsius monasterii fundatores extiterant, coram baronibus nostris presentaverunt. — Nos autem ipsarum tenorem cartarum et ipsius ecclesie libertates plurimas attentius considerantes, pro salute anime nostre et karissimi filii nostri Richardi regis Anglorum, et eciam patris et avi nostri et aliorum antecessorum nostrorum, illa omnia que ecclesie Sancti Johannis evangeliste Novi-monasterii avus noster donavit, concessit et firmavit, et similiter pater noster Guillelmus donavit, concessit et firmavit, de consilio baronum ct aliorum fidelium nostrorum, qui tunc presentes aderant, concedimus et confirmamus et in perpetuum tenenda precipimus, tam in adquisitis quam in adquirendis. — Concedimus et confirmamus cuncta munimenta que avus et pater noster Guillelmus et alii antecessores nostri eidcm monasterio dederunt, et concedimus tam illud quam ea que ad se pertinere videntur sub tocius libertatis munimine, ab omni inquietudine cujuscumque potestatis et omnium parentum nostrorum cunctorumque successorum nostrorum. —Videlicet, ipsum monasterium, sicut patres nostri fecerunt, constituimus liberum, et francum burgum quod cirqua illud monasterium est, et ea que nunc habent in mercato novo; et, sicut avus et pater noster et antecessores nostri concesserunt, quicquid poterunt adquirere usque ad muros civitatis concedimus, nullam ibi consuetudinem nobis retinentes. — Concedimus quoque burgum ultra aquam fluvii, et fontem qui est in ripa fluminis, et aquam a molendinis de Chassagnes usque quo Biberis intrat in Clennem, et a vetula exclusa usque ad molendina de Charruel, et inde usque ad molendina de Essartis. — Concedimus pedagium pontis novi totum, sicut tempore patris avi nostri et ipsius et patris nostri totum habuerunt et tenuerunt. — Concedimus burgum Sancti Saturnini cum tannatoribus suis, sicut a patre avi nostri datum est, liberum et francum, et sicut actenus habuerunt. —Et concedimus omnes homines qui pertinent ad jus illius ecclesie, ubicumque sint, ab omni exercitu et expedicione, excepta illa que vocatur nomine belli, liberos et francos, nisi quando princeps Aquitanie iniet canpale bellum contra suos inimicos — Et omnia loca ad ipsum pertinentia concedimus libera ab hospicio et harbergaria, sicut pater avi nostri et ipse et pater noster voluerunt et jusserunt esse libera et quieta, ita ut nec nos nec aliquis heredum nostrorum, non propinquus, non senescallus, non marescallus, non cubicularius, non prepositus aliquis noster aut serviens in obedienciis ipsius monasterii aut locis hospicium vel harbergariam per consuetudinem querat, aut talliatam faciat, aut sibi dari aliquid coguat. — Concedimus quoque stagnum civitati contiguum, quod Agnes fecit ad munimentum civitatis, quod pater avi nostri habuerat in dominio, solidum et quietum, ita quod nullus posset cursum aque ad hoc stagnum venientis inpedire; et ita solidum et quietum donavit illud prefato monasterio, cum piscaria et cum molendinis, et consuetudinem molarum quas homines consuetudinarii extrahunt sine precio, exceptis molis veteribus que de ipsis molendinis prohiciuntur; quas eciam molas judex de Bonolio per consuetudinem debet ducere usque ad lacum de Forgiis, et judex de Forgiis usque ad molendina, absque omni precio. Homines vero illos, qui molas extrahunt, debent monachi tueri et custodire. — Concedimus villam Agriciacum et villam Januas que Molerias dicitur, cum his que avus noster adecit de eadem silva, villam similiter Putheoli, terram quoque Prati-maledicti et de Paisiaco cum silva, et ea que sunt ad Legudiacum , sicut ea pater avi nostri beneficio adquisivit ab archiepiscopo Burdegalensi et clericis ejus. —Concedimus revestituram de Mosteriolo, et revestituram de Vyssello, et Cormer, et de Faia, et revestituram de Boeto, et revestituram de Exartis, sicut determinate sunt, et medietatem pedagii de Vysselo, et medietatem de Lolaio et terrarum illi pertinentium, et cimisterium ecclesie, et Jarreiam cum terris sibi appendentibus. — Concedimus villam Bennaci cum casamentis militum, et pasquarium ejusdem ville, et medietatem terre de Cuguls, et medietariam de Girbergeria; et, in burgo Angeriacensi, decem modios vini censuales unoquoque anno; et quartam partem de Olerone, excepta turre et castro; et in Burdegalensi territorio, ortiguum extremum; et in Burdegala civitate , furnum unum desub turre et pasquerium de Jart, cum loco illo ubi est capella Sancti Nicholai, et cum his omnibus rebus quas Aldeardis mater avi nostri predicto monasterio donavit. — Et concedimus maresia et podium de Sena, que avus noster illi donavit. —Et concedimus de levagio salis duas partes, tercia retenta, quas avus noster illi donavit; ad quas eciam colligendas concessit monachis proprium habere hominem, et nos eodem modo concedimus. — Concedimus etiam silvam de Moleriis, et vivam et mortuam, sicut eam avus noster amicicia ct beneficio adquisivit ah Helia de Calviniaco. — Concedimus et omnes silvas nostras, sicut pater avi nostri et ipse et pater noster jam oliin dederant eis, ad ignem, ad domos faciendas vel rcficiendas et ad omnia necessaria facienda, tam his qui habitant in monasterio quam his qui sunt per obediencias. — Concedimus eis truncatas a stagno usque ad flumen Clennis, et turrem que sub stagno est, ut sit in custodia monachorum, sicut avus noster olim preceperat. — Concedimus consuetudines de Puteo et de Pachiaco, quas eis avus noster donavit. — Concedimus eciam quicquid Hugo de Mota, filius Rogerii dapiferi patris avi nostri, predicto monasterio dedit. — Concedimus quicquid homines nostri de honore nostro sive in honore nostro eis dederunt vel vendiderunt, et amodo daturi sunt vel vendituri, de quibus et in quibus omnes consuetudines nostras concedimus eis. — Concedimus eciam eisdem monachis omnia pedagia nostra et omnem consuetudinem per totam ferram nostram, ut liceat eis sua propria et suis usibus vendere et emere sine injuria. — Precipimus eciam ut, sicut pater avi nostri et ipse et pater noster instituerant et preceperant, ut omnes qui sua in burgo monachorum ponunt et vendunt, quecumque merces sit, sine ulla contradictione nostri vel nostrorum, debitam consuetudinem monachis reddant.— Similiter mercatores exthranei, si transitum illic habuerint et sua vendiderint, eis debitam consuetudinem reddant. — Cursores vero qui habitant in civitate, ementes et vendentes, si in burgo illo venerint et sua ibi vendiderint, debitam consuetudinem monachis reddant; et ipsi idem civitatem ascendentes, non aliam quam ipsam consuetudinem, sublata omni injuria, persolvant. —Omnes vero illic commorantes, vel sua illic afferentes sive reponentes, quieti cum suis omnibus, absque ulla injuria a nostris hominibus sibi facta, permaneant. — De contentionibus autem et querelis que plerumque oriuntur inter homines nostros et homines monachorum, precipimus ut ita teneatur sicut factum est tempore patris avi nostri et ipsius et patris nostri; ita ut, si tortitudinem aliquis hominum monachorum fecerit preposito nostro, non coguat eum propositus noster venire in curiam suam et rectum facere; set magis, facta proclamatione monachis et statuta die, vadat in curiam illorum ante abbatem nut prepositum illorum et ibi accipiat quicquid eorum curia judicaverit, sicut factum esse conperimus ab avo nostro. —Hoc et nos tenebimus et posteros nostros tenere jubemus, et similiter per omnes obediencias illorum a nostris hominibus teneri precipimus. Nos enim volumus (corr. nolumus) monasterium illud de honore, quem pater avi nostri illi dedit, et ipse avus tenuit et pater noster, inminuere, set eandem libertatem et inmunitatem, quam illi dederunt et tenuerunt, volumus et jubemus ibi conservari, ita ut quod (sic), si aliquis pro aliquo forisfacto vel eciam, nobis iratis, timore pressus ad predictum burgum fugerit, liber et quietus ibi maneat donec aut placitum faciat aut in pace discedat, sicut semper observatum est tempore patris avi nostri et ipsius et patris nostri. — Si quis vero regum, comitum, episcoporum , judicum ac aliarum personarum secularium hanc nostre donacionis et concessionis sive confirmationis cartam calumpniatus fuerit vel perturbaverit, nisi emendando satisfecerit, iram Dei omnipotentis incurrat et in extremo examine ulcioni districte subjaceat. — Facta est carta confirmacionis hujus anno ab incarnacione Domini M° centesimo cx° nono, in crastino Inventionis Sancte Crucis, apud Pictavum. — Hujus autem carte isti sunt testes : Ademarus abbas Sancti Macxencii, Petrus abbas Sancti Cipriani, Radulfus comes Augi, Gaufridus de Lezignano , Jobertus de Guerchia, Simon de Lazay, Longus Oggerius, Chalo de Rupe-forti, Guillelmus Lovel, Amelirius de Brolio, Radulfus de Faia, Guillelmus de Faia, Guillelmus de Bello-monte, Petrus capiscerius, Rogerus capellanus noster, qui cartam harum libertatum scripsit, Guillelmus clericus noster, Guillelmus de Lozaio tunc propositus Pictavensis et multi alii.

Guide complet du voyageur à Poitiers et dans les environs , par P. Delbarre.

(Chartes du Poitou). T.19, p319

(Photo Les Temps d'Aénor - Donjon de Niort)

 

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Aliénor la Dame à l’oiseau; Dessin du sceau et du contre sceau d’Aliénor d’Aquitaine

Aliénor la Dame à l’oiseau Dessin du sceau et du contre sceau d’Aliénor d’Aquitaine

Aliénor la Dame à l’oiseau (Les Temps d'Aénor - Donjon Fouras)

Quand Aliénor fut devenue reine d’Angleterre, elle conserva son sceau de duchesse d’Aquitaine avec les mentions respectives : (Crux) ALIENOR’ DEI GRACIA REGINE ANGLORUM, DUCISSE NORMAN’ ;   (Crux) ALIENOR’ DUCISSE AQUITANORUM ET COMITISSE ANDEGAVOR

Et s’en servit comme contre-sceau derrière les empreintes de son sceau royal, dont on connait une description se rapportant à un acte de 1155 (Cirot de la Ville. Histoire de la Grande Sauve, II, p. 85, n.I) ; la reine est debout, vue de face, ayant une robe serrée à la taille et est revêtue d’un manteau ; elle tient à la main droite une tige fleurie à trois crochets, et de la gauche un globe surmonté d’une croix sur laquelle est perché un oiseau. On y lit pour légende : ALIENOR DEI GRACIA REGINE ANGLORUM DUCISSE NORMA ?, (Voy. Douet. D’Arcq. Collection de sceaux, III, p. 263, n° 10006 – Bibl. Nat. Man. Lat 5480, p 265 et D. Fonteneau, LXXXII, p. 261, n0 200.) La différence essentielle entre ces deux sceaux consiste en ce que dans le sceau royal Aliénor porte une couronne, tandis que sur le sceau ducal sa tête est ceinte d’un bandeau.

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Les Halles de Niort au travers le temps

Les Halles de Niort au travers le temps

Le marché couvert, nouvellement élevé par Alphonse de Poitiers sur l’emplacement du Merdusson desséché, au cœur même de la ville.

Les travaux se sont opérés pendant les années 1259 et 1260 (1). Ils sont achevés en 1261 (2) et Niort possède à la fin du XIIIe siècle cette superbe halle qu’un témoin oculaire appellera bientôt « la plus grande et la plus belle cohue du royaume de France».

Vraisemblablement l’édifice est en bois, couvert en tuiles. La pierre trouve son emploi dans les étaux ou bancs des marchands. Comme le terrain n’est pas entièrement desséché, on a dû creuser des fossés autour de la halle et ménager des conduits souterrains pour l’écoulement des eaux que le Merdusson entraîne à la Sèvre

Avant cette construction, Niort possédait déjà un marché achalandé avec des bâtiments propres à abriter les marchandises. Le nom de Vieux Marché en indique aisément la place, près de l’église Saint-André, mais la prospérité croissante de la ville, le développement incessant du commerce et de l’industrie, ont démontré son insuffisance et fait souhaiter un emplacement plus central. Alphonse de Poitiers, par la création de la Halle, a donné satisfaction aux intérêts niortais et du même coup a augmenté son domaine d’un excellent revenu.

 

Les bourgeois de Niort, en effet, jouissaient depuis un temps immémorial du Vieux Marché, qu’ils prétendaient leur avoir été concédés en toute immunité et franchise par les rois d’Angleterre Henri et Richard, sans doute avec les privilèges qui ont précédé l’octroi de la commune en 1199. (==>Aliénor d’Aquitaine la concession des priviléges de franche-commune)

Le roi ou le comte n’y percevaient que des droits de vente et de péage. La location des places dans les bâtiments du marché appartenait à l’échevinage, et lui rapportait un revenu de trois cents livres.

En élevant la nouvelle halle, Alphonse de Poitiers s’est affranchi de tout partage. L’édifice fait entièrement partie de son domaine. Il perçoit non seulement les droits de vente, de péage, de talonnage, mais encore la location des  étaux aux marchands. Les réclamations de l’échevinage restent sans résultat. Seuls les établissements religieux obtiennent en partie satisfaction.

C’est sous la Cohue que se tiennent les foires de la Saint-André, qui durent huit jours. Leur fondation, si l’on en croit les Niortais, remonte à Henri II Plantagenet. Jean Sans Terre, en 1215, en a donné le revenu à Savary de Mauléon.

Elles attirent des marchands de tout le royaume qui groupent sous la Halle les produits les plus divers, et se livrent à des transactions considérables.

Malheureusement l’œuvre d’Alphonse est vouée à un sort précaire. En moins d’un siècle, la négligence des agents du roi mettra la Cohue hors d’état de résister aux ravages d’un violent ouragan. Le dommage deviendra si considérable que Jean de Berry préférera construire une halle plutôt que de réparer l’ancienne.

 

 

La ville de Niort fut sans halles jusqu'en 1802, date de la construction des Halles Brisson (voir photo : dessin de Albert Couras (1)).

Ces Halles se situaient au même emplacement des halles connus aujourd'hui.

Les Halles actuelles, classées Monument historique, datent de 1865.

 

Les halles ont été construites par l'architecte Simon Durant de 1867 à 1871 calquées sur les pavillons de type Baltard qui garnissaient "le ventre de Paris". L'architecture Baltard en Fonte, acier et verre étaient à l'époque des matériaux modernes.

L’architecte fut choisi sur concours parmi 26 dossiers déposés à la ville. Les halles ont été agrandies en 1927 avec la création des deux toits latéraux en extérieur.

Aujourd’hui, elles sont toujours dans leurs fonctions d’origine, sauf la halle aux grains qui est maintenant un office de tourisme.

Les halles sont en fait un concept 3 en 1.

-          Le marché à l’étage tout en verre et métal pour laisser passer la lumière, sans mur porteur pour un espace ouvert

-          Les magasins faits de pierre au rez de chaussée

-          En soubassement, la halle aux grains, en brique, coté sèvre pour accueillir les chargements des bateaux.

 

Le bâtiment actuel composé de verrières, fonte et acier, que l'on contemple sur la place du donjon a été construit en 1869, c'est le troisième marché couvert de la ville. les frontons des 3 portes d'entrée sont ornés de moulures en fonte représentant le Dieu Mercure, la déesse de la moisson Cérès, des produits de l'agriculture; l' horloge est surmontée par les armoiries de Niort et depuis 1986, les halles sont très régulièrement rénovées et entretenues.                                           

 

 

En 2019: Les halles de Niort, plus beau marché du Poitou-Charentes

plus_beau_marche de France Halle de Niort

C'est désormais officiel. Les halles de Niort ont été sacrées plus beau marché du Poitou-Charentes.

Ce concours lancé par TF1 en partenariat avec La Nouvelle République a mobilisé les internautes qui ont voté en masse pour le marché niortais devant ceux de Royan (17), Angoulême (16) et Chauvigny (86). ==> https://www.lanouvellerepublique.fr/niort/les-halles-de-niort-plus-beau-marche-du-poitou-charentes


 

 

Hermès à Gauche le Dieu du commerce, Ceres la déesse de l'agriculture

1259. « Pro prima medietate precii carpentario qui facit cohuam de Niorto. » 1259, 1 er novembre. «  Pro expensa carppentariorum qui venerunt pro cohuis de Niorto et de Picatvi. »….comptes d’Alphonse, Arc. Hist. Du Poitou, VIII, pp. 17 et 29..1260, 1er Novembre. « Opera castrorum : missio pro cohua de Niorto…. Pro meranno empto… pro capusioet minutis operariis juvantibus carpentarios…Charragium meranni calcio et sabuli…pro emptionne calcis sabuli et lapide, pro maconneria et fossis ad stallos situandos faciendis… minutis operariis qui adequaverunt plateas…. Pro fosseatis circa cohuam et meatibus aque subterraneis faciendis… pro centum et viginti tribus milibus clavorum et grosso clavo et falberea… pro centum et viginti tribus milibus clavorum et grosso clavo et falberea.. pro IIIe XLIII et IXe tegularum cum Vi duidenis festallorum…tegentibus cohuan Comptes d’Alphonse, Arc. Nat., J, 192A, 32.

(1)    En 1260, la halle figure dans les revenus du comte de Poitou pour la location des étaux et le droit de jalonnage. Hommages d’Alphonse, p.105.

(2)    Lettre de grâce accordée à Philippe Gillier, receveur du Poitou, nov. 1354. Arch. Hist. Du Poitou, XVII, p.177.

 

==> http://www.wiki-niort.fr/Halles_de_Niort

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