Dumnacus, Roland le preux, Robert le Fort - Monument Sculpture roi René – Angers

Le gaulois Dumnacus est la première grande figure qui ouvre cette série de personnages historiques. Aspirant de ses narines frémissantes le souffle de la liberté et les parfums du sol natal, il foule aux pieds l'aigle romaine, sigue de servitude et de conquête, et brandit la framée qui doit se briser contre la fortune de Rome.

De Dumnacus nous passons à Roland, cet idéal des preux et des paladins, dont les grands coups d'épée, recueillis dans la chronique de l'archevêque Turpin, ou mis en vers et chantés par les troubadours, ont si souvent rempli les veillées du château.

A l'ennemi des légions romaines, à l'adversaire des armées infidèles, succède le vainqueur des hordes normandes, le comte Robert-le-Fort. La hache à la main, le pied sur la première marche de l'église de Brissarthe, il se jette plein d'audace, de fougue et d'emportement, au-devant de la mort que lui prépare Hastings.

Viennent ensuite :

Foulques-Nerra, Foulques V, Henri II plantagenêt - Monument Sculpture roi René – Angers

Foulques-Nerra ou le Noir, le grand édificateur, comme l'appellent les chroniques, auquel remonte la fondation de plus de douze villes ou bourgs, en Anjou, en Touraine, en Poitou, et la construction de presque tous les grands édifices élevés au XIe siècle dans ces contrées.

Foulques V, comte d'Anjou, que sa valeur et sa loyauté firent déclarer le chevalier le plus accompli de son temps.

Henri II, le constructeur de l'hôpital d'Angers el le fondateur d'une partie des levées de la Loire.

Philippe-Auguste, Charles d'Anjou, Louis Ier - Monument Sculpture roi René – Angers

Philippe-Auguste, qui réunit l'Anjou à la couronne, en chassant Jean-Sans Terre.

Charles d'Anjou, frère de saint Louis, tige de la première maison d'Anjou-Sicile.

 Louis Ier, chef de la seconde maison d'Anjou-Sicile, le compagnon d'armes de Duguesclin, sous qui l'Anjou fut érigé en duché.

Isabelle de Bavière , Jeanne de Laval, Marguerite d'Anjou

Les trois dernières statues appartiennent à la famille de René. Ce sont d'abord ses deux femmes, Isabelle de Bavière et Jeanne de Laval. La première, digne et fière, porte haut la couronne qu'elle a vaillamment défendue à Naples et en Lorraine; Jeanne de Laval, au contraire, la préférée de René, est frêle, suave, pensive; c'est l'idéal à côté de la réalité.

Enfin, pour achever cette couronne de grandeur et de gloire qui ceint le monument de René, comme un joyau précieux qui la ferme et la rehausse, surgit radieuse et imposante Marguerite d'Anjou, malheureuse comme son père, mais luttant corps à corps avec l'adversité, et se laissant écraser par elle plutôt que de lui céder sans résistance, dans ce combat terrible et sanglant de la reine pour son royaume, de la mère pour son fils.

Tels sont les éléments de ce monument splendide, unique peut-être en France, puisqu'a lui seul il personnifie, pour ainsi dire, l'histoire de toute une province.

Nous avons entendu nombre d'appréciateurs reconnaître que le Roi René produit maintenant un effet bien autre que dans le jardin fruitier, et que les critiques qu'il semblait mériter, à part ses belles et incontestables qualités, n'ont plus guère de motif. Pourquoi ce changement d'opinion chez ces juges sévères ! c'est qu'ils se faisaient illusion sur leur point de vue. Il est tout simple que l'œuvre créée par son auteur pour être considérée à quinze pieds en l'air, ne peut que perdre à être étudiée presque horizontalement.

Quand le piédestal du Roi René sera recouvert de pierres de granit, couleur pourpre; quand ses douze charmantes statuettes en entourant la base dans leur niche de dentelle, et qu'une grille, d'un style plein d'élégance, préservera le groupe merveilleux des célébrités de notre histoire; quand, enfin, le plan de M. Ernest Dainville sera achevé, notre ville pourra se glorifier à juste titre de posséder une œuvre, qui élève l'âme en satisfaisant le cœur, et, ce qui est trop rare parmi nous, un monument complet par la réalisation) comme il est excellent par la pensée.

Histoire de René d'Anjou / par M. le Cte de Quatrebarbes       Angers, le 1 juin 1853.

 

Monument au roi René – Sculpture DAVID Pierre Jean - Château d' Angers <==....